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Monarchie Constitutionnelle

Le philosophe Alain au monarque gabonais Ali Bongo : « Tout pouvoir sans contrôle rend fou »


Politique
  • Le philosophe Alain au monarque gabonais Ali Bongo : « Tout pouvoir sans contrôle rend fou » © 2017 D.R./Info241
Publié le 8 novembre 2017 à 20h43min

Le projet de révision constitutionnelle n’a pas fini de faire couler d’encre en livrant toutes les aberrations despotiques que souhaitent faire inscrire le monarque Ali Bongo dans la Loi fondamentale gabonaise. A l’image des poupées russes se dévoilant les unes après les autres, selon l’analyse du Collectif Gabon Démocratie, la réforme de la Constitution admise par Issoze Ndgondet et son gouvernement despotique, pour asseoir la monarchie de leur régime vise la mise à mort de l’esprit et de la lettre des institutions fondant la République et particulièrement ceux qui les président. Décryptage.

Le silence des Institutions Gabonaises ( Cour Constitutionnelle, Gouvernement, Assemblée Nationale, Sénat, Cour des Comptes ...), lors de la sanglante attaque du QG de celui qui a recueilli le plus grand des suffrages universels exprimés le 27 août 2016 par le peuple gabonais, qui se présente à juste titre comme Le Président élu de la République gabonaise, Jean Ping a plus que jamais démontré que les tenants de ces administrations ne les envisagent que par le prisme de leurs avantages personnels obtenus dans la souffrance et la déchéance du peuple gabonais.

Trop occupés qu’ils étaient à organiser la paupérisation du peuple, ils n’ont pas vu agir" l’ennemi de la République ", le monarque Ali Bongo, dans leur propre camp. Car en n’en pas douter, si la dernière arme du dictateur gabonais, à savoir le projet de révision constitutionnelle entend enfermer la population gabonaise dans une monarchie absolue et sanglante, elle organisera aussi la chute des titulaires en charge des institutions qui jusque là tenaient la République, au seul profit du prochain roi tropical. Qui inaugurera le trône présidentiel jupitérien ?

De sorte que le projet de révision constitutionnelle n’est au final qu’un leurre permettant d’amener les bêtes à l’abattoir. Silence résigné ou bêtise des concernés, le résultat est le même ! Cour Constitutionnelle, Gouvernement, assemblée nationale ...se retrouvent tels des moutons sacrifiés sur l’autel des ambitions démesurées et ubuesques du prochain Empereur gabonais Ibubu 1er. L’Assemblée Nationale et la Cour Constitutionnelle sont particulièrement concernées.

Vers la fin de la députation représentative du peuple

Dans son discours du 04/11/2017, fustigeant une reforme anachronique et rétrograde, le Président de la République Jean Ping dénonce la fin de la séparation des pouvoirs .L’expression est grave, mais plus graves en sont les conséquences car comme l’écrivait le penseur politique Montesquieu dans L’esprit des lois :" Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir ".

Ce principe constitutionnel fondamental, socle de toute démocratie moderne, vole en éclat notamment par la révision des art.8 et 28 de la Constitution. Sans revenir sur les détails, qui feront désormais d’un Premier ministre, notamment le valet de service Franck Emmanuel Issoze Ngondet et tous ses successeurs des « dames pipis du palais du bord de mer » (si les Gabonais n’arrêtent pas ce projet de révision constitutionnelle). Il est urgent de rappeler les conséquences sur le pouvoir législatif. Défini comme le pouvoir de faire et voter la loi, et également tributaire d’une mission de contrôle de l’action du pouvoir exécutif. Il s’agit à travers ses prérogatives d’associer le peuple dans les moments de l’action publique et politique du régime. Mais au Gabon, l’Assemblée Nationale a trop souvent fait la preuve de son inefficacité, voire de son inutilité dispendieuse.

Il faut notamment préciser pour le comprendre, l’accablant constat dressé par Guy Nzouba Dama, ancien occupant du perchoir qui dénonçait peu de temps avant sa démission, la production législative qui provenait à plus de 50% du pouvoir exécutif au point que l’Assemblée nationale n’était devenue qu’une simple chambre d’enregistrement des caprices d’Ali Bongo, de Maixent Accrombessi et de leur suite de valets gouvernementaux. Dans ces conditions, comment s’étonner que Mborantsouo, puisse à deux reprises sans émotion aucune des concernés, proroger les mandats des députés alors que ces derniers ne détiennent leurs mandats, selon l’art.35 de la Loi Suprême, que par le suffrage universel direct et donc du peuple gabonais.

