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Crise post-électorale

L’Union nationale favorable à la participation de l’opposition aux législatives gabonaises


Politique
  • L’Union nationale favorable à la participation de l’opposition aux législatives gabonaises © 2018 D.R./Info241
Publié le 11 février 2018 à 19h27min

Le parti d’opposition proche de Jean Ping, a annoncé hier lors d’une cérémonie marquant son 8e anniversaire, son intention de participer aux futures législatives gabonaises prévues en avril aux cotés de ses pairs de la Coalition pour une nouvelle république. L’union nationale (UN) opposé au régime d’Ali Bongo, y voit une autre opportunité de démontrer la marche amorcée lors de la présidentielle d’août 2016 en faveur de l’alternance confisquée par le parti au pouvoir depuis 1968.

"La conquête de l’Assemblée nationale devra être comme en août 2016, une occasion pour le peuple gabonais, résolument acquis au changement grâce à son vote massif, de confirmer absolument cette volonté en offrant à la Coalition pour la nouvelle République, une tribune institutionnelle d’expression de la légitimité de ses membres", a dit le président de l’UN, Zacharie Myboto.

Dans la même lignée, le président du mouvement des jeunes de l’UN, Firmin Ollo Obiang a précédé son président en indiquant que l’Union nationale ne pourrait atteindre ses objectifs dans la pratique de la politique de la chaise vide. " On ne renouvelle pas la classe politique à la maison, on la renouvelle à l’Assemblée nationale, la classe politique se renouvelle au sénat et partout où règne le débat politique", a-t-il dit.

Auparavant, la présidente du mouvement des femmes de cette formation politique, Marie Agnès Koumba a demandé au président de l’UN, Zacharie Myboto de trancher sur la participation ou non de cette formation politique à la prochaine élection législative.

Rappelons que l’Union nationale été créée en 2010, au lendemain de l’élection présidentielle de 2009. Cette formation politique a connu une démobilisation depuis le décès de l’ancien secrétaire exécutif, André Mba Obame et au sortir de la dernière élection présidentielle où elle a soutenu le candidat Jean Ping.

Voici l’intégralité du discours du président de l’Union nationale, Zacharie Myboto, prononcé hier à Libreville  :

Discours de M. Zacharie Myboto, Président de l’Union Nationale
Libreville, le 10 février 2018.

Monsieur le Président de la République élu, Président de la Coalition pour la Nouvelle République,

Messieurs les Présidents et Représentants des Partis politiques alliés,
Distingués invités,

Militantes et Militants,

Sympathisantes et Sympathisants de l’Union Nationale,

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Chers compatriotes,

Nous célébrons ce jour, le 8ème anniversaire de la création de notre Parti, l’Union Nationale. Est-il besoin de rappeler ce qui est une évidence : « les années passent et ne se ressemblent pas » ?

Avant de poursuivre mon propos, je voudrais, très sincèrement, remercier le Président de la République élu, Jean Ping, Président de la Coalition pour la Nouvelle République, pour l’honneur qu’il nous fait de marquer, par sa présence, cette cérémonie. Nous lui en savons gré. Aussi, je vous demande de le lui exprimer par vos chaleureuses acclamations.
Par vos acclamations encore, veuillez bien saluer et remercier les Présidents, les Représentants des partis politiques alliés et les autres importantes personnalités, ici présents.

Leur présence parmi nous est un témoignage de la forte, nécessaire et encourageante solidarité qui existe entre nos formations politiques, leurs Dirigeants et les Personnalités qui soutiennent leur action.

Mes remerciements à vous aussi, Militantes et Militants, Sympathisantes et Sympathisants de l’Union Nationale, Gabonaises et Gabonais, venus nombreux à cette manifestation, prouvant ainsi, et encore une fois, votre engagement ferme et sans équivoque dans les idéaux que prône notre Parti, contenus, en résumé, dans sa devise : « LE GABON POUR TOUS ».

