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Crise post-électorale

Le déni de réalité du ministre gabonais, Moubelet-Boubeya, passé au crible


Analyse
  • Le déni de réalité du ministre gabonais, Moubelet-Boubeya, passé au crible © 2017 D.R./Info241
Publié le 2 août 2017 à 14h05min

A l’occasion d’une conférence de presse tenue le 28 juillet à Libreville, qualifiée d’hallucinante par les journalistes gabonais et étrangers présents, organisée par quatre ministres gabonais et le secrétaire général du gouvernement, membres de l’incorrigible MOGABO : Alain-Claude Billie-By-Nzé, Blaise Louembé, Simon Ntoutoume Emane, Ali Akbar Onanga Y’Obégué et Pacôme Moubelet-Boubeya plusieurs contre-vérités ont été essaimées. Mais l’une des plus surprenante est celle exprimée par l’ancien ministre de l’Intérieur, actuel ministre des Affaires étrangères du Gabon qui a affirmé sans sourciller « qu’il n’existe pas d’impacts de balles sur les murs du QG de Jean Ping ». Faisant preuve d’un déni de réalité qui suscite plusieurs réactions dans l’opinion gabonaise.

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Dans la nuit du 31 août 2016 après que Pacôme Moubelet-Boubeya, ministre de l’Intérieur qu’il était avait prononcé des résultats encore controversés donnant vainqueur Ali Bongo, avec un taux de participation à la soviétique dans la province du Haut-Ogooué, suite à l’élection présidentielle du 27 août 2016, une contestation citoyenne dont les images ont été révélées au monde entier s’est mise en marche. En effet, les partisans de Jean Ping qui était donné vainqueur sur 7 provinces sur 9 rêvèrent d’une alternance démocratique exprimée dans les urnes et ils s’étaient rassemblés comme partout ailleurs au sein du QG de leur candidat favori pour célébrer la victoire.

Ils ont été surpris par une attaque macabre à l’arme lourde d’un commando cagoulé bardé d’un hélicoptère de la garde républicaine qui avait pris d’assaut les rues de Libreville et le QG de Jean Ping. Voici relatés les faits, rien que les faits qui se sont réellement déroulés dans la nuit du 31 août jusqu’au 2 septembre 2016. En voulant effacer de sa mémoire ces faits connus et reconnus par l’opinion nationale et internationale, le ministre des Affaires étrangères, Pacôme Moubelet-Boubeya manifeste sans doute un trouble mental et comportemental. Son déni de la réalité en dit long sur son état d’esprit et pathologique actuel.

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Tout comme Ali Bongo, Pacôme Moubelet-Boubeya et ses amis du MOGABO reconverti, doivent-ils être internés urgemment dans un centre psychiatrique ? S’est interrogé un psychanalyste universitaire gabonais, spécialiste de troubles mentaux, «  Il s’agit pour le cas de sieur Moubelet-Boubeya d’une négation par le fantasme" et d’une "négation par actes et paroles". La négation par actes qu’il fait montre relèverait du déni, la négation en paroles correspond plutôt à la dénégation. Car comment comprendre qu’il puisse s’aveugler consciemment d’une telle réalité patente à toutes les personnes qui ont un mental stable ».

Ce qui a fait réagir plusieurs citoyens outrés par cette déclaration dont Marc Ona Essangui, leader de la société civile libre gabonaise « Le groupe des ministres du MOGABO se croit peut-être invincible, immortel au point de cracher sur les morts du 31 août. Est ce que Moubelet, ministre des affaires étrangères réalise que nous sommes à l’ère du numérique et des réseaux sociaux ? Comment un membre d’un gouvernement qui se veut crédible et sérieux peut dire des mensonges aussi grossiers que les propos de Moubelet-Boubeya sur l’attaque du QG de Jean Ping ? Écoutez jusqu’ à ce passage où il affirme qu’il n’y a pas d’impact de balles au QG de Jean Ping. Il est normal ce type  ? ».

Dénier des faits à l’instar de l’expression d’Ali Bongo et de son exalté Pacôme Moubelet-Boubeya, constitue, poursuit le psychanalyste gabonais, « une double négation et se rapproche de désaveu ou de démenti des faits, et en allemand va jusqu’à évoquer Verleugneug, "ce qui n’est pas arriver, non advenu". Le déni est l’action de refuser la réalité d’une perception perçue comme dangereuse ou douloureuse pour le moi. (Les mécanismes de défense). Le déni protège le moi en mettant en question le monde extérieur, par opposition au refoulement qui effectue un travail similaire mais en faisant basculer à l’intérieur cette même réalité intolérable qui se trouve alors intégrée ».

Avant d’expliciter sa démonstration en ces termes : « Le déni exprimé par le régime d’Ali Bongo plus symptomatiquement par Pacôme Moubelet-Boubeya engendre, lui, une absence de conflictualité, puisqu’il fait coexister au sein du moi deux affirmations incompatibles, qui se juxtaposent sans s’influencer. En prenant appui sur le clivage, il donne au moi la possibilité de vivre sur deux registres différents, mettant côte à côte, d’une part, un "savoir" et de l’autre, un "savoir-faire" infirmant ce savoir, sans lien entre les deux. On se trouve ainsi dans une sorte d’en-deçà du conflit, une suspension de tout jugement généralement effectuée face à la perception d’un manque, d’une absence, d’une perte pourtant évidents aux yeux du monde environnant  ».

Rappelons que le déni de la réalité assorti d’un déni de démocratie, symptômes pathologiques en présence dans l’attitude d’Ali Bongo et de ses soutiens depuis le 31 août 2016 est un terme employé à partir de 1924 par Sigmund Freud dans un sens spécifique : mode de défense consistant en un refus par le sujet de reconnaître la réalité d’une perception traumatisante. Ce clivage est à distinguer de la division qu’institue dans la personne tout refoulement névrotique. Face à la réaction de déni de démocratie et de réalité d’Ali Bongo, de ses alliés du MOGABO en l’occurrence Pacôme Moubelet-Boubeya et de certains gradés de l’armée et de la police gabonaise, sommes-nous en face de névrosés, des troublés psychiques devenus par une erreur de l’histoire au cœur du pouvoir présidentiel dans une République à la stabilité jadis enviée en Afrique ?


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