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Imbroglio gouvernemental

La sortie du MOGABO et la formation d’un nouveau gouvernement divisent le camp d’Ali Bongo


Politique
  • La sortie du MOGABO et la formation d’un nouveau gouvernement divisent le camp d’Ali Bongo © 2017 D.R./Info241
Publié le 3 août 2017 à 12h31min

Au firmament d’une crise post-électorale qui paralyse tous les secteurs clés du Gabon, sommes-nous devant une nouvelle impasse politique au sein du camp d’Ali Bongo ? En effet, depuis la conférence de presse des membres du gouvernement, tenanciers du MOGABO recyclé, plusieurs réactions des membres de la mouvance présidentielle ont fustigé ce qu’ils qualifient de « dérapage » « d’une mystification politique ». Ce qui crée tous ces remous est sans doute la course effrénée aux portefeuilles ministériels, la formation du nouveau gouvernement après le dialogue politique qui visait un apaisement utopique est en préparation.

Alors qu’il est annoncé qu’une seconde conférence de presse des membres du Mouvement gabonais pour Ali Bongo (MOGABO) se tiendrait ce jeudi 3 août 2017 dans un hôtel de Libreville, « leurs déclarations intempestives » décriées ne finissent pas d’attiser la polémique au sein du camp d’Ali Bongo, entre les acteurs dialogueurs qui ont œuvré pour le dialogue d’Agondjé et ceux qui sont dans la garde rapprochée du palais du bord de mer depuis 2009. Ces derniers voient d’un mauvais œil les nouveaux arrivants, les néo-opposants et leur probable nomination au sein du nouveau gouvernement tant attendu par les opportunistes politiques de tous bords.

Après les déclarations des membres du MOGABO, la sortie du secrétaire général du PDG, Faustin Boukoubi n’a fait que mettre du feu aux poudres, les qualifiant d’indisciplinés et les accusant « d’agir pour leurs propres intérêts ». Tout en rappelant à l’ordre membres des insatiables « cadres » du MOGABO, entre autres, Alain-Claude Billie-By-Nzé, Blaise Louembé, Simon Ntoutoume Emane, Ali Akbar Onanga Y’Obégué et Pacôme Moubelet-Boubeya, porte-parole du mouvement. « Le comportement des uns et des autres, je le connais. Ce n’est pas la première fois que des PDGistes s’amusent à contourner le parti officiel. Le parti a plusieurs cadres et plusieurs catégories de cadres. Il y en a qui sont plus disciplinés que d’autres. Il y en a qui agissent en fonction de leurs propres intérêts » a décrié vertement le ménestrel Boukoubi.

Un militant du PDG indigné s’exprimant sur ces déchirures internes, n’est pas allé de main morte « ce qui est sur, nos cadres du PDG et du gouvernement nous ont tous déçu. Il faut avoir le courage d’un jeune militant que nous sommes pour l’accepter... C’est comme si dire : défendre le président Ali Bongo est devenu un fond de commerce pour atteindre vos objectifs. Nous autres remarquons depuis un moment que la crise économique, vous domine vous les hommes de la gestion de l’Etat. Et comme les nominations arrivent, chacun sort son petit scénario ou la danse du ventre pour convaincre le patron ».

Un autre jeune militant du PDG scandalisé, n’a pas pris de gants en affirmant : « Le problème au Gabon pour être clair actuellement, c’est vous. Lorsque je fais le tour pour me renseigner chez les autres jeunes du parti pour savoir ce qu’ils ont compris du message de notre SG, Faustin Boukoubi, ils me disent tous clairement qu’ils n’ont pas compris eux aussi. Parce-que lorsque le SG sort pour parler, il doit s’adresser à ses militants que nous sommes, et son message doit être clair pour que les militants que nous sommes sachons la conduite a tenir face a une situation ».

Sur la chaîne à la solde du régime d’Ali Bongo, Télé Africa, un plateau spécial a été organisé pour analyser cette sortie du MOGABO, le trublion Jonathan Ndoutoume Ngome, porte-parole de Démocratie nouvelle (parti de René René Ndemezo’Obiang) a fustigé cette action en ces termes : « J’ai regardé la déclaration du groupe qui s’est fait appeler les cadres du parti, ils n’ont plus pris l’appellation du MOGABO...compte tenu du contexte politique actuel, est-ce que cette déclaration était opportune. D’abord qui parlait ? Quels sont les acteurs qui parlaient ? Est-ce les membres du gouvernement ? Auquel cas ce n’est pas leur rôle qui consiste à mettre en œuvre le programme politique de leur champion. Leur rôle n’est pas d’attiser la polémique. Et dans le contexte actuel, je ne pense qu’il soit nécessaire d’avoir un langage de va-t-en-guerre... ».

Tout ce charivari médiatique a pour unique fondement les combats internes pour se tailler une part belle dans le nouveau gouvernement en préparation. Et ce voulant noyer l’épine dorsale de la crise post-électorale généralisée, le manque de sincérité des résultats des élections présidentielles du 27 août 2016. Le sempiternel coup d’état-électoral foulant au sol l’expression du suffrage universel du peuple gabonais qui a exprimé une énième fois un désir d’alternance politique au sommet de l’Etat après 50 ans du règne Bongo-PDG. On prend les mêmes vielles recettes machiavéliques qui ont montré toutes leurs limites cinquantenaires et on recommence. Pour quelle finalité ? Affaire à suivre.


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