Chers Compatriotes,

« Les années passent et ne se ressemblent pas », ai-je dit. En effet, au cours de la célébration du 7ème anniversaire de la création de notre Parti, j’avais annoncé que nous vivrions une année 2017 particulière. Elle l’aura effectivement été, à en juger par la crise postélectorale qui a cours jusqu’à ce jour.
Cette crise postélectorale s’est vécue sous diverses formes. Nous en exposons quelques-unes :

- arrestations arbitraires, emprisonnements et séquestrations de Citoyens ;
- adoption d’une loi liberticide visant à décourager, par des contrôles excessifs, les réunions et manifestations publiques ;
- prorogations déraisonnables et injustifiées du mandat des députés ;
- déliquescence généralisée de notre société, du fait de la dérive des institutions ; du fait des restrictions des libertés publiques ; du fait de la gestion chaotique de l’économie et des finances du pays ; du fait de la multiplication des grèves ; du fait de la dégradation de l’état des établissements d’enseignement, du primaire jusqu’au supérieur ; du fait de l’insatisfaction des attentes des enseignants, des étudiants et des élèves ; du fait des hôpitaux devenus des mouroirs ; du fait du délabrement de la Fonction publique ; du fait de la perte de nos valeurs traditionnelles, au profit de comportements exogènes et condamnables.

La dernière forme de crise postélectorale, et non la moindre, est le renforcement de la tyrannie, par l’initiation et l’adoption de la révision constitutionnelle qui consacre la monarchisation de la République.

Notre Parti, pour chacun de ces méfaits, n’a pas manqué de les relever et de les dénoncer, en vue d’obtenir du Pouvoir en place qu’il se ravise et préserve la République des affres qui contrarient au quotidien la vie de ses Citoyens et compromettent leur vivre ensemble. Malheureusement, rien n’y a fait, et le Gabon continue sans cesse sa descente aux enfers, en dépit des promesses trompeuses qui pleuvent chaque fois, à la veille de chaque consultation électorale, tel le remboursement de la dette intérieure récemment annoncé à cor et à cri. La grève justifiée des Magistrats et le dernier découpage inopportun, caricatural et politicien, des circonscriptions électorales, consolident ce constat redoutable qui ne peut laisser l’Union Nationale indifférente, inactive.

Chers Compatriotes,

Notre Parti, comme à son habitude, ne peut en effet rester insensible et inactif devant la situation gravissime et très préoccupante que traverse notre pays, plus particulièrement depuis l’élection présidentielle du 27 août 2016, remportée brillamment par le candidat de la Coalition pour la Nouvelle République, Jean Ping, et volée par le candidat du Parti Démocratique Gabonais et autres, Ali Bongo Ondimba.

« LE GABON POUR TOUS » est non seulement la devise de notre Parti, mais aussi et surtout son fondement, sa raison d’être. Dans cet esprit, sa mission première est d’œuvrer à l’avènement effectif de l’alternance démocratique au Gabon, seule voie royale durable, incontournable et crédible pour sauver et libérer la République de l’asservissement, de la captivité dans lesquels sont tenus les Gabonaises et les Gabonais.

D’aucuns, et surtout les affidés et les autres tenants du Pouvoir en riront, trouveront illusoires et naïfs ces propos. Ils se trompent et l’apprendront à leurs dépens tôt ou tard. N’avaient-ils pas déjà ri d’une précédente situation, et regretté de l’avoir fait ? Le 15 août 2016, en effet, alors que le panel pour le choix du candidat unique de l’Opposition était en conclave à mon domicile depuis trois jours, le candidat Ali Bongo Ondimba, en campagne à Port Gentil, tourna en dérision les membres les plus âgés de ce panel, les traitant de « jeunes » et les invitant à un combat de boxe qu’il gagnerait. Malheureusement pour lui, le 16 août 2016, le choix du candidat unique de l’Opposition et le gigantesque meeting qui suivit au Rond Point de Nkembo, sonnèrent le glas du régime monarchique, qui fut ensuite emporté Ad Patres, le 27 août 2016. La volonté et la colère du Peuple gabonais souverain en ont voulu et décidé ainsi.

Les forfaitures historiques des 31 août et 23 septembre 2016 du ministre de l’Intérieur de l’époque, du président de la CENAP, de la Force publique et du président de la Cour constitutionnelle, qui ont imposé par la violence Ali Bongo Ondimba à la tête du pays, ne sont jusqu’à ce jour qu’un triste baroud d’honneur qui cache très mal la force impétueuse du coup de la défaite encaissée.

