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Bilan Septennal

Projet « GRAINE » au Gabon : cet autre scandale financier, écologique et humain d’Ali Bongo


Economie
  • Projet « GRAINE » au Gabon : cet autre scandale financier, écologique et humain d’Ali Bongo © 2016 D.R./Info241
Publié le 18 août 2016 à 13h20min

Après avoir été un illusionniste « Président Charlie », défenseur de liberté de la presse, de la liberté d’expression et d’opinions réprimées au Gabon, Ali Bongo a voulu être un « Président COP21 » en vantant une politique volontariste pour la protection de l’environnement. Avec le projet « GRAINE », le locataire du Bord de mer pensait tenir une action d’envergure et ainsi capitaliser sur les prétendus « bienfaits » de cette volonté de faire prospérer la terre gabonaise, sur l’image d’un président conscient des enjeux écologiques et économiques. Qu’en es-t-il 7 ans après ?

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Mais la vérité est ailleurs ! Observateurs, dépassez la pensée officielle et regardez-y de plus près : c’est un véritable enfumage dont sont victimes encore et toujours les populations locales. Commençons par le montage financier : on découvre tout d’abord que la société SOTRADER qui gère ce programme résulte d’un partenariat public-privé entre l’État du Gabon et la société singapourienne OLAM, qui commercialise semences, fertilisants, machines…et dont l’un des actionnaires n’est autre que…Ali Bongo !

Ensuite, voilà ce qu’il se passe : des Gabonais « volontaires » sont installés en coopérative sur des parcelles (0,5 ha) par famille. On leur donne ce terrain ainsi qu’une avance sur salaire de 125 000 FCFA (190 €) par mois, qu’ils doivent ensuite rembourser grâce aux revenus générés par la vente leurs produits. Or, dans le programme « GRAINE » le rachat de la production d’une coopérative est garanti par SOTRADER, qui fixe elle-même le prix de rachat en fonction des investissements consentis.

Évidemment, les coopératives ne peuvent devenir autonomes que lorsqu’elles ont terminé de rembourser SOTRADER… Au final, on l’aura compris, les coopératives n’arrivent jamais à produire assez pour rembourser et les paysans sont contraints de travailler comme des esclaves ou alors de quitter la coopérative. À ce moment là c’est encore SOTRADER qui récupère les terres, spoliant un peu plus les paysans et les Gabonais en général.

Mais le scandale ne s’arrête pas là. Il n’est pas seulement humain et financier, il est aussi écologique. En effet, les graines choisies pour ce projet, sont des graines « améliorées », pour un résultat rapide, autrement dit des OGM, dont la dispersion sur le sol gabonais est un véritable cataclysme. L’introduction de ces nouvelles espèces artificielles menace véritablement la diversité et l’équilibre biologique des sols et des espèces existantes. Or, on sait que le Gabon est un véritable Eden abritant une faune et une flore exceptionnelle, aujourd’hui menacées.

C’est un véritable échec qui avait été constaté en mai dernier par le jeune énarque brillant troubadour du palais du Bord de mer, Emanuel Léandre Mouloubou, par ailleurs, coordonnateur national du « Programme GRAINE » lui-même lors d’une inspection de terrain. En l’occurrence, dans les provinces de l’Ogooué-Lolo et du Haut-Ogooué en vue de faire l’état des lieux de cette initiative dans ces localités depuis son lancement.

Lors des deux premières étapes de l’Ogooué-Lolo et du Haut-Ogooué, le jeune fidèle d’Ali Bongo avait eu la rare lucidité de constater par lui-même le bilan catastrophique comme c’est visible dans l’ensemble des provinces où le lancement a été effectif. La visite de terrain ayant permis de constater que le projet à Koula-Moutou est pratiquement à l’arrêt. M. Mitch-calvin Ndemby coordonateur du projet dans l’Ogoué-Lolo avait fait le même constat alarmant. Pour lui, « cette situation est liée au fait que les sous-traitants chargés d’aménager les différents sites ont tous arrêté les travaux, du coup, faute d’espaces aménagés, le planting est renvoyée aux calendes grecques ».

Ce programme de développement agricole, fondé avant tout sur l’achat, à la société américaine Caterpillar, de pas moins de 475 bulldozers (contre la somme de 140 millions de dollars !) est un programme de destruction massif de notre faune et de flore. Ce qui est vraiment déroutant pour un président qui se voulait représentant de l’Afrique consciente de l’importance de la protection de l’environnement à la dernière conférence de Paris COP21.

Enrichissement personnel, détournements fonciers, esclavagisme institutionnalisé, désastre environnemental… Ce programme devrait pourtant alerter tous les défenseurs de la cause environnementale mais aussi toutes celles et tous ceux qui ont une conscience éthique et politique. Assez de déni ! Cessez de gober la pensée officielle diffusée celui qui se fait désormais surnommer ’’Ali le spoliateur’’. Stop à l’enfumage politique et aux mensonges grossiers !


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