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Désinformation entretenue

Non ! Mborantsuo n’a pas été « élue » à la tête de la Conférence mondiale sur la justice constitutionnelle


Analyse
  • Non ! Mborantsuo n’a pas été « élue » à la tête de la Conférence mondiale sur la justice constitutionnelle © 2017 D.R./Info241
Publié le 20 mars 2017 à 13h45min

Contrairement à ce que répète à l’envi plusieurs médias pro-gouvernementaux gabonais, Marie-Madeleine Mborantsuo n’a pas été élue à la tête de la Conférence mondiale sur la justice constitutionnelle (WCCJ, en anglais). Cette institution internationale a adopté dans ses statuts, le principe de rotation de la présidence de son Bureau entre ses 10 zones régionales et linguistiques. Il ne s’agit aucunement donc d’une reconnaissance d’un quelconque mérite de celle qui trône depuis 1993 à la tête de la Cour constitutionnelle gabonaise. Décryptage.

La page 3 de L’union de ce 20 mars

« Marie-Madeleine Mborantsuo, la consécration d’une dame à poigne », titre à nouveau ce matin nos confrères de l’Union, un journal privé et pro-gouvernemental gabonais. Notre confrère comme beaucoup d’autres, revient sur une "élection" sonnant comme la "consécration" de nombreux "mérites" de l’unique présidente qu’a connu la Cour constitutionnelle gabonaise depuis sa création. Une affirmation, loin d’être vraie. Info241, vous dit pourquoi.

La Conférence mondiale n’a pas de « Président » !

Ce qui faut tout d’abord savoir est que le titre que semble attribuer ces médias pro-gouvernementaux à Marie-Madeleine Mborantsuo n’existe même pas en l’espèce. Selon les statuts de cette structure consultable ici, la Conférence mondiale n’a pas de « Président ». Elle dispose par contre de trois organes : l’Assemblée générale, le Bureau et le Secrétariat. Son Assemblée générale est présidée par la Cour hôte du congrès.

Ce qui est vrai est qu’il existe au sein de la WCCJ, un Bureau. Ce Bureau a à sa tête un président désigné annuellement par ordre alphabétique anglais. Il n’y a donc ni élection, ni candidats qui s’opposent. La présidence de ce Bureau est le résultat du pur hasard alphabétique anglais comme le rappelle l’article 4.b des statuts : « La présidence du Bureau est assurée pendant un an par rotation entre les groupes régionaux et linguistiques participants suivant l’ordre alphabétique en langue anglaise »

C’est due à cette éventualité seule que Mborantsuo, présidente de la zone Afrique de la WCCJ, a hérité de cette présidence éphémère. Il n’y a donc aucune reconnaissance internationale du travail ou des mérites de Marie-Madeleine Mborantsuo comme veulent le crier les médias tels que l’Union ou AfricTelegraph, proches du régime gabonais.

De plus, une élection suppose des candidats qui s’affrontent et un lieu de déroulement du scrutin. Or les médias pro-gouvernementaux qui en ont fait leur choux gras, demeurent incapables d’indiquer quand cette "élection" a eu lieu et surtout où. Ce d’autant que la Conférence mondiale ne dispose pas de siège en tant que tel. Le Bureau de la Conférence mondiale sur la justice constitutionnelle a tenu sa 11e réunion à Venise (Italie) début mars, où il a discuté de la préparation de son 4e Congrès qui se tiendra à Vilnius (Lituanie) du 11 au 14 septembre 2017. C’est au cours de cette réunion que la rotation de la présidence a été actée.

Une campagne de désinformation

Ce qui faut savoir c’est que la présidente de la Cour constitutionnelle gabonaise souffre de son impopularité auprès de l’opinion. Elle avait par ailleurs souligné cet état de fait lors de la rentrée solennelle annuelle de son institution dernièrement à Libreville. Fort de cette infortune, le régime tente de redorer le blason d’une des ses plus fidèles pièces-maîtresses de son hégémonie à la tête du Gabon : Maire-Madeleine Mborantsuo.

Lire aussi >>> Mborantsuo crie son malaise de la crise post-électorale gabonaise

Le mérite et la reconnaissance ne s’obtiennent pas par voix de presse ou par la diffusion de fausses promotions mais par le dur labeur au travail et par la constitutionnalité des décisions de la chose jugée. La dernière décision de la Cour constitutionnelle, qualifiée de tour de Pise, a une nouvelle fois démontré le manque de rigueur éthique qui anime ses membres. Taxée de cour partisane et d’antre du régime, elle a confirmé son caractère "partisan" à rendre que des décisions favorables uniquement au régime.

La preuve de ce malaise national et constitutionnel est que le vainqueur désigné par la Cour, Ali Bongo, se voit obliger d’organiser un dialogue politique pour déminer les conséquences de cette reconnaissance institutionnelle toujours controversée. Un toilettage des institutions dont celle la Cour constitutionnelle, est d’ailleurs inscrit au menu de ce rendez-vous. Preuve s’il en fallait encore une, qu’elle dysfonctionne véritablement et mérite d’être toilettée et reformée pour plus de justice rendue aux justiciables et au nom du Peuple gabonais.


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