On est en présence d’individus libres et responsables uniquement devant le peuple tous les cinq ans qui par simple bêtise et cupidité, vendent de leurs propres initiatives, se mettent en servitude lorsque d’autres, sous d’autres cieux, préservent leur liberté électorale comme le trésor républicain qu’elle est. La bêtise et la passivité de ’’l’architecte éclairé’’, sieur Richard Auguste Onouviet et de ses sous fifres inconstitutionnels de l’Assemblée Nationale, semblent avoir atteint leur paroxysme à l’égard du régime.

Laissez mourir La République - Quelle stupidité morbide !

C’est dans cette logique que s’inscrit la reforme constitutionnelle qui fait officiellement du parlement une coquilles vide ! Le premier ministre étant exclu du pouvoir exécutif selon la nouvelle mouture constitutionnelle prévue, il ne peut donc plus être soumis au vote de confiance que pose l’art.28 a ). Or ce vote de confiance constituait un véritable ascendant parlementaire sur le pouvoir exécutif. Il n’ y a que les illettrés de l’hémicycle gabonais qui ne l’ont pas compris ! 

En outre, les pouvoirs de contrôle désormais restreints aux seules actions du gouvernement et non plus du pouvoir exécutif comme aujourd’hui, perd également toute signification puisque s’il n’y a plus de vote pour donner toute légitimité au gouvernement. De fait , la motion de censure , qui sanctionne l’exécutif ne se justifie plus .Dès lors cette prérogative est donc appelées à disparaître. C’est une simple question de cohérence institutionnelle .

Aussi, une assemblée nationale, non plus élue mais nommée par une Cour Constitutionnelle , qui ne fait plus la loi mais attend par paresse et commodité les lubies et incongruités juridiques venues du bord de mer et pilotées par le tristement célèbre professeur de droit nommé par Omar Bongo, après avoir brillamment échoué au Cames, Guy Rossanga Rignault, qui ne contrôle plus le pouvoir exécutif mais qui vote malgré tout ce projet de révision constitutionnelle est en réalité un troupeau de moutons fonçant dans un ravin !

En sus, cette bêtise est encore plus grave et malsaine, lorsqu’elle encourage les parlementaires, surtout les président des chambres à fermer les yeux sur le scandale démocratique qu’est la mise en cause par une autorité judiciaire incompétente d’un sénateur, exprimant ses opinions politiques dans le cadre de ses fonctions. Qui est assez naïf pour penser que cette violation de l’immunité parlementaire s’arrêtera à la seule personne du courageux Républicain Sénateur Monsieur Jean Christophe Owono Nguéma ? 

Toutefois, la nigauderie est une valeur institutionnelle au Gabon dont la palme revient à la Cour Constitutionnelle présidée par Marie Madeleine Mborantsouo. A la différence du lézard qui se sachant non comestible reste méfiant, Marie Madeleine, certaine de sa toute puissance entant qu’impératrice de la Cour n’a pas vu se retourner contre elle, la supercherie du monarque Ali Bongo. En signant de ces deux mains, la validité de ce projet de révision constitutionnelle, Marie Madeleine, croit avoir toujours l’ascendance sur les institutions gabonaises.

En effet, la position de garant du bon fonctionnement des institutions que lui confère l’art.83 de l’actuelle Loi Fondamentale ainsi que les prérogatives, notamment en matière électorale et de constitutionnalité des lois, l’ont placé de fait  au dessus de toutes les institutions. Rien ne peut se faire sans ou contre Marie Madeleine Mborantsouo au Gabon, d’où son excès de confiance qu’il lui a permis entre autre, d’imposer son fils " Fabrice Andjoua Bongo Ondimba à la tête de la Direction Générale du Budget et des Finances Publiques, de réclamer des sommes exorbitantes en pleine période électorale ...

