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Justice

Opération Mamba : Blaise Wada condamné à 20 ans de prison, acquitté par la Cour de cassation


Société
  • Blaise Wada savourant hier la décision de la Cour de cassation © 2019 D.R./Info241
Publié le 13 avril 2019 à 11h00min

Blaise Wada peut enfin respirer le parfum de la liberté. Après plusieurs années de combat judiciaire, l’ancien coordonnateur général de l’Unité de coordination des études et des travaux (UCET) condamné à 20 ans de prison par la Cour spéciale criminelle (CSS) mise en place pour juger les responsables de détournements de deniers publics gabonais dans le cadre de l’opération Mamba, a été acquitté hier par la Cour de cassation. La fin des tribulations judiciaires de ce cadre du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir depuis 1968) jeté en prison.

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Incarcéré depuis le 10 janvier 2017, Blaise Wada est un homme libre depuis ce 12 avril. Armé de ses quatre avocats, la Cour de cassation a cassé la décision prise contre lui le 26 avril 2018 par la CSS. En effet, la condamnation à 20 ans de réclusion pour détournement de deniers publics, n’a pas prospéré. Dans son arrêt, la cour a indiqué que les règles de droit n’ont pas été correctement appliquées dans cette affaire.

Blaise Wada et ses avocats, hier après l’audience

« La Cour de cassation a annulé et cassé l’arrêt qui a été rendu par la Cour criminelle spéciale dans toutes ses dispositions, en précisant qu’il n’y a pas de renvoi. Cela veut dire que mon client est immédiatement mis en liberté d’office, parce qu’il est détenu à la prison centrale sans titre », a déclaré ému Me Martial Dibangoyi Loundou, l’un des avocats de Blaise Wada.

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Un verdict qui a plongé hier la salle d’audience dans l’euphorie. Car les décisions de cette juridiction de justice suprême est revêtue de l’autorité absolue de la chose jugée. En d’autres termes, ses décisions ne sont susceptibles d’aucun recours, si ce n’est par voie de rétractation ou de la rectification pour erreur matérielle.

Avec ce camouflet à peine voilé, c’est tout le fondement judiciaire de la CSS qui est mis en cause. Car comme ont relevé les avocats de la défense, aucune disposition ne conférait à la Cour criminelle spéciale des prérogatives lui permettant de se substituer à la Cour des comptes, aux magistrats financiers et aux ministères concernés (Budget et Travaux publics) dans le cadre des poursuites.

Blaise Wada après deux ans, 3 mois et deux jours en prison est donc un homme libre. Lui qui avait été condamné au terme du procès tenu du 15 mars au 26 avril 2018 outre à 20 ans de prison, à verser à l’État gabonais de la somme de 2,765 milliards de francs et à rapatrier des fonds qu’il aurait placé hors du Gabon. Il avait également été déchu de ses droits civiques et ses biens saisis.

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