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Constitution monarchique

Le projet de révision constitutionnelle d’Ali Bongo, un danger pour la République gabonaise !


Politique
  • Le projet de révision constitutionnelle d’Ali Bongo, un danger pour la République gabonaise ! © 2017 D.R./Info241
Publié le 1er novembre 2017 à 11h58min

Faut-il à ce point être illettré pour ne pas comprendre que souscrire au projet de révision constitutionnelle présenté lors du Conseil des Ministres du 28 Septembre 2017 équivaut pour les membres du Gouvernement à se mettre soi-même la tête sur le billot pour une exécution en règle. Pathétique ! Dans cette tribune libre, Gabon Démocratie, mouvement citoyen de la diaspora gabonaise de France qui œuvre pour l’alternance démocratique et la vérité des urnes du 27 août 2016 pointe à nouveau la dangerosité de ce projet de révision constitutionnelle qui s’il est voté à l’état consacrera l’enterrement de l’essence républicaine de la nation gabonaise et la sacralisation d’une monarchie présidentielle sous Ali Bongo.

Par quel spectre, autre que l’illettrisme les gabonais doivent-ils envisager l’incompétence notoire de cette "équipe de fins limiers" du bord de mer. Illettrisme dont il faut rappeler qu’il décrit l’état de ceux dont l’instruction scolaire notamment n’a pas permis la maîtrise de la lecture et de l’écriture. il faut vraiment ne pas comprendre ce qu’on lit pour accepter, en tant que Premier Ministre notamment, le nouveau statut que conférera la constitution révisée au Gouvernement.

Décapitation institutionnalisée du Premier Ministre et marginalisation outrancière du Gouvernement, allégeance au souverain tout-puissant, la liste des incongruités juridiques et constitutionnelles du rapport d’Agondjé s’allonge. pour aboutir à un changement du régime : la monarchisation du Gabon ! Ainsi, la réforme de l’actuel article 8 de la Constitution prévoit que désormais le Président de la République, seul représentant du pouvoir exécutif dispose à ce titre du pouvoir suprême qu’il ne partagera plus avec le Premier Ministre. Loin d’être une simple manipulation rhétorique, cette nouvelle formulation emporte de graves conséquences dont "l’émasculation du Premier Ministre.

Puisque que le Premier Ministre est évacué du pouvoir exécutif et de toute forme de partage avec le Président de la République par la nouvelle rédaction des articles 8 et 28 de la Constitutions, il perd l’ensemble de ses attributions constitutionnelles prévues aux articles 28 à 34 de la Loi Fondamentale (contreseing des actes du Président de la République, nomination ministres, pouvoir réglementaire en application de la loi..). Mais il est une responsabilité particulière dont la perte emporte des conséquences allant-au-delà du pouvoir exécutif.

Ainsi les articles 28 et 28 a) de la Constitution imposent la responsabilité du Gouvernement devant le Président de la République et devant l’Assemblée Nationale. Cela s’organise notamment, s’agissant de l’Assemblée Nationale par un discours de politique générale du Premier Ministre, chef du Gouvernement devant les représentants du peuple pour soumettre à ces derniers, et donc au Peuple, la politique qu’il entend mener. Il doit ainsi obtenir le vote de confiance.

Dans un cadre classique l’Assemblée Nationale élue au suffrage universelle, qui fait et vote la loi, consent l’impôt, contrôle la politique de l’exécutif, conforte le Président de la République et permet la mise en œuvre de son programme. Dans ce cas, le vote de confiance est une formalité puisque exécutif et députés sont de la même majorité. Cependant dans des cas exceptionnels, le Peuple, par défiance à la politique menée par l’exécutif, peut élire une majorité d’opposition. C’est le contexte qui a vu naître la pratique de la cohabitation sous François Mitterrand. Plutôt que de démissionner, ce dernier a nommé une personnalité issue de la nouvelle majorité parlementaire.

Cela s’explique par le vote de confiance soumis par le Premier Ministre devant l’Assemblée Nationale et qui est obligatoire au Gabon en vertu de l’article 28 a) de la Constitution. En refusant la confiance au Premier Ministre, les députés entraînent la chute de ce dernier. Il est dès lors impensable qu’un Président dont le parti politique a perdu la majorité à l’assemblée, qui refuse de démissionner et nomme un nouveau Premier Ministre, en présente un qui risque à coup sûr de ne pas avoir la confiance des députés. Il se retrouve donc dans l’obligation de nommer une personnalité issue de la nouvelle majorité pour que soit accordée la confiance au Gouvernement et maintenir la stabilité des institutions.

Toutefois, si l’on se réfère à la révision de l’article 8 de la Constitution, le Premier Ministre, perd toute responsabilité devant l’assemblée nationale. Ainsi, il n’est plus responsable que devant le Président de la République il n’est plus soumis au vote de confiance. L’Assemblée perd donc son rôle prépondérant dans la stabilité institutionnelle et ne donne plus aucune légitimité au Premier Ministre qui ne doit plus sa vie et sa survie qu’au seul Président de la République. En d’autres termes, Premier Ministre et députés sont les victimes collatérales mais consentantes de cette réforme ubuesque de la Constitution.

Peut-être les électoralistes comprendront-ils enfin que la participation aux élections législatives, dans le Gabon d’Ali Bongo Ondimba est une hérésie. D’abord par ce que ce dernier n’a pas hésité à faire couler le sang des compatriotes pour assurer son pouvoir, ensuite parce que les institutions chargées de ces scrutins lui sont totalement acquises, et surtout, parce que, dans le cadre des réformes d’Agondjé, Premier Ministre et Assemblée Nationale sont des tonneaux vides sans prérogatives ni influence dans la conduite de la politique de la Nation. En d’autres termes, la cohabitation formellement prévue dans les réformes de l’article 28 de la Constitution n’est que chimère, fumisterie. Un mot creux !

Compte-tenu de tout ce qui précède, les gabonais doivent s’interroger sur ces illettrés qui les gouvernent. Députés, Sénateurs, Ministres, une bande d’incompétents qui donnent au bourreau la corde pour se faire pendre ! Emmanuel Issoze-Ngondet, en portant ce projet de réforme quant à lui en définitive signé

Un contrat à durée indéterminée de « dame pipi » du bord de mer !

La soi-disant opposition qui a participé au dialogue et qui publie maintenant des mea-culpa à tir-larigot, comment est-elle sortie de ces assises sans mot dire ? Certainement par illettrisme aussi. Et les électoralistes qui manœuvrent en coulisses dans le vain et absurde espoir de prendre la Primature pour assouvir quel qu’orgueil surdimensionné devraient arrêter de se compter les poils du nez ou d’envoyer des flèches empoisonnées.

Ils devraient unir leurs voix aux concert des condamnations de la révision de la Constitution et s’activer pour empêcher sa formalisation. Car il faut le rappeler, soutenir cette révision, tout comme participer aux élections législatives, c’est reconnaître la légitimité d’Ali Bongo comme Président du Gabon. Or du fin fond de Moulengui-binza, aux dernières tours de Bruxelles, d’aucuns savent qu’Ali Bongo Ondimba a perdu le scrutin présidentiel du 27 août 2016. Illettrisme ou manque de patriotisme, la sanction pour les ennemis de la République sera la même !

Avec Gabon Démocratie


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