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Remaniement ministériel

Rose Ossouka à la Défense, une promotion aussi inquiétante qu’inattendue !


Analyse
  • Le ministre sortant et l’entrant Rose Christiane Ossouka Rapond © 2019 D.R./Info241
Publié le 31 janvier 2019 à 11h50min

Depuis ce 30 janvier après-midi, le Gabon a officiellement un nouveau ministre de la Défense nationale et de la Sécurité du territoire : Rose Christiane Ossouka Raponda. L’actuelle maire de Libreville depuis le 7 février 2014 qui s’était fait élire récemment présidente de la section Afrique d’une organisation internationale de maires, se voit propulser de la gestion de la capitale gabonaise dont elle n’est pas exempte de reproches, à la gestion des hommes armés. Autant dire que cet économiste financier de formation aura du mal à se faire entendre auprès de hauts gradés et autres militaires dont elle ne connait aucunement les rouages. A moins bien entendu que cela soit le but !

Rose Christiane Ossouka Raponda nommée hier au cours d’un remaniement inopiné du gouvernement gabonais, va devenir la seconde femme à occuper le poste très masculin de ministre de la Défense. Un poste que Julien Nkoghe Bekalé et Ali Bongo ont décidé de confier à une diplômée en finances publiques, formée au maniement des chiffres et non des bêtes noires de l’armée. Un choix plutôt curieux et inquiétant pour la sécurité nationale.

La promue qui fait son come-back au gouvernement après un bref passage en 2012 sous Raymond Ndong Sima, n’avait certainement pas prémédité ce retour par la grande porte au gouvernement. Elle qui se plaisait à être édile de Libreville et rien qu’édile se voyait rempiler à la tête de la mairie centrale de Libreville. Ossouka Raponda avait même réussi à se faire élire fin novembre 2018 à Marrakech (Maroc), présidente de la section Afrique de Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU), une organisation internationale regroupant des maires de la planète.

De plus, Ossouka Raponda a été préférée à Etienne Massard Kabinda Makaga qui lui a été viré royalement du gouvernement sans sommation. Selon certaines indiscrétions évoquées par nos confrères du journal pro-gouvernemental l’Union, il était reproché au ministre sortant son « peu d’empressement à trouver des solutions aux difficultés rencontrées aussi bien au niveau de leurs conditions de travail que de celles de vie » de hauts gradés de l’armée gabonaise. Rien que ça !

Autant dire que la tâche s’annonce rude pour la maire devenue ministre de toutes les armées gabonaise, de ses hommes et de ses hauts gradés. En 2012, elle occupait les fonctions de ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique, une fonction en accord avec sa formation professionnelle. La Défense nationale et la Sécurité du territoire est donc confiée à cette économiste qui comme Angélique Ngoma avant elle en 2009, ne saurait n’être qu’un ministre de façade qui recevra et fera exécuter des ordres émanant de mains perchées dans les couloirs sombres du pouvoir gabonais.


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