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Reforme des bourses

Moukagni Iwangou se cache derrière des chiffres pour justifier sa reforme des bourses


Société
  • Moukagni Iwangou se cache derrière des chiffres pour justifier sa reforme des bourses © 2019 D.R./Info241
Publié le 9 avril 2019 à 07h46min

Le service après-vente de la future reforme des critères d’attribution des bourses au Gabon est pleinement assuré par le ministre de l’Enseignement supérieur. Dans une interview accordée ce lundi à nos confrères de l’Union, Jean de Dieu Moukagni Iwangou s’est littéralement réfugié derrière les statistiques de l’examen d’entré au supérieur pour justifier sa réforme controversée. Reforme qui ne cesse de faire grincer des dents et a déjà réussi à mettre les élèves dans les rues à travers le pays, ce même lundi.

Moukagni Iwangou est formel, sa reforme du décret n°404 sur l’attribution des bourses est juste et nécessaire, malgré le tollé suscité auprès des élèves, premiers concernés, et leurs parents. L’ancien opposant radical entré au gouvernement en mai 2018, se justifie par les statistiques issus du baccalauréat qui montrent par ailleurs que les autorités gabonaises veulent réduire drastiquement le nombre de boursiers qu’Ali Bongo avait pris soin de booster entre 2012 et 2017.

Pour le ministre, « les statistiques sont têtus, sur 65 641 candidats inscrits au baccalauréat en 2018, nous avons obtenu 37 723 mentions passables, 798 mentions assez bien, soit 12/20, et 28 mentions bien, soit 14/20 et plus ». Avant d’ajouter que « S’agissant de la note de 12/20, elle préfigure une ambition qui entend, face à la faiblesse du nombre, qui fragilise les bases du modèle économique gabonais, opposer la force de la qualité qui maîtrise les sciences où se trouvent les leviers du développement ».

Ce qui signifie qu’il s’agit bien là d’une mesure d’austérité guidée par des objectifs économiques de réduction de la dépense publique bien qu’il s’en défende. Car comme le rappelle le ministre, « le nombre de boursiers qui augmentait de 1 000 bénéficiaires en moyenne par année a triplé depuis l’année 2012, pour passer de 12 807 à 31 085 en 7 ans » grâce à une reforme introduite par Ali Bongo lui-même. Ainsi, ajoute Moukagni Iwangou « le coût [des boursiers, ndlr] a quadruplé pour atteindre le chiffre de 57 milliards à l’année », d’où la nécessité de cette reforme qui « tombe sous le sens ».

En clair, le président Ali Bongo a fait explosé le nombre de boursiers que le gouvernement, victime de la crise économique que traverse le pays, veut réduire drastiquement. Car les 57 milliards par an que coûtent à l’Etat les boursiers gabonais est jugé très élevé par le gouvernement qui cherche toujours des niches d’économie. On ne pouvait être plus précis. Les élèves, futurs victimes de la reforme, apprécieront ! Eux qui se sont levés ce lundi à travers le pays pour dire non au projet de reforme du ministre de l’Enseignement supérieur.


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