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Détournements présumés

Opération Mamba : Des gabonais réagissent aux menaces à la presse de Bilie By Nzé


Société
  • Alain Claude Bilie By Nzé, le présumé pilleur de l’Etat épargné par Mamba © 2017 D.R./Info241
Publié le 7 mars 2017 à 09h34min

L’opération dénommée ’’Mamba’’ a-t-elle des cibles prédéfinies par le régime d’Ali Bongo ? Alain Bilie By Nzé a menacé de poursuivre en justice les journalistes qui « s’amusent » avec son nom dans les affaires des détournements de fonds publics où il est nommément cité. Notamment, les accusations portées contre lui par l’ancien P-DG de La poste gabonaise, Alfred Mabika-Mouyama et sur le présumé détournement du milliard affecté à Gabon Télévision. Suite à sa sortie publique du 03 mars dernier plusieurs gabonais ont dénoncé l’omerta de la justice gabonaise en pointant les agissements de ce ministre devenu ’’justicier" du palais du Bord de mer.

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Pour rappelle des faits, c’est à l’occasion de la traditionnelle conférence de presse hebdomadaire du Porte-parole du gouvernement gabonais, qu’Alain-Claude Bilie By Nzé, a semble-t-il perdu ses nerfs. Le très accusateur, proche d’Ali Bongo Ondimba, accusé de détournements dans deux sombres affaires en cours, le ministre d’Etat à la Communication visiblement courroucé par une question d’un journaliste, a brandi la menace de poursuites judiciaires à l’encontre de tout journaliste qui "s’amuserait" à mêler son nom avec "légèreté" dans ces affaires de détournements publics.

« J’ai assez attendu, maintenant ça suffit ! », « Si l’un de vous s’amuse à écrire de nouveau là dessus, nous irons au tribunal », c’est par ces propos, face aux journalistes, qu’Alain-Claude Bilie By Nzé a décidé de conjurer l’apparition de son nom dans des affaires que tentent d’élucider les enquêteurs de l’opération Mamba. Des menaces froides proférées aux journalistes qui "s’amuseraient" encore avec son nom ou parler de ces affaires de « manière légère et fallacieuse ».

Or, depuis le septennat d’Ali Bongo, il s’est mué en ’’Justicier’’ du régime de Libreville, rôle qu’il partage avec Hervé Patrick Opiangah, le président de l’Union pour la démocratie et l’intégration sociale (UDIS), conseiller du locataire du palais présidentiel. Au cours de ses sorties publiques dites gouvernementales, sans souvent respecter la présomption d’innocence, le repris de justice traite de criminel, de voleurs des hauts commis de l’Etat qui sont suspectés de détournements de fonds publics sans qu’aucune justice ne se soit ouvertement prononcée. En utilisant abusivement les médias publics financés par le contribuable gabonais et sa fonction de porte-parole du gouvernement lors de ses conférences de presse qui se sont transformées en cour de justice royale.

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Interrogé en toute objectivé et avec panache sur la raison de sa non-audition par les enquêteurs du Parquet et les tenanciers de l’opération Mamba alors que son nom est cité dans l’affaire ayant conduit à la ruine de la Poste gabonaise et dans des détournements présumés à Gabon Télévision, Alain-Claude Bilie By Nzé a coupé court et menacé de s’en prendre judiciairement aux médias et journalistes qui associeraient son nom à ces affaires. Cette sortie a provoqué un tolet sur les réseaux sociaux.

Plusieurs réactions ont fusé en dénonçant d’abord l’exercice de cette fonction de Porte-parole du gouvernement par Alain-Claude Bilie By Nzé. L’opposition gabonaise par la voix de Jean Ping a fustigé la diversion politique et médiatique du régime Bongo-PDG. En pointant l’omerta de la justice gabonaise quand il s’agit des proches d’Ali Bongo qui sont accusés de présumés détournements de fonds publics. Selon Walter Asseko : « Quel est le rapport entre le gouvernement dont il est sensé porté la parole et les menaces proférées à l’endroit des journalistes. Est-ce le gouvernement qui lui a permis de menacer les journalistes pour des affaires personnelles ? Il faut arrêter d’utiliser les moyens de l’état pour des fins personnelles ».

Avant de poursuivre : « À mon avis, ces conférences de presse commencent à bien faire et vont dans tous les sens. Au point que les questions posées et les réponses rendues publiques par Alain-Claude Bilie By Nzé n’ont aucun rapport avec les prétendues communications gouvernementales. Et ce sous le nez du chef du gouvernement et du chef de l’État. Va-t-il encore falloir que l’extérieur vienne vous ouvrir les yeux ? Parce que ces conférences sont tout sauf une communication gouvernementale. Le pouvoir judiciaire doit être exempte mais nous sommes choqués que le ministre de la communication ne soit auditionnée par les enquêtes musclées de la DGR ».

Questionné ensuite sur cette sortie menaçante de leur ministre de tutelle, un journaliste de Gabon Télévision n’est pas allé dans le dos de la cuillère : «  M. le ministre Alain-Claude Bilie By Nzé doit porter plainte s’il ne se reproche de rien. Pourquoi menacer les journalistes qui font leur travail ? Il y a des preuves de détournements de fonds publics qui pèsent contre lui. Et l’argent de Gabon Télévision, nous savons qu’il a servi a financé la construction de la chaîne Gabon24. Pourquoi n’a-t-il jamais donné les vraies raisons de l’utilisation de ce milliard ? 400 millions pour la formation, ce que les agents ont réfuté. Et le reste ? En tout cas c’est un repris de justice, c’est un fait, il ne peut que menacer pour se couvrir mais il n’a qu’à savoir qu’il finira par repartir en prison, tôt ou tard. Rien ne sert de courir ».

Réagissant sur toutes les affaires où le nom du ministre de la Communication-Porte parole du gouvernement gabonais est cité, M. Cyr Aubin Joël Ndembi a ironisé en ces termes : « Merci pour les archives monsieur le ministre vos actes se retourneront contre vous peu importe le temps. Vous avez menti sur les ondes publiques tout travail mérite salaire. Vous aimez à dire que nous sommes dans un état de droit de quel droit vous parlez ? Droit au clan contre la société ou droit au dicta en votre faveur et contre le peuple tout entier. Sachiez que vos plans démoniaques visant à avilir l’âme du gabonais génétiquement noble c’est une atteinte à la quiétude d’un peuple constitue une haute trahison. S’opposer à un véritable système éducatif en mettant les moyens et structures adéquats en faveur de l’éducation pour l’organisation d’une CAN festive ».

In fine, du côté de la société civile, pour plus de clarté et pour lever le doute sur les graves accusations qui pèsent sur l’implication supposée d’Alain Claude Bilie By Nzé dans les détournements de fonds publics à la Postebank et à Gabon Télévision, le président du Réseau des organisations libres pour la bonne gouvernance (ROLBG), Georges Mpaga « a demandé un débat public contradictoire à l’intéressé faute de quoi a-t-il déclaré le porte-parole du régime putschiste doit démissionner. C’est une question de principe et de crédibilité pour le fameux ’’Mamba’’, opération qui vise à épingler les personnalités passibles de corruption et de détournements de fonds publics ». Affaire à suivre !


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