Vie des institutions

Le mandat du bureau sortant du CGE prolongé jusqu’à l’éradication du Covid-19 au Gabon !

Le mandat du bureau sortant du CGE prolongé jusqu’à l’éradication du Covid-19 au Gabon !
Les membres du bureau sortant du CGE posant avec le ministre de l’Intérieur lors de leur installation le 2 mai 2018 © 2020 D.R./Info241

C’est la décision insolite prise par la Cour constitutionnelle gabonaise le 15 juin dernier. Le mandat des 7 membres actuels du bureau du Centre gabonais des élections (CGE) dont le mandat a expiré le 2 mai dernier, a été prolongé jusqu’à la fin de la pandémie coronavirus. Ainsi en a décidé la haute cour, après la saisine de l’ancien Premier ministre Julien Nkoghe Bekale qui soulevait le cas de force majeure pour la tenue d’une nouvelle élection de renouvellement des membres du CGE.

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Moïse Bibalou Koumba, l’actuel président du CGE et ancien assistant à la Cour constitutionnelle, peut garder le sourire. La Cour constitutionnelle gabonaise dirigée par Marie Madeleine Mborantsuo, a décidé dernièrement de prolonger son mandat à la tête de cette institution jusqu’à « une date fixée après la levée des mesures barrières arrêtées par le gouvernement pour faire face à cette pandémie ». Autrement dit jusqu’à ce qu’il n’ait plus de pandémie de coronavirus au Gabon.

L’OMS indiquant que la pandémie de Covid-19 sera longue et que le gouvernement gabonais ne saurait lever l’obligation de respecter les « mesures barrières » si la pandémie n’est pas totalement éradiquée, le bureau du CGE est donc assuré de demeurer en fonction durant de très longs mois. Une décision plutôt incongrue, révélée après que plusieurs voix se soient élevées pour dénoncer la violation de l’article 12g de la loi 7/96 du 12 mars 1996 relative aux élections politiques dans notre pays. Plutôt que de s’adapter à la survenue du coronavirus dont l’issue est incertaine, les autorités gabonaises préfèrent jouer les prolongations.

Selon la loi, le renouvellement du bureau du CGE devait être réalisé au plus tard le 1er avril, soit un mois avant la fin du mandat légal de Moïse Bibalou Koumba et de son bureau. Et le fait que la Cour constitutionnelle ait rendu sa décision le 15 juin, montre bien le peu d’empressement du gouvernement et de la haute cour à respecter à la lettre les textes et lois qui fondent notre République. La crise sanitaire liée à la pandémie de coronavirus étant devenue une excuse royale à l’inaction institutionnelle et à l’immobilisme.

Rappelons que le Centre gabonais des élections (CGE), créé sur les cendres de la défunte Commission électorale nationale autonome et permanente (CENAP), est la nouvelle entité en charge de l’organisation des élections politiques au Gabon. D’où les tensions que cette institution suscite car étant l’organe clé de toute victoire électorale au Gabon.


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