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La jurisprudence sarkozyste et hollandaise bientôt applicable à Macron grâce aux Africains ?


Analyse
  • La jurisprudence sarkozyste et hollandaise bientôt applicable à Macron grâce aux Africains ? © 2018 D.R./Info241
Publié le 21 février 2018 à 10h30min

Il est un fait de l’histoire qui semble s’appliquer aux deux derniers présidents de la Vème République française y compris à celui qui est en plein exercice, Emmanuel Macron ; ils n’apprennent pas grand chose des changements sociologiques qui ont lieu dans le monde et surtout en France sous leur mandature.

Autant la France a longtemps décidé de politiques mises en place dans ses anciennes colonies, autant les citoyens expatriés de ces pays colonisés ont voix au chapitre quant au choix de l’exécutif français. C’est ici le sens même de la dialectique du maître et de l’esclave prôné par le philosophe allemand Hegel.

Le mépris continuel de l’Africain

Jacques Chirac loin de lui faire des éloges a su s’adapter aux réalités africaines bien que continuant la politique mise en place par De Gaulle. Elle consistait à toujours piller l’Afrique. Or, ses deux successeurs Nicolas Sarkozy et François Hollande ont brillé par un mépris sans commune mesure pour l’homme africain francophone.

Le premier a commencé par qualifier l’Africain de" l’homme n’étant pas suffisamment entré dans l’histoire", a imposé Ali Bongo aux Gabonais, a décidé de la mort du colonel Mouammar Kadhafi enfin du vol de la réélection de Laurent Gbagbo pour le mettre en prison à la Cour pénale internationale (CPI). Victime d’une justice de pacotille, Gbagbo croupit à la Haye.

Le deuxième susmentionné, François Hollande, après avoir qualifié l’élection d’Ali Bongo comme n’étant pas démocratique a fini par être son ami. On a assisté à un rétropédalage des plus spectaculaires dans l’espace francophone du XXIème siècle.

Les dictateurs d’Afrique à qui il évitait de rendre visite chez eux étaient plutôt reçus avec rangs et prérogatives des chefs d’État « élus démocratiquement » à l’Elysée ou dans des conférences de haut niveau, présidées, par l’Hexagone.

Cela dit François Hollande dans une Afrique francophone truffée des dictateurs n’a pas eu le cran d’inquiéter qui que ce soit au point où il s’en est allé en laissant les peuples africains, ceux dont son élection avait suscité un vent d’alternance politique, sur leur faim. Il a laissé une Afrique francophone sans paix ni guerre.

Une attitude autodestructive

Par conséquent, cette attitude hypocrite de ces présidents français vis-à-vis des Africains leur a été fatale au moment de l’hypothèse d’un second mandat.

Sarkozy qui n’avait pas satisfait aux aspirations du peuple français paraissait être le prototype d’un bandit des romans policiers aux yeux des Africains qui voyaient en Hollande le socialiste qui imposerait la démocratie comme jadis avec François Mitterrand dans les années 90. Une part importante des Africains avaient voté pour le changement

Conscient de n’avoir pas tenu sa promesse de donner du travail aux Français, il fut poussé vers la porte de sortie par celui-là même qu’il avait fait premier ministre Manuel Valls, par Emmanuel Macron son dauphin et par les lobbies du CAC40.

La défaite de François Hollande aurait été très cuisante s’il s’était présenté pour un autre mandat parce que son impopularité battait tous les records de la Vème République. Les Franco-africains attendaient François Hollande pour lui rendre la monnaie de sa pièce mais Manuel Valls qui s’était présenté aux primaires a finalement été « valsé » à sa place.

Les primaires de la gauche étaient composites car à part les français d’origine il y avait un fort arsenal des binationaux du berceau de l’humanité qui avaient un compte à régler à tous les socialistes qui avaient été complices d’Hollande dans le mépris de l’Africain et son refus à plus de démocratie en Afrique traduit par son laxisme.

Ce fut le même son de cloche du côté de la droite où les Gabonais par exemple suivaient Nicolas Sarkozy dans sa campagne pour lui rappeler tout le mal qu’il leur avait fait en imposant Ali Bongo en 2009 à la tête de leur pays.

Risque d’une jurisprudence préjudiciable pour Macron

Les Africains de France ont finalement décidé de ne plus être les victimes des décisions politiques françaises qui leur imposent des présidents non choisis par eux. Ils votent en France et choisissent ceux qui sont le moindre mal pour leur pays d’origine.

Par ailleurs, cette vision des choses seraient rendue possible à cause d’une forte communauté africaine qui se multiplie, issue de l’immigration économique ou politique. Cette immigration serait en grande partie l’une des conséquences des politiques colonisatrices dictées par la France à ses anciennes colonies.

Partant de ce postulat, le risque à court terme est le Grand Remplacement, concept développé par Renaud Camus en 2011. Il consisterait à voir la majorité de la population française être substituée par celle venue d’Afrique sur son territoire dans un avenir très proche pour des raisons très évidentes ; vieillissement de la population, baisse de la natalité, prolifération de l’homosexualité, zoophilie etc. C’est de là où la chute de la « grand France » pourrait assurément s’engager.

Au regard de cette analyse, on comprend fort bien que si Emmanuel Macron, avec l’aide de Mohammed VI et Paul Kagamé, feint d’ignorer les aspirations des peuples africains francophones à plus de liberté, de démocratie et d’alternance politique en maintenant par une complicité tartufe Ali Bongo, Faure Gnassingbé, Joseph Kabila au pouvoir, alors qu’ils ont été vomis par leur peuple cela risquerait de lui être fatal dans sa quête pour un deuxième mandat à la tête de l’exécutif français.

Finalement, je ne pense pas que l’alternance dans certaines colonies d’Afrique francophone dépende de ce que la France veut ou pas, mais parce qu’elle s’est rendue à l’évidence de ce qu’elle ne peut plus forcément faire ce qu’elle veut. Il en est de même pour ses présidents.

Par Roland OLOUBA OYABI, commissaire national aux finances et biens du 7MP


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