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Hommage à JABO

L’ancien président du Parlement gabonais, Jules Bourdès Ogouliguende célébré à Paris


International
  • L’ancien président du Parlement gabonais, Jules Bourdès Ogouliguende célébré à Paris © 2018 D.R./Info241
Publié le 19 avril 2018 à 18h19min

Les hommages à l’illustre fondateur du Congrès pour la démocratie et la justice (CDJ) ne cessent de se multiplier marquant la tragique perte d’un homme à l’action inestimable. En effet, l’ancien président de l’Assemblée nationale gabonaise Jules Aristide Bourdes Ogouliguendé (JABO), décédé le 26 mars à Libreville, a reçu vendredi dernier à Paris un hommage à l’Assemblée nationale française. Sous les auspices de l’ONG Actions Gabon, présidée par la fille du défunt, Ghislaine Brahime née Regnongo avec la précieuse collaboration d’Hugues Renson, Vice-président de l’Assemblée nationale, une cérémonie républicaine solennelle marquée par la présence d’anciens ministres, cadres, diplomates, et associations diasporiques de France, Belgique a été organisée dans une annexe du Palais Bourbon en l’honneur de JABO.

Pour l’homme de Loi et le faiseur de justice qu’était JABO dans un État gabonais où la démocratie et les valeurs républicaines sont chancelantes voire inexistantes, l’annexe du Palais Bourbon baptisé du nom du très renommé Jacques Chaban-Delmas, située au 101 rue de l’Université dans le 7ème arrondissement de Paris, où se tiennent les Commissions des parlementaires français ne pouvait être que le lieu indiqué où un vibrant hommage lui a été rendu. Jusqu’à sa dernière demeure, le choix de ce lieu symbolique de la fabrique des lois de la République française collera à la peau du premier magistrat du Gabon. Ce, en présence de William Hodgson, attaché parlementaire d’Hugues Renson, Vice-président de l’Assemblée nationale française, député LREM de la 13ème circonscription de Paris.

C’est donc M. Hodgson en lieu et place du député M. Renson, que la cérémonie a été ouverte, dans une salle bondée d’invités de marque venus de tous les horizons. Dans son propos liminaire, l’attaché parlementaire a souhaité relevé l’importance de cette cérémonie en soulignant le caractère trans-partisan de l’événement. « Un moment de communion républicaine entre la France et le Gabon pour rendre un hommage au parlementaire engagé pour la démocratie qu’a été M. Ogouliguendé  » a-t-il dit. Ceci, en vue de saluer la riche mémoire de l’illustre disparu engagé pour les valeurs universelles républicaines et des droits de l’homme, combat affermi partant de Paris (les indépendances africaines, en passant par Lille (marche panafricaine contre la mort de Lumumba) jusqu’au Gabon (contre le monopartisme vétéran dans les années 90 du pluralisme politique) combats menés par Jules Aristide Bourdes Ogouliguende.

Reprenant la parole, Gregory Tankes, maître de cérémonie de la circonstance, chargée de communication du mouvement Fédéralitude internationale fondé par José Mené Berre, a planté le décor en insistant sur le symbole républicain que revêt l’honorable disparu, sans omettre le combat politique pour la justice et la démocratie, ADN du défunt ancien président du Parlement gabonais. C’est ainsi, que plusieurs personnalités dont la porte-parole de Jean Ping, Mme Mengue M’Eyaà, les anciens ministres Alfred Mabika Mouyama, Charles M’Ba et Alfred Nguia Banda, ancien dirigeant du Conseil Gabonais des chargeurs, ont tenu à lui rendre un ardent hommage assorti d’une symbolique d’homme d’Etat et républicain assermenté que JABO a été à travers des témoignages poignants résumant des pans de sa vie.

Hommage des hauts cadres gabonais à JABO au sein du Parlement français à Paris

D’abord, l’expérimentée plume journalistique Mme Mengue M’Eyaà, ancienne journaliste d’Africa n°1 et présidente du Mouvement civique du Gabon a rappelé la symbolique du lieu de cette cérémonie d’hommage où des hommes et femmes politiques français comme Jean Jaurès et Simone Weil ont marqué de leurs empreintes des évolutions sociales. « C’est le lieu du souvenir, de la démocratie et de la justice  » a-t-elle martelé. L’ex secrétaire générale adjointe de la confédération nationale des radios libres (CNRL) en France a rappelé l’homme de culture enracinée dans son pays, mais aussi très ouvert au savoir culturel occidental qu’a été Jules Aristide Bourdes Ogouliguende, notamment la place importante qu’il a occupée dans la communauté Oroungou.

