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Portrait

Omar Bongo, ce doux président gabonais à l’hégémonie familiale françafricaine


Analyse
  • Omar Bongo et son bienfaiteur françafricain Jacques Foccart (gauche), le 15 novembre 1973 à Paris lors d’une visite officielle © 2018 D.R./Info241
Publié le 8 juin 2018 à 19h32min

C’est le 8 juin 2009 que les Gabonais ont appris officiellement la mort d’Omar Bongo, l’homme qui a régné sur la politique gabonaise et son économie durant près de 42 ans sans discontinuité. Arrivé au pouvoir grâce aux réseaux officieux de la France coloniale, seule la mort l’éloignera du pouvoir comme son prédécesseur Léon Mba. Omar Bongo ce sera 6 présidentielles remportées coup sur coup grâce au monopartisme puis par la Cour constitutionnelle dirigée par sa maîtresse. Retour sur un parcours de légende et une success story familiale qui dure depuis un demi-siècle.

Quand ils ont appris le décès d’Omar Bongo, beaucoup de gabonais ont bien eu du mal à y croire car l’homme avait vraiment la dent hyper dure. Né le 30 décembre 1935 à Lewaï (rebaptisé plus tard Bongoville) dans la province du Haut-Ogooué, Omar Bongo a su entrer très tôt dans les bonnes grâces du françafricain Jacques Foccard pour être le précieux homme de paille de la France au Gabon.

Un président du Gabon choisi par la douce France coloniale

Franc-maçon comme Léon Mba, Omar Bongo est un employé de la poste coloniale (PTT) avant de devenir lieutenant de l’armée de l’air puis enfin agent des services secrets français. C’est à cette fonction qu’il fera la rencontre de Jacques Foccard, le patron des services secrets français. Entré dans les bonnes grâces de Léon Mba en octobre 1962, Omar Bongo se voit confier la direction du cabinet présidentiel.

Nommé plus tard ministre délégué à la présidence, chargé de la Défense et des Affaires étrangères en septembre 1965, le président français de l’époque, le général de Gaulle et son chargé des Affaires africaines, Jacques Foccart, décident avec un Léon Mba diminué par la maladie, de faire d’Omar Bongo l’héritier du pouvoir présidentiel. C’est de c’est seule décision que naîtra l’hégémonie présidentielle de la famille Bongo qui perdure toujours.

Un président sans légitimé électorale

Élu vice-président le 19 mars 1967 alors que Léon Mba n’est plus dans le pays pour cause de maladie, Omar Bongo devient président du Gabon grâce à une savante modification constitutionnelle introduite spécialement pour lui par la France en 1966. Celle-ci lui permettant de prendre la succession du chef de l’État, Léon Mba, en cas de vacance du pouvoir. Ce qui adviendra le 28 novembre 1967 avec la mort de Léon Mba, ce président très francophile qui mourut à Paris dans sa seconde patrie.

Le temps de prendre ses marques au pouvoir, Omar Bongo instaura très rapidement en mars 1968 le régime du parti unique qui lui permettra de n’avoir aucun adversaire pour la course à la présidentielle. Ainsi, candidat unique à ces élections, Omar Bongo remporta coup sur coup les présidentielles du 23 février 1973, du 30 décembre 1979 et du 8 novembre 1986. Trois présidentielles sans challenger !

Il faudra attendre 1990, à la suite d’une grève générale et une révolte des étudiants de Libreville, pour voir Omar Bongo renoncer à son régime présidentiel d’auto-puissance et le tronquer pour le tronquer en régime politique pluraliste. Durant donc les années 1967-1990, Omar Bongo a procédé à des exécutions publiques de ses opposants et autres détracteurs gênants. Des crimes d’Etat privés, restés eux impunis.

La clé de la victoire confiée à la Cour constitutionnelle

Contraint au pluralisme politique, Omar Bongo a dû reconstruire sa machine à gagner les présidentielles. Il érigea dès 1990, grâce là encore au soutien de la France, un système électoral et institutionnel lui permettant de gagner systématiquement toutes les présidentielles suivantes de l’ère multipartite. Pour cela, il confie la présidence de la Cour constitutionnelle à sa maîtresse Marie Madeleine Mborantsuo, chargée de débouter lors des contentieux électoraux ses adversaires.

Une machine à gagner bien rodée qui a eu raison des victoires des opposants Paul Mba Abessole le 5 décembre 1993, de Pierre Mamboundou les 6 décembre 1998 et 27 novembre 2005. Trois présidentielles toutes remportées par décision de la précieuse Cour constitutionnelle en faveur de l’homme fort du Haut-Ogooué.

Puis vint la mort le 8 juin 2009. Là encore, grâce au clientélisme mis en place pour le génie françafricain Omar Bongo, son régime ne s’écroule pas. Les rennes du parti et du pouvoir sont héritées par son fils Ali Bongo qui fait ainsi perdurer une hégémonie familiale qui a décidément encore de beaux jours devant elle.


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