01:24

Dernier Hommage

Alfred Nguia-Banda empêché de prendre part aux obsèques de sa défunte épouse à Libreville


Société
  • Alfred Nguia-Banda empêché de prendre part aux obsèques de sa défunte épouse à Libreville © 2018 D.R./Info241
Publié le 5 février 2018 à 15h58min

Le recueillement et les obsèques sont des moments extrêmement douloureux pour une famille éplorée. Mais au Gabon face à un régime répressif et autocratique, l’ancien cadre démissionnaire du PDG, fondateur du Rassemblement républicain et socialiste, Alfred Nguia-Banda exilé à Paris après avoir échappé in extrémis à un assassinat qu’il dit avoir été fomenté par la milice d’Ali Bongo, endeuillé par la perte de son épouse, la défunte Huguette Nguia-Banda, née Lemami a été contraint de voir la dépouille de sa femme s’envoler du tarmac de l’aéroport Charles De Gaulle pour Libreville sans pourtant se risquer de commémorer ses obsèques. En ayant en mémoire les représailles du régime Bongo-PDG qu’il combat aujourd’hui de toutes ses forces au sein de la Coalition de l’opposition pour la Nouvelle République dirigée par Jean Ping et aux côtés de la diaspora gabonaise résistante de France et d’Europe.

Il ne fait plus bon vivre pour les opposants gabonais qui ont osé exprimer librement leurs opinions divergentes face au régime d’Ali Bongo, dont l’élection présidentielle est toujours contestée à nos jours. Alfred Nguia-Banda paye le prix fort de son engagement pour la restauration de la démocratie et de l’état de droit au Gabon. En effet, son épouse Huguette Nguia-Banda née Lemami, est décédée le dimanche 21 janvier à l’hôpital américain de Neuilly de suite d’une péritonite (une appendicite aiguë) mal traitée dans un centre hospitalier gabonais devenu un véritable mouroir pour les citoyens qui osent encore des traitements médicaux face aux maladies curables.

Devant cette tragique perte, l’ancien directeur général du Conseil Gabonais des Chargeurs, Alfred Nguia-Banda se voit doublement meurtri non seulement par le décès de son épouse après une longue hospitalisation dans le coma, mais aussi en se voyant refusé l’accès à son pays pour rendre un dernier hommage à son illustre conjointe. « Quelle profonde et incommensurable douleur effroyable », s’écriait une lectrice de l’homélie lue lors de la messe de requiem le dimanche 28 janvier dernier à la paroisse Sainte-Claire à Paris, lieu où elle a reçu un vibrant hommage de la part de toutes les associations de la diaspora résistante qui œuvre pour la restauration de l’état de droit et la démocratie en terre gabonaise.

Alfred Nguia-Banda effondré à la sortie de la messe de requiem

L’hommage de la diaspora résistante et des hommes politiques !

Au sein de la paroisse Sainte-Claire de Paris, on pouvait lire dans les visages une vive émotion des compatriotes venus nombreux soutenir leur frère éploré Alfred Nguia-Banda dont certains témoignages ont exprimé son dévouement fraternel, patriotique et républicain pour l’intérêt général et le combat pour la démocratie et les respect des droits de l’homme. Mais aussi, son assistance solidaire et dévouée envers son prochain pour des causes communes. D’où les membres de la diaspora résistante, les citoyens lambda, le monde de la presse, les anciens hauts cadres de la République gabonaise, les étudiants, les associations diasporiques furent mobilisés pour cette cérémonie de deuil funéraire.

A ce sujet, prononçant la prière universelle en hommage à la disparue tragiquement, Ghislaine Brahime, Présidente d’Action-Gabon et membre éminent de la chorale « One Day » qui a repris en chœur de nombreux cantiques et louanges émouvants et d’adoration made in Gabon s’est exclamée : «  Seigneur, nous ne te demandons pas pourquoi Huguette nous a quittés, mais nous te remercions de nous l’avoir donnée. Nous te remercions pour l’amour et l’amitié qui émanaient d’elle. Aide-nous à garder d’elle le meilleur de ce qu’elle nous a apporté, nous t’en prions. Seigneur, regarde avec tendresse, Alfred Nguia-Banda, l’époux d’Huguette qui devra faire face à bien des difficultés, à bien des soucis : que l’Esprit Saint soutienne le courage et la volonté dont il sait fait preuve et qu’il trouve dans ses proches des trésors d’affection et de consolation, nous t’en prions ».

