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Scandale

Trois hauts cadres du ministère du Commerce arrêtés pour faux et usage de faux


Société
  • La brigade centre d’Oyem et les faux documents des cadres du ministère du Commerce © 2019 D.R./Info241
Publié le 18 mai 2019 à 08h30min

Au moment où la sulfureuse affaire dite Kévazingogate défraie la chronique, la brigade centre de gendarmerie d’Oyem (Woleu-Ntem, nord du Gabon) vient de réaliser un grand coup en réussissant à démanteler puis mettre hors d’état de nuire un réseau de truands vraisemblablement organisé, entretenu et couvert depuis le ministère du Commerce dirigé par David Mbadinga.

Pendant que le Kévazingogate commence à livrer peu à peu ses secrets, un autre scandale impliquant de haut fonctionnaires vient d’être démantelé dans la province du Woleu-Ntem. Dans le septentrion, Michel Moukani Mavouroulou présenté comme actuel directeur de cabinet du ministre gabonais du Commerce a été mis sous mandat de dépôt à la prison centrale d’Oyem depuis le lundi 13 mai 2019 dernier.

En compagnie de deux complices dont une dame, le trio qui vient d’être mis hors d’état de nuire, sévissait notamment au niveau des postes frontières d’Eboro et de Meyo-Kié, deux des postes les plus lucratifs du pays car situés à la confluence de des trois pays frontaliers que sont le Gabon, la Guinée Équatoriale et le Cameroun.

Les faits

Tout semble être parti de la nomination du nommé Fleury Mintsa comme responsable départemental du Commerce dans le département du Ntem, puis de celle de dame Armelle Fleur Obone Bibang en qualité de responsable provinciale en charge du recouvrement. Toujours pour le compte du ministère du Commerce. Les personnages sus-mentionnés auront été nommés par arrêté dudit ministère n°010, 018 et 027.

Or, il se trouve que l’arrêté 018 portant désignation des personnels aux postes frontaliers, fait entorse au décret 0258 qui réorganise la direction générale du commerce. C’est ainsi que nommés par arrêté, il parut très curieux que les promus furent installés comme par hasard, non pas par les autorités locales compétentes mais plutôt par le conseiller juridique du ministre David Mbadinga.

Des millions dérobés

Les postes frontières d’Eboro et de Meyo-Kié générant à eux deux plusieurs millions de francs par semaine, sieur Michel Moukani Mavouroulou instruira dame Obone Bibang, la responsable du recouvrement, de souvent descendre sur Libreville pour y reverser 70% des recettes recouvrées dans les différents postes au cabinet ministériel, et seulement 30% au Trésor public de la capitale gabonaise.

Ayant procédé de la sorte trois fois de suite avec à chaque versement, près de quatorze millions, les deux responsables de la province se retrouvèrent à court de quittance pour leurs usagers. Ils mettent très vite le directeur de cabinet au courant. En sa qualité d’unique interlocuteur car, leur ayant interdit de n’en parler à la hiérarchie, chacun des trois truands aura alors la lumineuse idée d’aller se faire imprimer leurs propres quittances.

Quelques documents saisis contre les faussaires

Mais comme un malheur n’arrive jamais seul, c’est un usager curieux qui remarquera la non conformité des carnets des deux postes frontaliers et ira signaler ce fait très curieux aux gendarmes de la brigade centre d’Oyem. Sans perdre du temps, ladite brigade saisira le procureur de la province qui, lui aussi prompt, va aussitôt ordonner l’ouverture d’une enquête.

Un manège à sou

Allant même jusqu’à décerner un soit transmis pour extension de compétence sur Libreville, des agents de la brigade centre d’Oyem ont donc pu auditionner les intéressés dans les locaux de la Direction générale des recherches (DGR) grâce à la franche collaboration de leurs collègues. C’était le 25 avril dernier.

Le procureur souhaitant confronter les mis en cause, ces derniers seront purement et simplement déférés sur Oyem. Et comme les faits qui leur sont reprochés sont d’ordre économiquement criminels, le procureur d’Oyem a requis l’ouverture d’une information judiciaire auprès du juge d’instruction qui les a placés sous main de justice en attendant leur jugement.

Interrogé plus d’une fois sur ces agissements, une source proche du dossier nous rapporte que le directeur de cabinet persiste et signe que le ministre David Mbadinga était parfaitement au courant de la supercherie.

Cependant, comment se fait-il que les mystérieux arrêtés qui ont servis à la nomination des deux complices pour instigation au détournement de deniers publics et contrefaçon de sceaux et documents comptables de l’État soient méconnus de toute l’administration. Ce, de la direction générale du Commerce au secrétariat dudit ministère à l’exception du seul cabinet du ministre David Mbadinga ? Là reste demeure tout le mystère. Dans tous les cas, beau coup de filet de la brigade centre d’Oyem.


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