C’est la raison pour laquelle nous gabonaises, a affirmé la féministe gabonaise « sommes très sensibles au fait que le vice-président de l’Assemblée nationale, Hugues Renson, et le Président François de Rugy, nous aient permis de rendre hommage en ce lieu à un ancien Président de l’Assemblée nationale gabonaise, l’Assemblée nationale française, qui symbolise le pouvoir législatif et un des pouvoirs déterminants dans toute démocratie. Nous les en remercions . Sait-on par exemple que les écrits de Jean-Jacques Rousseau et d’Olympe de Gouge – rédactrice de la déclaration des droits de la femme et de la citoyenne - sont conservés à la bibliothèque de l’Assemblée ? Sont aussi conservés à l’Assemblée nationale une partie des documents de la Commune de Paris ».

, Mme Mengue M’Eyaà, présidente du Mouvement civique du Gabon

Tout en ajoutant :« C’est aussi dans ce lieu où les démocrates gabonais, en premier lieu Jean Ping, le président élu du Gabon, Guy Nzouba Ndama ont été reçus par Claude Bartolone, ancien Président de l’Assemblée nationale, et aussi par Elisabeth Guigou, alors Présidente de la commission des Affaires étrangères de l’Assembleé nationale dans la législature précédente. L’Assemblée nationale française ,est donc bien le lieu où l’on peut se souvenir de ce qu’est la démocratie et de ce qu’elle pourrait être au Gabon , malgré le despotisme qui y règne. L’évocation de JABO est aussi un hommage à cette démocratie que nous aimerions connaître et que nous admirons en France ».

Aujourd’hui au Gabon, s’est indignée l’ex membre du conseil fédéral du Parti socialiste en Seine-Saint-Denis, qui a quitté le PS en raison de la politique africaine du pouvoir socialiste à l’endroit de l’Afrique centrale, « on meurt de tout, on ne meurt de rien ! Ainsi a-t-on appris la disparition subite de Jules Aristide Bourdès Ogouliguende à l’âge de 80 ans.comme cela malgré les soins qu’ont tenté d’apporter les excellents médecins de la Clinique Chambrier. Jules Aristide Bourdès Ogouliguende, c’était une personnalité du groupe des myénés d’abord, plus précisément des Orungus, dont il était un des piliers majeurs. En effet, il était né aux confins des trois contrées d’eaux des lagunes et delta de NDOUGOU, d’ETIMBOUÈ et de BENDJÈ, comme l’a dit Marc Ropivia. Il avait fait partie de ces générations qui avaient suivi des études poussées, un doctorat en droit, puis une formation de magistrat de l’ordre judiciaire à l’École Nationale de la Magistrature en France. C’est toujours curieux, un magistrat au Gabon dans un pays sans droits ! ».

Sans omettre de souligner qu’il a été le premier magistrat gabonais formé à l’école de la magistrature de Paris, « un homme de justice dans un Gabon, pays sans droit ni lois et où l’état de droit est anéanti depuis plus de 50 ans  ». Mais aussi, l’ancienne conseillère spéciale du député-maire Pierre-Louis Agondjo Okawé a relevé la lucidité de JABO dans l’analyse de la crise post-électorale de 2016, en pointant l’embrigadement des institutions dites républicaines par la monarchie du système Bongo-PDG.

Ensuite, Alfred Nguia Banda, docteur en droit pénal et en sciences criminelles, fondateur du Rassemblement républicain et socialiste, exilé à Paris pour son engagement pour l’alternance démocratique au Gabon, a brossé quant à lui le parcours intellectuel et académique exemplaires de l’ancien président du Parlement gabonais qui a fait ses études de droit dans la même faculté que lui, à l’Université de Montpellier 1.

L’ancien secrétaire général du Fonds National pour l’Habitat « a remercié les autorités françaises de permettre qu’un hommage aussi symbolique soit rendu à l’insigne honneur du très honorable trépassé  ». L’ex directeur général de la Société gabonaise d’entreposage de produits pétroliers (SGEPP) a rappelé à l’assistance que le professeur Bernard Durand, doyen de la Faculté de droit et de sciences économiques de l’époque a toujours considéré JABO comme « un brillant étudiant gabonais qui faisait la fierté de l’intelligentsia africaine ».