Tout endolorie, Mme Brahime s’est écriée en ces tes termes : «  Seigneur, la mort d’Huguette nous rappelle qu’il y a autour de nous tant de gens au Gabon en particulier et dans le monde entier des gens qui souffrent et qui luttent contre la maladie et les injustices. Accompagne-les tout au long de leurs épreuves et donne-leur, ainsi qu’à leurs proches, l’espoir d’une vie meilleure, nous t’en prions. Seigneur, le rendez-vous avec la mort nous interroge tous sur le sens de notre vie. Fais-nous découvrir, Père, que seul l’Amour ne passera jamais, et aide-nous à nous engager pour plus de justice, de solidarité et de fraternité, nous t’en prions. Seigneur nous te confions le Gabon et le monde qu’Huguette souhaitait rendre meilleurs. Prends pitié de ceux qui sont seuls, de ceux qui sont écrasés par la souffrance, la peur du lendemain, la peur de la mort ; aide- les à retrouver l’espérance, nous t’en prions. Seigneur, souviens-toi de ton église ; qu’elle dise l’espérance aux hommes qui souffrent et qu’elle marche aux côtés de ceux qui combattent la souffrance et l’injustice, nous t’en prions ».

Cette prière universelle sonne en écho, du lourd tribu, de la double douleur que paye Alfred Nguia-Banda qui est frappé doublement par la perte de son épouse. Mais aussi, par l’exil politique contraint qu’il vit depuis plus d’un an qu’il a pu se dérober du traquenard mortel qui faisait à l’assassiner. Et qui a obligé effroyablement à l’ancien Secrétaire général du Fonds National pour l’Habitat de ne pas pouvoir honorer de sa présence aux obsèques de sa regrettée femme, Huguette Nguia-Banda, née Lemami, pour s’être engagé auprès de la Coalition de l’opposition dirigée par Jean Ping pour une alternance démocratique pacifique et pour le rétablissement de la vérité des urnes au sortir de l’élection présidentielle du 27 août 2016.

D’où les hommes politiques et hauts cadres de la nation n’étaient en pas en reste et n’ont pas manqué de marque de soutien et de solidarité envers M. Nguia-Banda, lors de cette messe parisienne pour le repos de l’âme de la défunte. Une mobilisation importante était visible, de Jean Pierre Lemboumba, Ludovic Ognagna, Alfred Mabika Mouyama...et leurs diverses épouses jusqu’aux représentants des leaders des structures diasporiques politiques. Reprenant un passage de la bible (Isaïe 25) et une pensée de Saint Augustin, l’ancien ministre aux Finances, Charles M’Ba s’est épanché disant ceci : en voyant mon frère et ami effondré de la sorte, je n’ai que cette parole de l’esprit qui me vient à cœur : «  Le Seigneur essuiera les larmes sur tous les visages, et par toute la terre il effacera l’humiliation de son peuple, c’est lui qui l’a promis ».

Poursuivant sa lamentation l’ancien sénateur du Woleu a ajouté ceci et St Augustin de rappeler ceci : « Si tu savais le don de Dieu et ce que c’est le Ciel ; si un instant, tu pouvais contempler comme moi la Beauté devant laquelle toutes les beautés pâlissent, tu me reverras donc, transfigurer dans l’extase et le bonheur, non plus attendant la mort, mais avançant d’instant en instant avec toi dans les sentiers nouveaux de la Lumière et de la Vie, essuie tes larmes et ne pleure plus si tu m’aimes ». Au Gabon, malgré toutes les formes d’intimation et des menaces du régime despotique d’Ali Bongo, refus des motards de la gendarmerie d’accompagner le cortège de la dépouille bien qu’ayant été payés pour ce service public, tout le gotha politique de la Coalition pour une Nouvelle République a rendu un vive hommage plein d’émotion à Huguette Nguia-Banda, née Lemami qui a été inhumée le vendredi 02 février dernier à Libreville.


Laissez un commentaire
© 2013-2018 Binto Media Group |  Mentions légales |  Conditions générales |  Rejoindre la rédaction |  Flux RSS |  Publicité |  Binto Media Group |  Placer votre pub sur le site
Passer à la version mobile