Cette étape majeure et inoubliable du choix du candidat unique n’a été si bien réussie qu’à cause du rassemblement des forces de l’Opposition, mues par la volonté de changement démocratique, et engagées dans une dynamique d’unité et de solidarité. L’Union Nationale y a fortement apporté sa pierre, et poursuivra dans ce sens, sa collaboration.

Chers Compatriotes,

Le chemin pour l’alternance et l’Etat de droit qui est notre idéal, nous en convenons, est long, semé d’embûches et difficile ; mais notre gloire et notre force sont d’y marcher résolument, y compris en affrontant les obstacles rencontrées. L’un de ces obstacles aujourd’hui, est évidemment le débat en cours, qui porte notamment sur la participation ou non de la Coalition pour la Nouvelle République, à la prochaine élection législative. Au-delà du simple questionnement, c’est un problème de fond, qui doit être abordé avec courage, discernement et franchise. Permettez que nous nous y essayions.
En République gabonaise, et au terme de la Loi, les élections politiques sont au nombre de quatre, à savoir :

1- l’élection du président de la République ;
2- l’élection des députés de l’Assemblée Nationale ;
3- l’élection des sénateurs au Sénat ;
4- l’élection des membres des Conseils municipaux et des Conseils départementaux.

Leur organisation est prévue dans la Constitution et dans d’autres Lois. Ces élections sont fondamentales dans la structuration et le fonctionnement de la République. Oui, et nous ne le savons que trop bien, la République repose sur les trois Pouvoirs que sont :

1- le Pouvoir exécutif, avec deux composantes : (1) le président de la République et (2) le Gouvernement ;
2- le Pouvoir législatif, représenté par un Parlement de deux Chambres : (1) l’Assemblée Nationale et (2) le Sénat ;
3- le Pouvoir judiciaire, composé des Cours et Conseil, pour rendre la Justice au nom du Peuple gabonais.

S’il est établi que chaque Pouvoir a son domaine de compétences, deux d’entre eux sont directement liés à l’élection : (1) le Pouvoir exécutif et (2) le Pouvoir législatif. C’est pour cela que le Titre IV de la Constitution est consacré aux Rapports entre ces deux Pouvoirs.

Par ailleurs, au terme des dispositions de la Constitution, les Partis et Groupements politiques concourent à l’expression du suffrage ; évidemment par leur participation aux élections. Faut-il alors rappeler que les élections dont il est question ici, confèrent aux élus des mandats à durée déterminée par la Constitution et par la Loi, et que le renouvellement de ces mandats à date, est une obligation constitutionnelle, pour pérenniser le fonctionnement régulier des institutions de la République ?

Faut-il rappeler aussi, et de manière honnête, que les élections sont organisées conformément à la Constitution et à la Loi, par l’autorité compétente en poste, au niveau de l’Etat, et qu’y prendre part ne peut nullement être un acte de légitimation, d’allégeance ou de soumission des participants, à la personnalité morale organisatrice ? N’est-ce pas dans ces conditions que nous sommes allés à l’élection présidentielle du 27 août 2016 ? Qui avons-nous légitimé à ce moment-là ? A qui avons-nous fait allégeance ? Si nous n’y avions pas participé à cause de tout ce que nous savons de mal du ministère de l’Intérieur, de la CENAP, de la Cour constitutionnelle et de la Force publique, serions-nous aujourd’hui dans la position de vainqueur dans laquelle nous sommes depuis lors ?

Chers Compatriotes,

Que nous allions à l’élection législative prochaine ou pas, elle aura lieu. Mesurons-en les conséquences néfastes, au regard de ce que le Gabon vit, subit, avec la législature actuelle ! Devons-nous laisser le moindre espace de liberté à Ali Bongo Ondimba et son PDG, pour reprendre des forces et s’imposer à la volonté du Peuple ? Nous sommes sur la bonne voie, et nous devons continuer sans relâche. Le combat politique pour le renversement d’une dictature ne se remporte pas en peu de temps, lorsque cette dictature s’est établie pendant un demi-siècle. Germain Mba, Joseph Rendjambé, Pierre-Louis Agondjo Okawé, Pierre Claver Zeng Ebome, Pierre Mamboundou, André Mba Obame et tous nos autres Martyrs, n’ont pas lutté pour rien. C’est leur combat que nous poursuivons. Redoublons d’ardeur !

