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Découverte

Le Francevillien abriterait le plus ancien gisement d’uranium de la planète


Technologie
  • Le Francevillien abriterait le plus ancien gisement d’uranium de la planète © 2016 D.R./Info241
Publié le 21 décembre 2016 à 08h55min

C’est ce qui ressort d’une étude publiée le mois dernier dans le prestigieux American journal of science. Une équipe de chercheurs internationaux a analysé les sédiments très bien conservés du bassin de Franceville (le francevillien situé au sud-est du Gabon) en utilisant différentes techniques (géochimie, minéralogie, sédimentologie et pétrographie). Leur conclusion est sans appel, Franceville abrite le plus ancien gisement d’uranium connu.

Début novembre 2016, une équipe de recherche franco-américaine supervisée par le géologue français Abderrazak El Albani, a livré ses conclusions sur l’étude qu’elle menait sur le Francevillien. L’étude met en évidence la genèse des plus anciens gisements terrestres d’uranium. Ces gisements se seraient formés dans le bassin de Franceville après la première augmentation des teneurs en oxygène atmosphérique qui s’est déroulée entre 2,3 et 2 milliards d’années. Au cours de cette période cruciale de l’histoire terrestre, les fluctuations des teneurs en oxygène auraient favorisé à la fois le lessivage de l’uranium depuis ses roches hôtes puis son accumulation.

Le Pr Abderrazak El Albani

Une découverte dont s’est réjoui Ali Bongo, originaire de cette province qui constitue son bastion électoral naturel. Ce d’autant que l’étude avait reçu le soutien de la Présidence gabonaise, du Centre national de la recherche scientifique et technologique (CENAREST), de l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN), de l’Institut gabonais de l’image et du son (IGIS), de l’Institut français du Gabon, et en France de la Région Nouvelle-Aquitaine et du Ministère des Affaires étrangères et du Développement international.

Répartition spatio-temporelle des faciès sédimentaires francevillien

Les chercheurs ont ainsi pu mettre en évidence, dans les sédiments situés à proximité immédiate des gisements, la présence de faciès rouges oxydés (Red-bed), laquelle témoigne d’une augmentation du taux d’oxygène atmosphérique en amont de la formation de ces gisements. Ils ont également pu montrer que, vers 2.083 milliards d’années, lors de la première chute significative de la teneur en oxygène atmosphérique ayant suivi sa première augmentation, l’uranium libéré a pu alors précipiter, ce qui a favorisé sa minéralisation et par conséquent la formation des plus anciens gisements d’uranium.

En montrant que les variations du taux d’oxygène ont eu des répercussions importantes sur le cycle biogéochimique d’un élément sensible aux conditions d’oxygénation, l’étude confirme que la période du Paléoprotérozoique a été décisive pour l’histoire de notre planète.

Le Francevillien est une série stratigraphique du bassin de l’Ogooué. Datée du Paléoprotérozoïque, il présente la particularité d’être exclusivement constitué de roches sédimentaires et de n’avoir été affecté par aucun processus métamorphique, contrairement à ce que l’on observe généralement dans le monde pour les roches de cette époque. Les roches du Francevillien affleurent sur une surface d’environ 35 000 km2.


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