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Monarchie Constitutionnelle

Les résistants gabonais nord-américains dénoncent la révision constitutionnelle de 3M


International
  • Marie-Madeleine Mborantsuo, la présidente de la Cour constitutionnelle gabonaise, le 27 septembre 2016 à Libreville © STEVE JORDAN / AFP © 2018 D.R./Info241
Publié le 19 novembre 2018 à 14h06min

La décision inédite des membres de la très controversée Cour constitutionnelle de réécrire la Constitution gabonaise en confiant le gouvernail du dernier conseil des ministres au vice-président n’a pas fini de susciter des réactions. A ce sujet, la Coalition Gabonaise de la Résistance Nord-Américaine dénonce vertement la révision constitutionnelle promulguée par la belle mère du malade président, Marie Madeleine Mborantsuo. Lisez dans les lignes qui suivent l’intégralité du message de la diaspora gabonaise nord-américaine à l’attention du peuple gabonais, de la Cour et du Gouvernement gabonais.

Message à l’attention, Du peuple gabonais souverain, De la cour constitutionnelle, Du gouvernement gabonais, Nous, Citoyens gabonais de la diaspora des États-Unis, du Canada, de France, du Royaume-Uni, d’Allemagne, et du monde entier, mettons en garde la cour (in)constitutionnelle contre ce qui n’est autre qu’une énième violation flagrante des dispositions de notre Constitution.

Les Gabonais désabusés ont assisté, trop souvent, en spectateurs passifs, au théâtre d’une cour (in)constitutionnelle qui n’a cessé de fouler aux pieds la volonté souveraine du peuple. Une cour qui prend plaisir à opérer secrètement telle une vulgaire organisation mafieuse. Le Gabon croule désormais sous plusieurs décennies de déni du droit fondamental de son peuple à disposer de lui-même et notamment le droit inaliénable d’élire ses dirigeants. Des décennies honteuses ponctuées d’actes suffisamment graves pour qu’on ne les cautionne pas. Par conséquent, cette récente forfaiture ne saurait être davantage cautionnée.

Alors qu’on pensait avoir atteint le fond, voilà que la cour (in)constitutionnelle, laquais affidé d’un gouvernement illégitime, décide de se substituer au législateur, confirmant si besoin était, son inconstitutionnalité légendaire. Si la présidente de la cour parle d’une décision prise sur le fondement des articles 83 et 88 visant simplement à « trouver une solution provisoire qui n’a pas été traitée par la constitution ».

Le fait est qu’en décidant d’ajouter un alinéa à l‘article 13 de la constitution, elle se rend coupable d’une énième forfaiture ; la forfaiture de trop, celle qui annonce l’imminence et l’évidence d’un plan machiavélique ourdi pour préserver un pouvoir extorqué au peuple dans le sang, comme il est de coutume. Marie Madeleine Mborantsuo, nous savons quel a été votre rôle en 2009, nous connaissons le rôle plus important que vous avez joué en 2016 pour faire reculer la démocratie dans notre pays, et nous sommes conscients de ce que vous vous apprêtez à faire pour imposer une fois de plus au peuple souverain un nouveau pouvoir usurpé pour préserver les intérêts du clan Bongo Ondimba et ses sbires.

Nous vous en dissuadons fermement ! Le cas échéant, soyez prête à affronter l’opposition multiforme que nous vous imposerons. En dépit de l’opacité illusoire entretenue par le gouvernement, il apparaît désormais clair que l’état de santé de monsieur Ali Bongo préoccupe dans les plus hautes sphères de l’État. La circonstance appelle, c’est évident, au constat de la vacance du pouvoir suivant les termes de l’article 13 de la Constitution.

Ladite vacance constatée, le Président du Sénat exercerait provisoirement les fonctions du Président de la République ; et selon les termes du même article disposerait de (30) jours au moins et soixante (60) jours au plus après l’ouverture de la vacance ou de la déclaration du caractère définitif de l’empêchement, pour l’organisation d’une nouvelle élection présidentielle.

Malheureusement, comme à son habitude, la cour (in)constitutionnelle gabonaise, vient de procéder à un exercice de gymnastique juridique pour éviter la mise en application de l’article 13 suscité, pour des raisons qui échappent à l’entendement, à la raison et à l’éthique professionnelle qui lui incombent.

En effet, depuis le 24 octobre 2018, notre pays le Gabon se retrouve, de facto, sans président puisque l’état de santé de ce dernier ne lui a pas permis d’être saisi des affaires gouvernementales, encore moins de prendre les décisions essentielles à la gestion de l’état – le Gabon connait donc une situation de vacance du pouvoir présidentiel depuis cette date.

Toutefois, avec la complicité du gouvernement actuel, la cour (in)constitutionnelle, invente la notion d’« incapacité temporaire » et pousse le vice en se permettant de l’inscrire, en toute illégalité, dans la loi fondamentale gabonaise. Il est important de noter que, si la Constitution gabonaise délègue à la cour constitutionnelle le rôle d’interprétation de son texte en cas de lacune ou d’ambiguïté, elle ne lui permet absolument pas de la réécrire en quelle que circonstance que ce soit, encore moins lorsqu’il n’existe ni lacune ni ambiguïté, à l’instar des circonstances actuelles.

L’entêtement du gouvernement et celui de la cour qui lui est, on le sait, inféodée (eu égard aux liens consanguins, matrimoniaux de dame Mborantsuo avec Ali Bongo) ; cette obstination à faire fi de la réalité, de la loi, et de l’avis du peuple ne saurait être passée sous silence. Pour rappel, en octobre 2014, pas loin de chez nous, au pays des hommes intègres, ce fut l’annonce d’un tripatouillage similaire de la constitution qui provoqua l’ire et l’insurrection du peuple frère du Burkina Faso.

Les forces vives de la diaspora prennent à témoin la communauté internationale et le peuple gabonais et expriment ici leur rejet de cette modification (manipulation) inconstitutionnelle de notre loi fondamentale, tout comme elles réaffirment leur rejet de cette institution corrompue. Nous demandons purement et simplement la démission sine qua non de la présidente de la Cour Constitutionnelle du Gabon.

Son acte de se substituer au législateur et au peuple Gabonais souverain dans sa réécriture illégale la loi fondamentale n’est autre qu’un coup d’état constitutionnel et un acte de haute trahison. Ce rejet est ancré dans l’esprit de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1793 qui, en son article 35, énonce « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ».

Fort de cela, la diaspora gabonaise invite le peuple gabonais dans son ensemble, à manifester et à militer en faveur d’un rétablissement de notre Constitution et à faire échec au coup d’État permanent.

Coalition Gabonaise de la Résistance Nord-Américaine


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