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Corruption policière

Le Gabon va enfin lutter contre le racket routier entretenu par les forces de police


Société
  • Une opération de contrôle routier des forces de police nationale, ici à Akanda © 2018 D.R./Info241
Publié le 7 juin 2018 à 12h42min

Longtemps décriée par les riverains, les autorités gabonaises ont enfin décidé de s’attaquer à la corruption qui gangrène l’action des agents de police. C’est ce que souligne un communiqué officiel de la préfecture de police de Libreville à l’endroit des usagers de la route, pour tenter de tordre le coup à une pratique devenue banale au fils des ans et des plaintes sans suite des automobilistes.

C’est nouveau ! Désormais, les policiers gabonais ne devront plus percevoir eux-mêmes les amendes infligées aux automobilistes. La préfecture de police de Libreville qui s’attaque enfin au phénomène de racket qui gangrène ses agents, a décidé de réagir en mettant sur pied une nouvelle fiche de contravention et de délit.

Le spécimen de cette nouvelle fiche de constat

En effet, la préfecture de police indique dans un communiqué parvenu à la rédaction d’Info241 : « En vue de lutter contre le racket, la Préfecture de Police de Libreville informe les populations de la mise en place de nouvelles fiches de Constat de contravention identifiables selon l’Unité de Police verbalisatrice ».

Cette nouveauté qui va certainement réjouir les usagers de la route, s’accompagne de garde-fou pour lutter, une fois encore, contre le faux dont pourrait se rendre coupable les forces de l’ordre. La préfecture souligne en effet qu’"Au moment de leur délivrance aux usagers, celles-ci devront être impérativement signées et cachetées d’un timbre sec sans lequel elles n’auront aucune valeur".

Le cachet sec permettant d’identifier une vraie fiche de constat

Ainsi après avoir été verbalisé, « les contrevenants s’acquitteront de leurs amendes soit au Trésor Public, soit à la Préfecture de Police de Libreville ». C’est donc la fin des amendes qui finissent dans les poches des agents de police longtemps décriés par les organisations syndicales de transporteurs qui avaient annoncé une grève d’avertissement dès ce lundi contre ce phénomène policier et la hausse du prix du carburant.

La préfecture de police qui compte ainsi mettre fin au paiement d’amende sur la voie publique rappelle que « tout contrevenant qui outrepassera cette mesure, sera passible de poursuites judiciaires pour corruption active » pour les usagers et pour corruption passive pour l’agent verbalisateur. Et ce « conformément aux articles 144 et 146 du code pénal gabonais » qui jusque-là n’étaient respecté de personne.


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