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Vie politique

Les internautes gabonais brocardent l’ambition politique de Moubamba dans la Nyanga


Société
  • Bruno Ben Moubamba, le larbin providentiel d’Ali Bongo © 2017 D.R./Info241
Publié le 3 septembre 2017 à 13h56min

L’appétence politique pour la province de la Nyanga (sud est du Gabon) de Bruno Ben Moubamba, le très précieux troubadour providentiel d’Ali Bongo ne se réalisera pas en toute quiétude. En réaction à son post relayé à travers sa page officielle pointant son désir d’incarner le leadership politique en terre nynoise « pour le bien de son président », les internautes gabonais, natifs de cette région ont critiqué acerbement en tournant en dérision cette énième tentative de parachutage. Sans omettre de relever le caractère curieux et indigeste de la communication 2.0 du ministre gabonais, ancien farouche opposant du système Bongo-PDG dont il est devenu un valet viral et royalement assermenté.

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Sommes-nous en présence d’une crise des nerfs de sieur Bruno Ben Moubamba, ministre d’Ali Bongo en charge de l’Habitat et du Logement ou d’une méconnaissance criarde des usages, de méthodes et stratégies de communication 2.0 de l’ancien pourfendeur du système Bongo-PDG ? L’opposant tempéré s’est pourtant révélé au grand public en maniant ces canaux médiatiques pour diffuser ses joutes verbales acerbes contre le régime de Libreville. En effet, sa page officielle Facebook semble devenir un défouloir d’humeurs et d’incartades du théoricien de « la sorcellerie politique » et « d’un nouvel ordre urbanistique » gabonais qui tarde à prendre de l’envol.

Ainsi, après ses échecs cuisants aux présidentielles (2009 : 963 voix soit 0,28 % puis, 2016 : 1 896 voix soit 0,53%) assortis de sa désillusion dans l’essai éphémère de la présidence de l’Union du Peuple gabonais (UPG), sa déconvenue dans le département de la dola (Ngounié, au sud du Gabon) et sa tentative d’incarner une alternative politique dans l’opposition gabonaise, l’inapaisable Bruno Ben Moubamba s’est fixé un nouveau challenge, celui d’incarner le leadership politique dans la Nyanga dont il s’est souvenu dernièrement être originaire. Par quelle magie ? Avec quels procédés ?

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En réaction à la sortie publique du député démissionnaire du PDG, Jonathan Ignoumba qui l’a renvoyé à ses turpitudes et à son vagabondage politique assumés en affirmant qu’il ne sera jamais élu dans la province de la Nyanga, le natif du quartier de la gare routière n’a pas tenu garder silence. Le ministre d’Etat d’Ali Bongo, Bruno Ben Moubamba, très actif sur sa page officielle fourretout, a déclaré dans un style sui generis ce qui suit : «  Oh les parents bapounous et apparentés ... on se calme ! La Nyanga n’est à personne ! Je vous vois venir de loin et je suis au courant de tout ce que vous préparez au nom du mauvais cœur. Mais sachez que vous ne m’aurez jamais ! Signé BBM ». Du grand art sarcastique à la BBM. 

Comme l’oblige le principe interactionniste de ce réseau social, les commentaires des internautes ont fusé. Pour Fleur Beding, analysant les propos de Moubamba sous un angle psychologique, le VPM déchu fait assurément montre de symptômes psychiques délirants et de troubles mentaux. En indiquant précisément ce qui suit : « "Je vous vois venir de loin" : ce sera bien la première fois qu’il aurait une vision ! "Je suis au courant de tout ce que vous préparez au nom du mauvais cœur." Le délire de la persécution (ou délire paranoïaque) se caractérise chez un individu psychotique par l’impression d’être toujours victime. Le sujet atteint de psychose n’est conscient ni du désordre de sa personnalité ni de ses troubles mentaux ».

Pour Emmanuel Rodrigue Mevyann « BBM (Ndlr : initiale de Bruno Ben Moubamba), quand quelqu’un cherche sa propre mort avec la torche, il se comporte comme toi. Et d’ajouter, c’est bien malin ça Mr le ministre de trouver toujours un truc pour orienter tous les projecteurs sur soi. C’est tellement ridicule pour une personne qui est censée incarner des hautes responsabilités de l’Etat  ». Le nynois Ronald Ibouanga, n’est pas allé de main morte en dénonçant vertement l’ambition politique de Moubamba dans la Nyanga : « Maudit sois-tu, tu ne seras jamais élu chez nous. » Même son de cloche pour Jean Koumba, « Tu n’es pas la bienvenue chez nous, va ailleurs  » et pour Roland Mezui qui a invité l’ancien opposant radical du clan Bongo à « se présenter à Bongoville chez son ami temporaire (Ndlr : parlant de son homme providentiel Ali Bongo). Là-bas tu peux espérer atteindre 1% ». Wilfried Mousseliki n’en démord pas, il s’est interrogé sur le rôle joué par le ministre de l’Habitat et du Logement « Finalement tu es ministre de quoi de la comédie comme certains bapunu savent le faire ? C’est nul  ».

Enfin certains internautes ont relevé le manque de professionnalisme et de déontologie dans la gestion de la communication publique web 2.0 du ministre d’Etat, Bruno Ben Moubamba. Et Terlys Mihindou d’affirmer : « Sérieux qui gère cette page, pas sur que ca soit Mr le ministre si c’est vraiment le cas c’est de la débandade  » et Armand Deways Mag Mouanda de suggérer au ministre d’Ali Bongo d’éviter de se droguer : «  Il faut arrêter avec les Kobolos (Ndlr : « Kobolo », la célèbre drogue qu’utiliserait tant les braqueurs que de nombreux jeunes gabonais, comprimés de Tramadol Hydrocloride Tablet 250 mg qu’on administre aux malades mentaux) ». Enfin, Loïc Lepilanga d’avertir : « Si vraiment, c’est un community manager qui gère cette page, mais j’en doute fort, ce qu’il est très nul. Car la gestion de cette page officielle de BBM est épouvantable voire effarante pour une personnalité publique de ce rang ».

A y regarder de prêt, le larbin providentiel d’Ali Bongo, Bruno Ben Moubamba qui conçoit son parcours politique par des renoncements et des retournements de convictions défendus jadis semble être nostalgique de son trublion personnage qu’il a incarné plusieurs années durant. En se rendant complice du hold-up électoral et des massacres commis par le régime d’Ali Bongo pour s’imposer à la présidence gabonaise, après une fraude électorale grossière (dans le Haut-Ogooué), épinglée par la communauté internationale, Moubamba s’est vu gratifier de cette reconnaissance macabre en se faisant nommer ministre d’une République dictatoriale. L’Histoire le retiendra. Son feuilleton politique dans la Nyanga promet des ricochets et des cascades. Affaire à suivre donc !


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