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Régime politique

La démocratie a-t-elle encore un sens au Gabon ?


Analyse
  • La démocratie a-t-elle encore un sens au Gabon ? © 2017 D.R./Info241
Publié le 2 juin 2017 à 10h55min

C’est l’histoire d’un pays dit "démocratique" mais qui est dirigé par un seul parti depuis son indépendance concédée par la France colonialiste. Depuis 50 ans, le parti au pouvoir confisque tous les pans démocratiques à sa seule volonté. Faisant de la famille Bongo, les maîtres de l’émirat pétrolier qui croule sous une misère "africaine" indescriptible et des infrastructures promises qui ne verront jamais le jour. Le tout sous le regard amusé d’une communauté internationale qui se soucie bien de laisser ce pays "démocratique" jouir de sa démocratisation "demi-centenairement" tropicalisée.

La démocratie est définie comme un régime politique dont le principe est celui du gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. En ça, il s’oppose à des régimes où le pouvoir est détenu par une seule personne, la monarchie absolue par exemple, ou par un petit groupe d’individus, ce que l’on appelle l’oligarchie. Celle dernière colle mieux à la situation du Gabon où règne un seul parti, une seule famille, un seul groupe de monarques politiques.

Le Gabon aura le 17 août prochain, ses 57 ans d’existence ! 57 ans "d’indépendance" et de régime démocratique aux mains de la famille Bongo et de ses contemplateurs. Des élections y pourtant sont organisées depuis les indépendances. Depuis, le pays a vécu au rythme de 10 présidentielles toutes remportées par le Parti démocratique gabonais (PDG). Ce parti né au pouvoir qui a eu pour première mesure l’instauration du parti unique avec le soutien de la France qui aurait tirée justement les ficelles.

Démocratie, vous avez dit démocratie ?

Il aura fallu attendre 1990, soit 22 ans plus tard, pour que le régime PDG-Bongo concède enfin le retour au multipartisme par la force de la rue. Durant toutes ces périodes, le parti au pouvoir habitué à son envie de tout conserver pour son seul plaisir, a toujours remporté haut la main toutes les élections qu’il organisait via des gouvernements rompus à leur tache de maintenir l’hégémonie de ce parti dit "démocratique".

A la mort du fondateur de ce parti en juin 2009, qui d’autre que son fils Ali Bongo pour lui succéder à la fois à sa tête qu’à celle du pays. Le tout sous les applaudissements de la France, ancienne puissance coloniale qui y a conservé toute son influence grâce à ses "gouverneurs" installés dans ses 17 anciennes colonies. 67 ans de démocratie donc où les résultats et les promesses faites aux populations se doivent toujours de se faire attendre.

Un parti au pouvoir au mieux de sa forme "démocratique"

Si sous Omar Bongo beaucoup d’acteurs politiques, opposition comprise, avaient droit à des prébendes pour laisser perdurer le régime, sous le fils Ali Bongo le PDG s’est fait plus gourmand n’hésitant pas à siéger parfois tout seul dans l’hémicycle. Tout ceci en bon démocrates qu’ils sont ! Le PDG ne s’est jamais mieux porté que sous Ali Bongo depuis 2009 : 98% des sièges de l’Assemblée nationale, 90% du Sénat. Un bel exemple de démocratie tropicale !

Cet entichement à la "démocratie" par le régime Bongo est encore plus anecdotique si l’on s’en tient aux résultats tumultueux des présidentielles, censées les maintenir ou pas au pouvoir. Il se susurre que depuis 1990 où les scrutins sont redevenus pluralistes, le PDG et ses candidats n’auraient jamais réussi à obtenir l’onction du peuple.

Pour se maintenir à flot, contre l’avis de son peuple, le régime qui visiblement peut compter sur le soutien logistique et matériel des officines diplomatiques de la France, a toujours réussi à inverser les résultats des urnes grâce à la tour à validation systématique qu’est la Cour constitutionnelle gabonaise. Dirigé par la maîtresse d’Omar Bongo, c’est cette dernière qui donne le la à une hégémonie devenue tristement constitutionnelle.

Une présidentielle remportée contre l’avis du peuple

L’exemple-type de la présidentielle du 27 août 2016 en est encore la parfaite illustration. Bien que les observateurs de l’Union africaine et de l’Union européenne aient émis des réserves sur la "reconduction" d’Ali Bongo, rien ne sera fait contre cet énième hold-up électoral par la communauté dite internationale qui assiste presque complice à cette démocratisation tropicalisée que ne voit jamais venir le peuple gabonais. Les positions de l’Union africaine est encore plus insoutenable, elle qui est constitué de 54 pays mais qui a avalisé sans sourcier le maintien du régime.

Bien entendu, la France de François Hollande n’y a vu aucun problème à cette situation post-électorale où le régime a fait débouler l’armée mitrailler le QG de campagne de son adversaire politique. Elle qui a appelé les différents protagonistes au dialogue avec le régime pour aider encore plus le "soldat" Ali Bongo à garder sa le fauteuil qu’il usurpe avec leur concours depuis 2009. Cette France qui ne voit aucun inconvénient à ce qu’un seul et même parti dirige son ancienne colonie sans discontinuité. Cette France qui s’accommode de voir un pays ami dirigé de père en fils par une même et unique famille.

La "République" vous salut !

Pendant ce temps, le régime au pouvoir n’améliore en rien les conditions de vie de ce peuple pris en otage par ses envies hégémoniques. Des promesses de "Nouvel élan" à celui du "Gabon émergent", les populations gabonaises ne voient toujours pas leur horizon s’éclaircir. Un pays où chaque année du propre aveux de la commission de lutte contre l’enrichissement illicite, plus de la moitié du budget de l’Etat est détourné par des inconnus. Des inconnus que ne veulent pas désigner la justice gabonaise présidée en son conseil par le même Ali Bongo.

En attendant, on peut toujours le dire, le Gabon est un pays de "droit". Mieux, une "République" à la démocratie confisquée tant de l’extérieur que de ses fils apparentés au pouvoir qui n’hésitent à maintenir le pays dans le noir. Celui où la démocratie découlant des urnes est un vain mot. Une hérésie que l’on doit surtout et d’abord aux fils et filles de ce pays qui s’adonnent presque inconsciemment à maintenir son million d’âmes dans l’obscurantisme, la gabegie et la corruption tout azimuts.


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