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Orthodoxie financière

La gestion peu orthodoxe du GIMAC épinglée dans un rapport interne


Economie
  • Valentin Mbozo’o, le directeur général du GIMAC © 2018 D.R./Info241
Publié le 20 mars 2018 à 13h35min

En 2012, la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) créa le Groupe interbancaire monétique de l’Afrique Centrale (GIMAC) aux fins de mettre en place une nouvelle plateforme monétique centrale. Depuis les résultats se font toujours attendre. Ce qui n’empêche pas l’institution monétique d’être minée par la gestion peu orthodoxe portée par son directeur général, le Camerounais Valentin Mbozo’o. C’est ce que le révèle un rapport d’audit interne réalisé par la Direction générale du Contrôle général, que s’est procuré la rédaction d’Info241.

GIMAC, une exception camerounaise

Il faut le dire, le GIMAC est un exemple à part parmi les instances de la BEAC. L’organisme est à la fois basée au Cameroun dans les locaux des services centraux de la BEAC à Douala, et dirigé par un Camerounais en la personne de Valentin Mbozo’o. A cette curiosité peu commune pour une institution sous-régionale censée promouvoir les cadres de 6 Etats membres, le précieux directeur du GIMAC serait peu scrupuleux à respecter les règles d’orthodoxie financière.

C’est en tout cas, ce que révèle un audit plutôt accablant pour celui qui dirige l’institution financière depuis sa création le 4 juin 2012. Selon le document de 24 pages que nous nous sommes procuré, « les organes de pilotage ne disposent pas d’outils suffisants pour assurer un contrôle raisonnable de l’activité du Directeur Général ». Pire, plusieurs marchés passés par le GIMAC n’auraient pas respectés l’insoluble règle d’appel d’offres requise en zone CEMAC (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale).

Des contrats de gré à gré

Pour l’étayer, l’audit commandé par la BEAC qui s’est déroulé durant près de deux mois entre septembre-novembre 2017, évoque en illustration « le marché de construction du site de secours à Douala, d’un montant de 388 millions de Francs CF A, a été passé par une procédure de gré à gré ». La règle voudrait en effet, selon le code des marchés de la BEAC, que tout marché d’un montant supérieur à 5 millions soit le résultat d’une procédure d’appel d’offres. Une procédure que semble méconnaître l’actuel patron du GIMAC.

Et l’audit d’ajouter : « l’outil de gestion budgétaire utilisé par le GIMAC ne permet pas d’empêcher les dépassements de crédits alloués ». Ou encore que « l’émission des bons de commande est concentrée entre les mains du Directeur général ». Des incriminations que Valentin Mbozo’o a accepté la pertinence et promis de corriger. Ce qui n’empêche pas ses détracteurs de regarder d’un œil accusateur le train de vie princier que s’est offert le DG depuis son arrivée à la tête du GIMAC.

Une trentaine de problèmes à conjurer

Le document qui évoque 35 problèmes à corriger en urgence, laisse songeur sur l’objet même de cette institution censée aider à une bancarisation plus rapide et surtout à moindre coût pour les entreprises, leurs employés ainsi que les particuliers. Rappelons que l’organisme monétique est financé par la BEAC et par toutes les banques de détail de la CEMAC, y compris donc les 10 banques du Gabon, 14 au Cameroun, 4 en Centrafrique, 10 au Congo, 4 en Guinée équatoriale et 8 au Tchad.

Le GIMAC a pour objet la définition du cadre réglementaire et sécuritaire ainsi que les aspects d’interopérabilité de la monétique dans la CEMAC et d’une manière générale, toutes les opérations commerciales, industrielles et financières, mobilières et immobilières compatibles avec le statut de GIE, pouvant se rattacher directement ou indirectement à l’objet social ou à tous les objets similaires ou connexes.


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