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Polémique au Gouvernement

Les ministres Gabonais, au service d’Ali Bongo Ondimba ou de la République ?


Analyse
  • CR. Photo@Gabonreview © 2017 D.R./Info241
Publié le 12 février 2017 à 20h23min

Cette analyse du consultant sénior Petit Lambert Owono revient sur une polémique qui a défrayé la chronique cette semaine par médias interposés. Il agit de la querelle opposant Alain-Claude Bilie-By-Nze, Porte parole du Gouvernement à Bruno Ben Moubamba Vice-Premier ministre en charge de l’Habitat et du Logement. En effet, le porte parole du Gouvernement, lors de sa conférence de presse hebdomadaire, a accusé le Vice Premier ministre, qui l’a mal pris, de ne pas jouer « collectif », et lui a rappelé, l’impératif de la solidarité gouvernementale.

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Selon le dirigeant de la Société Gabonaise de l’Evaluation des Politiques Publiques, Petit Lambert Owono, si le Porte Parole du Gouvernement était en toute objectivité dans son rôle en rappelant les usages, ou les règles de fonctionnement gouvernemental, on peut toutefois observer que les services du Premier ministre n’ont pas bien interprété la sortie du Vice premier ministre sur son opposition à la radiation des enseignants grévistes.

Car, faut-il rappeler, que Bruno Ben Moubamba s’exprimait non pas en tant que Ministre de l’habitat, mais en tant que Vice-Premier ministre, un poste éminemment politique, acquis par amitié ou pour toute autre raison. Considérant donc la hiérarchie des normes, un Vice-Premier ministre ne peut en effet être tancé que par le Président de la République et par le Premier ministre.

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Mais là où le bas blesse, c’est lorsque le Vice-Premier ministre se donne à un mélange de genre, en affirmant s’être « engagé gratuitement à défendre les institutions et en priorité celle du président de la République, pour les principes, les valeurs et les normes de la Nation » et en accusant le Porte parole, Alain-Claude Bilie-By-Nze d’ami intéressé d’Ali Bongo.

A travers cette confession, il semble que BBM ne priorise que se rôle politique dans le gouvernement d’Issoze Ngondet, et fait fi de son rôle de metteur en œuvre des politiques publiques de la Nation. Or, en tant que ministre titulaire d’un portefeuille, BBM peut se faire tancer par les populations contribuables, à travers une forte mobilisation d’acteurs privés ou publics, une pression de l’administration, les différents organes de contrôle gouvernementaux, le parlement, la Cour des comptes, les médias, et bien entendu par ses collègues.

Aussi, si le choix d’un ministre dépend des critères subjectifs, son amitié avec Ali Bongo Ondimba par exemple, son action en revanche, doit être évaluée ex anté, à mi parcours et ex post, bref, continuellement. Avec comme première priorité l’accès au logement, devant l’éducation, l’emploi, et le désenclavement, défendre les institutions et en priorité celle d’Ali Bongo, est loin d’être une politique publique, ou la tasse de thé des Gabonais, mais comme le prétendent en effet ses détracteurs, une vraie caresse dans le sens du poil pour être maintenu plus longtemps au gouvernement.


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