les leviers de pression au bénéfice de l’Impératrice de la Cour sur le monarque-président sont nombreux et importants, d’autant qu’à ce jour, elle dépend "judiciairement" de la Haute Cour de Justice comme Ali Bongo. Ce dernier ne peut donc actionner cette juridiction d’exception à l’encontre de sa belle- mère sans craindre une réplique cinglante de celle- ci. Ali Bongo et Marie Madeleine Mborantsouo, les lecteurs l’auront compris, se tiennent par la barbichette. Cependant, la révision constitutionnelle change complètement la donne et modifie considérablement le rapport de force en conférant au monarque Ali Bongo la capacité juridique de nommer deux tiers des conseillers de la Cour Constitutionnelle, contre un tiers aujourd’hui. Il aura donc plus d’obligés à sa solde quel que soit les malversations financières dont pourraient leur faire bénéficier l’actuelle présidente de la Cour Constitutionnelle.

Mais le meilleur est à venir. En imposant la Haute Cour de Justice pour sa seule personne, et en soumettant les présidents et vices présidents des corps constitués ainsi que les membres du gouvernement à la nouvelle Cour de Justice de La République dont il est le principal pourvoyeur de membres ( 7 sur 13 ) le monarque, une fois n’est pas coutume, fait un coup de maître au nez et à la barbe de tous et particulièrement de la présidente de la Cour Constitutionnelle. Quel jeu de jambes !

L’illusion est parfaite ! En imposant sa seule personne à la tête de l’exécutif gabonais, il justifie l’idée qu’il doit être le seul à dépendre de la Haute Cour de La Justice . Dès lors, la création d’une nouvelle juridiction d’exception s’impose d’elle à tous : La Cour de Justice de La République . Pourquoi pas  ? ! Il ne s’agirait que d’un déplacement de curseur . Et puisque la Haute Cour de Justice n’a jamais été saisie par Ali Bongo pour l’un de ses affidés, il n’est pas de raison que la Cour de Justice de la République soit mise à l’épreuve dans un avenir plus ou moins proche pour connaître des malversations, vicissitudes et turpitudes des membres de la galaxie Émergence.

Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes... c’est du moins ce que les intéressés croient. Mais c’est sans compter sur l’esprit retord de l’homme et sa volonté farouche d’être seul, incontesté , incontestable, intangible et inébranlable à la tête de la magistrature Suprême Gabonaise. Ainsi, grâce à cette toute nouvelle Cour de Justice, le monarque Ali Bongo, pourra à loisir, déférer comme il l’entend tous les récalcitrants du pouvoir en commençant par Marie Madeleine pour se prémunir de ses sempiternels chantages ; cela d’autant plus que celle -ci tire sa légitimité non pas de lui mais d’Omar Bongo. C’est un héritage qu’il ne peut et ne veut plus assumer.

On entend déjà les bruissements du serpent mamba se diriger vers la Cour Constitutionnelle. La morsure n’est plus ... Et les justifications ne manqueront pas !  : Détournements de fonds publics, exercice illégale, mandat dépassé, association de malfaiteurs, abus de confiance, enrichissement illicite et la liste est longue. Les sources d’inquiétude sont réelles pour Marie Madeleine Mborantsouo, d’autant que l’histoire contemporaine africaine a souvent démontré que les auteurs de coup d’Etat se débarrassent souvent de leurs complices. La présidente de la Cour Constitutionnelle "Tour de Pise’’, Marie Madeleine ne l’avait pas compris car trop occupée à se délecter du sort macabre imposé aux gabonais.

Dans ce cas, Ali Bongo pourra se parer de la loi, de la Constitution révisée et de la nécessité qui lui est imposée à changer de pratiques en prétextant malicieusement vouloir lutter contre la corruption au Gabon. Selon l’auteur et activiste ukrainien Vasyl Symonenko « Il n’ y a rien de plus terrible qu’un pouvoir illimité dans les mains d’un être borné » comme c’est le cas présentement en terre gabonaise. A l’instar du peuple gabonais, les illettrés cupides et affamés de la République devraient le comprendre à leur dépend car la mise en œuvre de la révision constitutionnelle frappera aussi bien le citoyen lambda que les très proches collaborateurs du monarque tristement Ali Bongo. Tous sont désormais prévenus, à bon entendeur....  !

Avec Le Collectif Gabon Démocratie


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