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Crise post-électorale

Un chef de village démis de ses fonctions pour avoir émis des doutes sur la réélection d’Ali Bongo


Société
  • Jean Ping et Ali Bongo se sont séparés coude-à-coude lors de la présidentielle du 27 août © 2016 D.R./Info241
Publié le 21 décembre 2016 à 19h56min

La crise post-électorale continue de sévir avec gravité au Gabon. Henri Kombila Kombila, le chef du village Imanga (près de Mouila) en a fait la triste expérience cette semaine. L’auxiliaire de l’administration publique en fonction depuis 1999, a été simplement et purement démis de ses fonctions pour avoir exprimé à son supérieur hiérarchique - en occurrence le préfet - ses doutes sur les résultats de la présidentielle controversée du 27 août dernier donnant Ali Bongo vainqueur. Abus de pouvoir ou décision mécanique ?

Les autorités sous la tutelle du ministre de l’Intérieur feraient elles la chasse auprès de ses démembrements ne reconnaissant pas Ali Bongo comme président du Gabon ? La réponse est toute trouvée à Imanga, situé dans le regroupement de villages Ilendo, près de Mouila dans la Ngounié (sud du Gabon).

Les faits remontent au dimanche 18 décembre. Le préfet de la Mougalaba, Barros Matha (du même nom que le ministre), tentait de rallier la commune de Guietsou au départ de Mouila. De passage au village Imanga, il a été surpris par l’attitude de son collaborateur qui l’aurait lâché avec hargne que "les élections présidentielles du 27 d’août dernier ne se sont pas bien déroulées, il n’y a pas la transparence". Une affirmation qui aurait fait sortir de ses gongs le préfet.

Le préfet Matha surpris par la position d’Henri Kombila Kombila sur ce sujet crucial qui continue de diviser le pays en deux, a aussitôt demandé la tête de son collaborateur peu soucieux de se soumettre au verdict controversé de la présidentielle qui a désigné Ali Bongo, dans un mouchoir de poche, au détriment de Jean Ping. M. Barros Matha contrarié, aurait sur-le-champ et sans aucune autre forme de procès, exigé de ce dernier la restitution de ses attributs de commandement du village qui comprennent un médaillon, le drapeau national, le registre des naissances et des décès, le cachet et l’encrier de service.

Le préfet courroucé aurait tout de même justifié sa décision par l’argument selon lequel les auxiliaires se devraient d’être apolitique. "Un chef reste neutre dans sa localité, il ne fait pas de politique", aura t-il lâché face à ce qu’il qualifiait d’insubordination de la part de son auxiliaire de commandement.

Il faut dire qu’alors que les autorités tentent de marteler à l’envi que la présidentielle du 27 août était une affaire classée, cette position ne semble pas être partagée de tous. De nombreux gabonais continuent de contester Ali Bongo comme président du Gabon. En raison notamment du manque de transparence et des profonds doutes qui planent sur les résultats de la province du Haut-Ogooué. Ali Bongo y aurait obtenu presque 100% des voix avec un taux de participation frôlant les 100%. Des doutes relevées également le 12 décembre dernier dans le rapport final des observateurs de l’Union européenne présents également durant le scrutin présidentiel querellé.


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