Alfred Nguia Banda prononçant son hommage à JABO

Puis, le docteur en économie Alfred Mabika Mouyama, ex P-DG de La Poste gabonaise, ancien ministre du Tourisme, de la Planification, s’est axé sur des anecdotes qui respiraient le vécu et les souvenirs partagés avec le président défunt du CDJ. L’élu de Mouila a partagé avec l’auditoire une des missions d’Etat en Italie à Rome plus précisément en compagnie de JABO. Pour le natif de Dissiala, «  Celui que nous rendons hommage au sein du Parlement français avait le génie d’un regard d’autrui et surtout celui de susciter un éveil de l’âme dans son for intérieur ».

Alfred Mabika lors de son discours d’hommage à JABO

Tout en illustrant la dimension spirituelle de l’homme vantant nos traditions au prisme des us, symboles et reliques de la Basilique de Saint Pierre au miroir des symboles et traditions Bwiti. L’ancien ministre du Commerce et de l’Industrie n’a pas manqué de souligner la vision de l’industrialisation et de l’investissement de JABO dans un Gabon en construction. Tout en affirmant « l’acharnement patriotique » du défunt notamment sur le projet d’usine de sel qui devait être installé à Port-Gentil (capitale économique du Gabon)  » et son orthodoxie financière quand il s’agissait de voter le projet de loi budgétaire sous la présidence de la législature qu’il a dirigée.

Pour sa part, dans son hommage, l’ancien ministre des Finances gabonaises, Charles M’Ba, a rappelé à l’assistance : « qu’au cours des échanges que j’avais avec lui, M. OKALIMAMBO, le dernier chef coutumier Mpongwè et Benga de Libreville me rappelait souvent de ne négliger aucun signe. Bien que nous soyons dans l’enceinte de la république laïque, permettez-moi de relever que l’office religieux pour la mémoire de M. Jules Aristide Bourdes Ogouliguendé a été célébré en l’église ST Augustin. St Augustin, un évêque africain, docteur et père de l’église catholique, et par conséquent dépositaire de la loi chrétienne, mais aussi docteur en philosophie de la connaissance et en sémantique. La loi et la sémantique, deux repères quasiment consubstantiels à la nature de celui pour lequel nous rendons cet hommage. Voilà une première coïncidence symbolique ! ».

Charles M’Ba durant son speech en hommage à JABO

L’Assemblée nationale française quant à elle, a précisé l’ex DG des Marchés publics du Gabon « est le cœur de la fabrique de la loi française, c’est le lieu de matérialisation de la volonté générale du peuple français ! Nul autre endroit que le siège de votre prestigieuse institution ne devrait être plus agréable pour le magistrat que nous honorons aujourd’hui. C’est pour cela que je joins ma voix à tous mes amis pour vous exprimer notre profonde gratitude pour le geste amical que M. le Président de l’Assemblée nationale adresse à l’ensemble du peuple gabonais, au-delà même de M. Ogouliguende, un magistrat, sorti de l’Ecole nationale de la magistrature de Paris ! ».

Avant d’insister sur le symbole de cet hommage qui doit être Républicain et patriotique : « Nous voulons, nous devons rendre hommage à M. Ogouliguendé car il est une figure marquante de notre pays. Et pas seulement ! Les nombreux témoignages reçus du monde entier indiquent qu’il s’agit d’un homme de très grande qualité, humaine et professionnelle. Au-delà de cette reconnaissance qui suscite une fierté collective, il est indispensable que nous nous interrogions sur ce que nous pouvons, sur ce que nous devons apprendre de lui, de sa vie, de ses convictions, de ses valeurs, de ses principes et aussi de sa vision pour notre pays. Quelle trace laisse-t-il, quelle marque laisse-t-il parmi nous et qui nous aident écrire une meilleure histoire pour notre pays, qui nous aide à construire un meilleur avenir pour notre pays ? En somme en quoi est-il exemplaire ? ».

L’ex sénateur du Woleu dans son propos de circonstances a réaffirmé que : « M. JABO fût un Homme de loi, homme de principes dont les valeurs morales auraient pu le constituer en caution morale parmi d’autres, M. Ogouliguendé était aussi un homme d’Etat. Il est habituellement admis que les éléments qui caractérisent un homme d’Etat sont : la possession d’un grand caractère, la disposition de grandes compétences, et le bénéfice de circonstances exceptionnelles... Qu’en est-il du grand caractère qui n’est pas celui qui s’exprime dans l’autoritarisme, la dureté ou le manque d’humanité. D’ailleurs, définitivement, nous autres avons d’avantage besoin d’institutions fortes que d’hommes « forts » ! Le grand caractère se réfère davantage à l’inflexible attachement à des valeurs universelles : la liberté, la dignité, la solidarité, la paix, et d’autres encore. Chacun de ceux qui l’ont connu savent reconnaître, systématiquement et absolument, un fort caractère à M. Ogouliguendé » .

