Portrait

Nazaire Boulingui Koumba, ce héros oublié de l’histoire du Gabon

Nazaire Boulingui Koumba, ce héros oublié de l’histoire du Gabon
Nazaire Boulingui Koumba, ce héros oublié de l’histoire du Gabon © 2020 D.R./Info241

Alors que ce lundi 18 mai 2020 marque le 36ème anniversaire de la disparition du général Nazaire Boulingui Koumba (1918-1984), la rédaction d’info241 rend un vibrant hommage à ce militaire accompli en lui dédiant le premier numéro de cette nouvelle rubrique intitulée « Fragments d’histoire ». Il aurait eu 102 ans aujourd’hui.

Naissance et parcours militaire colonial

Nazaire Boulingui Koumba est né au cours de l’année de la fin de la Première Guerre Mondiale précisément le 3 septembre 1918 à Nyanga-Vembè, district du chef-lieu de la province de la Nyanga. Très jeune, il s’intéresse aux armes et à l’art de la guerre et en grandissant, il s’aligne aux rites initiatiques traditionnels qui font d’un garçon un homme, rites qui visent à protéger le corps et l’esprit.

Des légendes concernant sa capacité de disparition ou celle d’avaler les balles sont peut-être liées à son appartenance et sa croyance aux pouvoirs des reliques et autres éléments en phase avec sa coutume ancestrale. Suite à l’injonction de l’administration coloniale relative à l’éducation et à l’enseignement, il est admis à l’école primaire de Tchibanga en 1928.

Il commence son service militaire en 1938 au bataillon des tirailleurs du Moyen-Congo, puis à Pointe-Noire et Madagascar. C’est lors de son retour à Libreville que la Seconde Guerre Mondiale débute : il part alors pour l’Europe direction l’Italie. A la fin de la guerre, après avoir rejoint son pays le Gabon, il est affecté de nouveau affecter au bataillon des tirailleurs du Moyen-Congo ensuite en France en 1946.

Sans repos aucun, il sera débarqué en Indochine pour permettre à la France de coloniser ledit pays. Durant cette énième mission périlleuse, il s’illustre en tant que chef de section dans une zone à haut risque puis il mène une offensive de contre-attaque avec pour objectif de sauver la région d’une importante prise d’otages. Sa tête est mise à prix par le sulfureux et historique chef du Viêt-Cong : HO Chi Minh. A la suite de cela, en 1950, il reçoit la plus haute distinction de l’armée française : la Palme de l’Armée. Blessé, il est rapatrié en France.

Itinéraire militaire au Gabon

En 1961, l’Etat gabonais décider de créer son armée nationale et Nazer Boulingui décidera de revenir au Gabon pour servir son pays. Il a pour première fonction, adjoint au commandant du 1er bataillon d’infanterie.

Ses campagnes le conduisent à Port-Gentil, Mouila, Oyem et Franceville. En 1962, il devient le responsable de l’Office des Anciens Combattants et Victimes de Guerre ; au cours de la même année, il devient lieutenant puis capitaine en 1963 et chef de bataillon en 1966. A 50 ans, il est nommé commandant du 1er régiment interarmé et chef d’état-major adjoint des Forces Armées Nationales Gabonaises (FANG).

Il est en consécration au tout début du mois de mars 1969 quand le président Albert Bongo le choisit pour être le chef d’état-major des FANG. Ensuite, il est promu colonel en 1970, général en 1971 et nommé commandant en chef des armées gabonaises, poste qu’il occupera jusqu’en 1976.

Fonction municipale et désir de retrait

Il est propulsé dans l’arène politique lorsqu’il est nommé maire de la commune de Tchibanga. Bien que ne disposant pas de budgets conséquents, il s’évertue à rendre sa ville salubre et commode. Homme influent et intransigeant, il inspire l’émoi et le respect mais il est tout de même très apprécié par ses administrés l’élevant au titre de Général d’armée. Ce qui n’est pas un pur hasard car depuis sa circonscription administrative, le président Bongo l’a promu à cet illustre rang et ceci en date du 1er novembre 1981.En 1984, il fait part à son entourage sa volonté de se mettre en retrait de la vie publique et d’écrire ses mémoires basées uniquement sur ses expériences de guerre.

Disparition

En 1984, il fait part à son entourage sa volonté de se mettre en retrait de la vie publique et d’écrire ses mémoires basées uniquement sur ses expériences de guerre. Le vendredi 18 mai 1984, le général Boulingui est victime d’un grave accident de la route au niveau du carrefour de la Fopi. Il décède après avoir été fauché par un bus.

La dépouille du défunt est ramenée le jour même pour Tchibanga ; s’en suivra un hommage populaire. Le mercredi 23 mai, ses funérailles sont célébrées, à l’église Saint-Joseph par l’évêque de Mouila, monseigneur Cyriaque Obamba. Enfin, il sera inhumé dans sa concession en présence de Léon Mebiame, Premier ministre, Emile Kassa Mapsi, Vice-premier ministre et Lubin Martial Ntoutoume Obame, président du conseil des municipalités.


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