Il n’y a donc pas place, Chers Compatriotes, à la diversion et à la désinformation dans notre démarche. La prochaine consultation étant une élection législative, prenons un peu de temps pour rappeler quelques missions importantes du Parlement, donc, de l’Assemblée Nationale et du Sénat.

En effet, au-delà de ses missions de voter la Loi, de consentir l’impôt et de contrôler l’action du Pouvoir exécutif, le Parlement a aussi l’initiative des Lois, c’est-à-dire, de proposer des Lois. Il a également le droit d’amendements des Lois et des Ordonnances, et même, du rejet de celles-ci.

Au plan du contrôle du Pouvoir exécutif, ses moyens sont : les interpellations du Gouvernement, les questions écrites et orales à celui-ci, les commissions d’enquêtes et de contrôles, les motions de censures des députés au Gouvernement, dans des conditions bien précises. Les membres du Parlement (députés et sénateurs) ont, au même titre que le président de la République, L’INITIATIVE DE LA REVISION DE LA CONSTITUTION.

Au plan extérieur, la présence des parlementaires gabonais comme membres du Parlement de la CEMAC, du Parlement africain et des ACP dans le cadre de l’Accord de Cotonou, est un atout considérable. Sur ce dernier point, la relance de l’enquête indépendante du dossier sur les massacres du 31 août 2016 et autres, objet de la Résolution du 14 septembre 2017, reste d’actualité.

Par ce développement, nous voulons interpeller les uns et les autres sur l’importance du Parlement, notamment de l’Assemblée Nationale, sa première Chambre. La conquête de l’Assemblée Nationale devra être, comme en août 2016, une occasion pour le Peuple gabonais, résolument acquis au changement grâce à son vote massif, de confirmer absolument cette volonté, en offrant à la Coalition pour la Nouvelle République, une tribune institutionnelle d’expression de la légitimité de ses membres, pour poursuivre et renforcer l’objectif de libération du Gabon.

Pour nous résumer, la victoire du Président de la République élu Jean Ping, est un acquis qu’il faut, coûte que coûte, défendre et revendiquer. Cette victoire, la Coalition pour la Nouvelle République la revendique, et ne cessera de le faire jusqu’à satisfaction. La Tribune de l’Assemblée Nationale sera un plus, allant dans ce sens. C’est sans équivoque.

C’est pour cela que plusieurs Partis politiques membres de cette Coalition, dont l’Union Nationale, travaillent actuellement sur le dossier dit « Election législative », dans l’esprit et la dynamique du 16 août 2016, couronnés le 27 août 2016. Les résultats de ces travaux seront solennellement rendus publics très prochainement. Ces Partis politiques veulent prouver aux putschistes et au monde que, comme l’a dit Abraham Lincoln, « le bulletin de vote est plus fort qu’une balle de fusil ».

Oui, Chers Compatriotes, c’est par nos bulletins de vote que nous gagnerons ce combat de l’alternance démocratique dans notre pays, et que nous vengerons tous les Martyrs victimes de la dictature du Pouvoir autocratique, et notamment, ceux massacrés le 31 août 2016 au Quartier Général de campagne du candidat élu, Jean Ping.

Militantes et Militants de l’Union Nationale,

Sympathisantes et Sympathisants,

Vous êtes venus ce 10 février 2018, célébrer le 8ème anniversaire de la création de notre Parti. Sachez qu’il poursuit toujours l’idéal que vous lui avez prescrit, celui de Rassembler les forces et les énergies capables d’installer la Démocratie et l’Etat de droit au Gabon. Pour emprunter quelques passages de notre Hymne national, La Concorde, je nous invite, pour consacrer notre Rassemblement :
« Autour de ce drapeau qui vers l’honneur nous mène,
Saluons la patrie et chantant sans arrêt »

La victoire de libération du Gabon !

Le propos que je viens de tenir va dans ce sens. C’est celui de cet anniversaire.
Joyeux 8ème anniversaire de la création de notre Parti ce jour.

Vive l’Union Nationale !

Vive la République !

Je vous remercie.


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