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Liberté de la presse

Suspension d’Echos du Nord au Gabon : Désiré Ename fustige l’arbitraire du régime répressif d’Ali Bongo


Société
  • Suspension d’Echos du Nord au Gabon : Désiré Ename fustige l’arbitraire du régime répressif d’Ali Bongo © 2017 D.R./Info241
Publié le 16 juin 2017 à 01h46min

Le régime de Libreville se radicalise davantage en enterrant la liberté de la presse et d’expression au Gabon. Réuni en plénière ordinaire le jeudi 15 juin à Libreville, le Conseil national de la communication (CNC) a statué, sur l’interdiction de parution pour deux mois du tri-hebdomadaire gabonais d’informations Echos du Nord, pour injures publiques contre Ali Bongo et son premier ministre. Dans une interview exclusive accordée ce vendredi à Info241, Désiré Ename, promoteur de ce journal dénonce « l’arbitraire d’un regime répressif et barbare. Car dans un État de Droit on ne suspend pas les journaux on use des voies de droit à la disposition de tous »

Le Conseil national de la communication (CNC), institution de régulation des médias semble se ressouvenir de sa marque de fabrique en se mettant depuis sa création au service du régime au pouvoir depuis 1968 dans le musellement de la presse. En effet, tous les téléspectateurs des chaînes publiques gabonaises sont coutumiers des sorties médiatiques du CNC pour interdire, mettre en demeure des médias libres et éloignés de toute corruption du régime Bongo-PDG.

En effet, le CNC a jugé à l’unanimité jeudi de suspendre pour une durée de deux mois le tri-hebdomadaire gabonais, Echos du Nord « pour injures publiques contre Ali Bongo et Issoze-Ngondet », a annoncé jeudi soir le Porte parole de l’institution, Godel Inanga Yendeyika, sur les antennes de Gabon Télévision. L’institution régulatrice précise avoir pris cet arrêté inquisitorial « suite aux injures particulièrement violentes et tous les noms d’oiseaux attribués au chef de l’Etat, Ali Bongo Ondimba dans les dernières parutions d’Echos du Nord  ».

Interrogé par Info241 suite à la suspension de deux mois de parution par le Conseil national de la communication (CNC) du journal Echos Du Nord, le journal le plus au Gabon dont il est le promoteur, Désiré Ename a indiqué ce qui suit : « Jai appris que nous avons été suspendu pour une durée de deux mois via un collègue. Ce qui justifie cette suspension n’est rien d’autre que l’arbitraire d’un regime répressif et barbare. Car dans un État de Droit on ne suspend pas les journaux on use des voies de droit à la disposition de tous ».

Avant de s’interroger en ces termes : « Est-ce le CNC ou le Palais du bord de mer à la manœuvre ? Il me semble bien que le CNC n’est que l’arme du crime dans le cas d’espece. Le mobile avancé m’est inconnu. Aucune notification ne nous a été faite. Aucune audition d’un responsable d’EDN n’a eu lieu. Il est difficile dans ce cas de figure de dire ce que le CNC, ou plutôt la junte militaro putschiste nous reproche. »

Pour celui qui a été élu cette année par les internautes gabonais, Prix du Journaliste gabonais de l’année des Awards de l’Info : « La liberté de la presse a fait un bond en arrière. C’est le reflet d’un État dirigé par une junte militaro putschiste. Dans unbtel régime il nest pas bon de penser. Pour Désiré Ename, au Gabon toutes les institutions sensées garantir la liberté de la presse et d’expression sont des institutions aux ordres. ».

Rappelons que réuni en plénière ordinaire le 26 novembre courant 2016, dans le prolongement de sa séance du 12 novembre de la même année, le CNC avait statué, à la majorité de ses membres, sur la mise en demeure de l’ensemble de la presse nationale. En se disant indignée par le traitement de l’information par certaines publications, en dépit de nombreux rappels à l’ordre et autres sanctions, le CNC dit déplorer une supposée tendance de la presse à s’illustrer dans l’apologie de la violence avec, entre autres, des appels répétés à l’insurrection.

Mais le CNC a toujours omis chroniquement de statuer sur la pluralité d’opinions, le recul de la liberté de la presse et d’expression dans la sphère médiatique gabonaise. Elle oublie de punir la propagande médiatique légendaire des chaines publiques. Le Conseil national de la communication (CNC) ne s’est pas offusqué sur les dispositions liberticides du nouveau Code de la communication, véritable muselière pour la presse gabonaise, homologuées par Alain-Claude Bilie-By-Nze. N’est-ce pas les germes d’une dictature répressive du régime d’Ali Bongo qui n’arrive plus à étouffer ses pratiques ?


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