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Crise post-électorale

Les dessous de l’éviction de la limitation des mandats présidentiels du dialogue d’Ali Bongo


Politique
  • Les deux chefs de délégation de l’opposition et de la majorité et la satisfaction d’Ali Bongo recevant les actes des Accords d’Angondjé © 2017 D.R./Info241
Publié le 9 juin 2017 à 12h29min

On en sait désormais un peu plus sur les négociations autour de la limitation des mandats présidentiels lors de la tenue du dialogue politique d’Ali Bongo à Libreville. C’est le nouveau président de l’Alliance pour la nouvelle opposition (ANO), Bonaventure Nzigou Manfoumbi qui en a donné les contours hier à la presse. Selon ce leader d’une des franges modérées de l’opposition gabonaise qui a pris part à ces assises, la Majorité aurait fait chanter la délégation de l’opposition sur ce point.

Alors que la limitation des mandats présidentiels était la mesure la plus attendue du dialogue politique convoqué durant deux mois par Ali Bongo à Angondjé, l’opposition aurait fléchie sur ce point en raison d’un chantage sur fond de statut quo que voulait laisser planer la délégation d’Ali Bongo sur cette question cruciale.

Le nouveau président de l’ANO hier, lors de son intronisation

Selon Bonaventure Nzigou Manfoumbi, élu hier à la tête de l’ANO que dirigeait jusque-là le Vice-Premier ministre d’Ali Bongo, Bruno Ben Moubamba, face à l’intransigeance de la Majorité « ’ou on laissait la CENAP telle quelle, ou on laissait les gouverneurs proclamer les résultats dans leurs bureaux, ou on choisissait des éléments de transparence qui fondent la démocratie dans notre pays ».

Ainsi, c’est donc la Majorité emmené par le Emmanuel Issoze Ngondet qui aurait bloc sur ce point pour sauvegarder leurs acquis et l’hégémonie du parti au pouvoir. Elle aurait donc fait un chantage manifeste sur cette attente des populations gabonaises visant à permettre une présidence à vie du pays, comme ce fut le cas pour Omar Bongo qui décéda au pouvoir après 42 ans de règne sans partage.

La Majorité ne voulait pas de verrous institutionnels pouvant mettre un terme à leur hégémonie qui perdure depuis 1968. C’est face à ce chantage que les représentants de l’opposition n’auront eu d’autre choix que de faire le choix d’améliorer le processus d’annonce des résultats aux mains jusque-là du ministère de l’Intérieur dont on sait la connivence et la fidélité sans cesse renouvelée au régime au pouvoir.

Rappelons que la limitation avait été plébiscitée à la quasi-unanimité par les participants de la phase citoyenne qui avait précédée celle politique. Par la seule volonté de la majorité au pouvoir, ce point manquera donc aux actes de ces accords dit « Angondjé ». Les participants de la phase citoyenne devront faire avec tout comme l’ensemble de leurs propositions éludées par les « professionnels » de la chose politique au Gabon.


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