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Drame

Un sous-préfet gabonais décède faute de moyens et ignoré de sa hiérarchie


Société
  • Sylvain Evouna Ovono, de son vivant © 2018 D.R./Info241
Publié le 10 janvier 2018 à 06h43min

Encore une évacuation sanitaire qui vire au drame. Le sous-préfet d’Akam Essatouck du département du Woleu (près d’Oyem, Woleu-Ntem), Sylvain Evouna Ovono, a trouvé la mort faute de soins et surtout abandonné par les autorités gabonaises du ministère de l’Intérieur dont il était pourtant le représentant et le serviteur dans la localité.

Sylvain Evouna Ovono (54 ans), ce grand commis local de l’Etat et du parti d’Ali Bongo dans le district d’Akam Essatouck n’est plus. Ce responsable administratif a trouvé la mort samedi dernier, au petit matin, des suites d’une évacuation tardive vers la capitale gabonaise qui lui aura été fatale. Tout aurait débuté le mercredi 3 janvier alors que le sous-préfet se rendait à son lieu de travail.

Un hélicoptère médicalisé qui ne viendra jamais

C’est à bord de son véhicule de commandement avec chauffeur que le sous-préfet fut pris d’un malaise et plongé dans état s’apparentant à un coma. Conduit à l’hôpital régional, les médecins correctement assurer la prise en charge de ce patient, une évacuation pour des structures sanitaires mieux nanties de Libreville et d’Owendo est alors proposée pour le sauver.

Le sous-préfet dans sa tenue de commandement

En raison de la pathologie du sous-préfet et de la qualité de la route reliant Oyem à la capitale Libreville, une évacuation par avion ou hélicoptère médicalisé est fortement recommandée par les professionnels de santé. Coût de l’opération d’évacuation : 5 millions de F.CFA. Le ministère de l’Intérieur dont dépend le sous-préfet en détresse, promet tout d’abord d’y envoyer un hélicoptère médicalisé avant le samedi venu, avant de finalement abandonner la famille du disparu à ses turpitudes.

Trois jours dans l’indifférence

L’hélicoptère médicalisé promis par les autorités gabonaises ne viendra jamais pour secourir ce serviteur de l’Etat agonisant du mercredi 3 à samedi 6 janvier. Désormais face à ses responsabilités, la famille de Sylvain Evouna Ovono tente le tout pour le tout pour le sauver malgré l’aphonie de l’administration territoriale qui peine à trouver 5 millions pour couvrir les frais de cette évacuation. Une évacuation par voie terrestre est alors mise en place in extremis samedi.

C’est finalement arrivé à bord d’une ambulance du Centre hospitalier régional d’Oyem que le sous-préfet passera de vie à trépas à l’hôpital d’Owendo. Une mort qui questionne sur la capacité de l’Etat à secourir ses agents en profonde détresse sanitaire, sur la prise en charge des agents publics en cas de maladie grave mais aussi surtout les procédures d’évacuation.

Comment comprendre qu’en 2018, on puisse encore mourir au Gabon faute d’évacuation sanitaire en bonne et due forme ? La vie de Sylvain Evouna Ovono aurait certainement pu être sauvée si des moyens avaient été dégagés à temps. Le commis de l’Etat a attendu 3 jours avant de voir poindre une solution d’évacuation de fortune, dans l’indifférence des autorités gabonaises, qu’il servait pourtant dans le district du Woleu-Ntem.


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