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Complicité gouvernementale

Tragédie de Kango : la responsabilité des autorités gabonaises mise à nu


Société
  • Tragédie de Kango : la responsabilité des autorités gabonaises mise à nu © 2017 D.R./Info241
Publié le 18 septembre 2017 à 11h00min

Vendredi 15 septembre, suite à un énième accident de la route sur la Nationale 1 à Kango, 7 gabonais ont péri calcinés. Si la route de Kango est connue pour être accidentogène, il n’en demeure pas moins que ce drame aurait pu être évité si les autorités gabonaises avaient assuré réellement la sécurité des voyageurs. En effet, si ceux-ci ont péri calcinés, brûlés vifs, c’est seulement parce que leur bus mortel convoyait également des bidons de carburant en raison de la pénurie qui gangrène actuellement la ville de Makokou, chère au Premier ministre et à son ministre de la Communication.

Comment comprendre qu’une telle tragédie ait put avoir lieu ? L’on sait la route nationale du Gabon accidentogène au plus haut au point. Il ne se passe pas une année sans que l’on déplore des pertes en vie humaine de nombreux voyageurs qui empruntent cette route pourtant refaite dernièrement. Seulement, un fait nouveau s’ajoute implacablement à cette tragédie : le calcinage mortel des victimes. Car sans les bidons d’essence à bord de ce bus de transport en commun, nous n’aurions certainement pas eu le nombre de morts déploré depuis vendredi.

La pénurie de carburant à Makokou comme facteur aggravant

Selon plusieurs sources, c’est en raison de la pénurie qui sévit à Makokou où se rendaient les passagers de ce bus mortel, que les usagers de cette ville de l’Ogooué-Ivindo, sont contraints de faire venir de la capitale gabonaise des bidons d’essence. Comment le Gabon avec ses nombreux contrôles policiers et routiers a pu laisser voyager durant plusieurs semaines des véhicules non habilités avec ce liquide inflammable ? Que font donc les autorités gabonaises pour juguler cette pénurie de carburant qui affecte les populations de cet arrière-pays ?

Des questions auxquelles ne sauraient répondre le Premier ministre, Emmanuel Issoze Ngondet et son ministre de la Communication Alain-Claude Bilie-Bi-Nzé, tous originaires de la ville de Makokou, aujourd’hui meurtrie au plus profond de sa chair et avec elle toute la nation. Comment l’Etat qui est censé assurer la protection des ses citoyens, continue de laisser les gabonais se « débrouiller » avec les aléas économiques qu’il est censé juguler ?

L’arrière-pays, éternel oublié de l’administration Ali Bongo

Aux dernières nouvelles, on apprend même que ces ministres essayeraient de masquer leurs carences en rangeant cette tragédie au rayon du cycle infernal des accidents de la route qu’aucune de leur politique publique n’ait réussi à tordre le coup. Bien que l’enquête ait été ouverte, nul doute qu’elle pointera la présence inopportune de ces liquides inflammables comme ayant précipité la mort de ces compatriotes et provoqué les graves blessures de plusieurs autres qui sont toujours en centre hospitalier.

Jusqu’à quand l’Etat-il va continuer à faillir à ses obligations régaliennes ? Celles qui laissent les populations de l’arrière-pays sans le moindre minimum vital, réduites à des citoyens de seconde zone qu’on laisse même jouer avec le feu pour fuir ses prérogatives. Un Etat très politisé qui ne se soucie guère des préoccupations sociales et économiques de ses populations. Avec le niveau surélevé de contrôles routiers sur l’axe Libreville-Makoukou, il est incroyable que les autorités gabonaises aient pu laisser paisiblement ce mortel liquide voyager en toute serenité avec des vies humaines fragiles.

L’on comprend qu’à ce jeu de la victime et du bourreau, Ali Bongo tente de masquer les carences de son administration. Samedi, tel un médecin après la mort, il est allé avec son épouse au chevet des rescapés pour se parer du bon rôle. Un rôle que ni lui, ni ses précédents gouvernements n’ont jusque-là réussi à tenir dans les faits. Les conclusions de cette enquête pour connaitre les circonstances exactes de cette tragédie sont vivement attendues. Et comme chacun le sait, au Gabon les enquêtes sont toujours ouvertes mais elles n’aboutissent jamais. De nombreux criminels et coupables continuent d’arpenter les rues avec leurs victimes.


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