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Plainte contre le fils d’Ali Bongo : les plaignants fustigent l’enquête « tronquée » du parquet

Plainte contre le fils d’Ali Bongo : les plaignants fustigent l’enquête « tronquée » du parquet
Noureddin Valentin et ses avocates, le 14 février au palais de justice de Libreville © 2020 D.R./Info241

La société civile gabonaise reste vent debout contre la corruption présumée des tenants du régime Bongo. Dans l’affaire l’opposant au fils d’Ali Bongo, Noureddin Valentin, classée sans suite vendredi dernier, les plaignants n’ont pas manqué de dénoncer une décision du parquet « entachée d’insuffisances flagrantes », basée sur une enquête de seulement 10 jours. Face à ce mur judiciaire, ces organisations plaignantes ont dit poursuivre leur « combat auprès d’autres juridictions nationales et internationales ».

L’affaire qui oppose le coordinateur des affaires présidentielles Noureddin Bongo et les Organisations de la société civile gabonaise engagées dans la lutte contre la corruption et le blanchiment des capitaux au Gabon est loin d’avoir livré son épilogue. Après le dépôt de plusieurs plaintes contre le fils du président gabonais, le parquet de Libreville a sans surprise, décidé le 14 février de classer l’affaire. Il a estimé que les plaignants n’avaient pas suffisamment de preuves pour soutenir une accusation devant un juge.

Une décision que remettent en doute ces organisations dans un communiqué de presse parvenu ce lundi à la rédaction d’Info241. Selon leur porte-parole Jean Remy Yama, "le Parquet au lieu d’être une « chambre d’accusation », s’est plutôt érigé en « chambre de jugement »". Les plaignants déboutés ont dit attendre du parquet "des enquêtes sérieuses, pour amasser le maximum de preuves à présenter à la chambre de jugement". Une attente non satisfaite.

Sur l’affaire du véhicule arraisonné avec de fortes sommes d’argent appartenant à Noureddin Bongo, le parquet a refusé la confrontation entre les témoins des plaignants, les gendarmes et ceux de la Garde républicaine. Pour ces témoins officiels, "le véhicule en question, immobilisé au PC crise de Gros-Bouquet, ne transportait pas d’argent, mais plutôt un diplomate qui refusait d’ouvrir sa sacoche faisant valoir son immunité".

Sur la vente des bus à la future société de transports publics Trans’Urb, Noureddin Bongo est soupçonné par les plaignants d’avoir empoché indûment 7 milliards. Les plaignants disent avoir "remis suffisamment d’éléments à charge, y compris les identités des personnes à entendre sur procès-verbal (PV)" mais aucun de ces témoins n’aura finalement été interrogé lors de l’enquête du parquet.

Sur les autres éléments de cette plainte tels que la Société Média volontaire ou la société Family Office "aucune information sur les actionnaires et les mouvements financiers n’a été produite comme la partie plaignante l’avait demandé", soulignent les plaignants dans leur communiqué. Ce qui les permettent de conclure que "les enquêtes judiciaires ont été insuffisantes et volontairement tronquées". Car pour eux, "En dix (10) jours ouvrables, on ne peut pas boucler une enquête sur les questions de blanchiment de capitaux et de corruption".

Rappelons que le 13 janvier dernier, ces organisations avaient introduit une série de plaintes contre le fils du président gabonais "pour corruption active et passive, corruption d’agents publics étrangers et blanchiment des capitaux et Biens Mal Acquis, enrichissement illicite, blanchiment du produit du crime, criminalité financière en bandes organisées, associations de malfaiteurs et pillage, une confrontation entre les leaders des Organisations de la Société Civile Gabonaise engagées dans la Lutte contre la corruption et le Blanchiment des Capitaux au Gabon". Des griefs qui semblent peu trouver grâce aux yeux de la justice gabonaise dont Ali Bongo préside aussi l’instance supérieure qu’est le Conseil supérieur de la magistrature.


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