Pour l’expert-comptable ancien cadre d’Elf France, «  il en a fait la démonstration, M. Ogouliguendé disposait d’une réelle et cependant très grande capacité à concevoir un projet global de société reposant sur des valeurs fondamentales. Sa culture était vaste et suffisante pour appréhender les enjeux sociaux, politiques, économiques et stratégiques de notre temps. Son expérience réelle et non surfaite concourrait à crédibiliser ces grandes compétences dont on ne peut attendre qu’elles soient acquises après l’accession au sommet de l’Etat ! Voilà les références auxquelles nous adhérons et qui déterminaient profondément M. Ogouliguende. Puissent ces repères continuer à nous conforter et surtout à guider les nouvelles générations d’hommes politiques soucieux de la république. Nous aurions ainsi renoué les fils de la tradition de serviteurs de l’Etat, grands et petits ; et nous aurons ainsi concrétisé la trace voire la marque de ce grand homme qui vient de nous quitter  ».

L’avocat Fabien Merre, ancien ministre de la Justice proche élève spirituel de JABO et conseiller justice de Jean Ping a conclu cette série d’oraison de lumière en déclarant ce qui suit : « parlant de l’élu du peuple gabonais, il aurait pu s’accommoder aux injustices sociales, mais il a choisi de descendre dans l’arène. En mettant au goût du jour la formule de Dante : « les places les plus brûlantes en enfer sont réservées aux personnes qui sont neutres dans les moments d’injustice  ». En effet a-t-il expliqué « nous rendons hommage à M. Ogouliguende , car ce fût une encyclopédie vivante évoquant sa maîtrise parfaite de l’alliance multiculturelle entre nos traditions d’Afrique et celles de l’Occident. Avec JABO ce fût une République qui prend en compte le substrat de nos us et coutumes en lien avec nos valeurs ancestrales. Malgré son caractère austère, il était entier. Il avait un amour très fort de la vérité. Je n’oublie lors de la dernière présidentielle aux côté de Jean Ping, l’obligation du choix sémantique dans la rédaction d’un discours ».

Maître Merre prononçant son hommage à JABO

Pour clore cette magistrale cérémonie d’hommage à JABO, au nom de la famille de l’illustre disparu et au nom des fils et fille Regnongo, la juriste franco-gabonaise, Mme Ghislaine Brahime, présidente de l’ONG « Actions Gabon » organisatrice de cet hommage rendu à sa figure paternelle, défunt époux de sa mère au sein de l’Assemblée nationale française, qui au regard des élogieux hommages rendus sur le plan national et international a marqué résolument le Gabon et les relations entre la France et le Gabon, a tenu tout d’abord a remercié le Vice-président de l’Assemblée nationale française, M. Hugues Renson et son attaché parlementaire M. Wiliam William Hodgson sans qui cette cérémonie n’aurait pas pu être possible. Signe selon l’ancienne diplomate gabonaise « d’une riche fraternité et d’une coopération historique et légendaire entre Paris et Libreville dans la formation des Grands Esprits des Lumières qu’est JABO ».

Ghislaine Brahime, présidente d’Actions Gabon et fille de JABO

« Je remercie tous les membres de la famille d’être restés unis et forts en ce temps de grande tristesse. En édictant ce discours de clôture, je suis très éplorée par cette tragique perte, je pense fortement à ma mère veuve Ogouliguende, à mes oncles et tantes, à mon petit frère et toutes mes sœurs. C’est pourquoi tout en émotion a-t-elle déclaré : Je remercie ab imo pectore toutes les personnes qui se sont mobilisées pour rendre possible cette manifestation malgré tous les obstacles d’ordres calendaires. Je remercie aussi toutes les personnalités, les hauts cadres gabonais, les présidents d’associations, parents et amis venus de toute l’Europe pour avoir mis une pause aux agendas contraignants pour être unis en ce jour fort symbolique en la mémoire de mon père Sieur Jules Aristide Bourdes Ogouliguendé qui doit être honoré là haut. Oui je sais que l’émotion familiale n’est pas de mise car ce fût un homme d’Etat et Républicain qui dépasse assurément les liens du sang. Je pense foncièrement que chaque Gabonaise et Gabonais se doit de s’approprier un pan de ce qu’est JABO car pour moi il vivra toujours ad vitam aeternam par la transmission des valeurs de justice qu’il a incarnées durant toute sa vie », va-t-elle conclure l’événement-hommage parisien à son père JABO.


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