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Détournement de fonds publics

L’ancien ministre gabonais du Pétrole à peine limogé et déjà en garde à vue !


Analyse
  • L’ancien ministre gabonais du Pétrole à peine limogé et déjà en garde à vue ! © 2017 D.R./Info241
Publié le 12 janvier 2017 à 13h23min

La sortie médiatique du désormais "conseiller-procureur" d’Ali Bongo Ondimba,‭ Patrick Hervé Opiangha, président de l’Union pour la démocratie et l’intégration sociale (UDIS), lui-même expert avéré des détournements de fonds publics, avait déjà préparé les esprits aux prétendues actions « ‬concrètes concernant l’assainissement des finances publiques,‭ ‬notamment la lutte contre la corruption et toute forme de prévarication‭ »‬.‭ Est-ce une véritable lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite pour marquer la fin de l’impunité en vigueur depuis 1968 du pouvoir Bongo-PDG ? Est-ce une énième chasse aux sorcières diligentée par les nouveaux hommes forts du palais du Bord de mer ?

‬Dans‭ ‬la foulée de ce discours démagogique de l’homme à tout faire du locataire du palais présidentiel, lui-même bénéficiaire d’un système de corruption et d’enrichissement illicite en place depuis un demi-siècle. Par le biais de Delta Synergie, holding de la famille Bongo Ondimba qui siphonne les caisses de l’Etat et tous les pans économiques et stratégiques du Gabon. Le temps est venu pour que les soient disant prémices de l‭’‬action publique visant à‭ « ‬traduire devant les juridictions compétentes les coupables‭ » ‬d’actes d’avilissement du patrimoine de l’Etat,‭ ‬se sont accélérées. Les visés du nouveau ’’Shérif’’ étoilé gabonais, Hervé Opiangha sont : Magloire Ngambia, Blaise Wada, déjà encellulés. Etienne Dieudonné Ngoubou, entendu et Désiré Nguedon, Yves-Fernand Manfoumbi et Liban Souleyman à qui le tour ?

Hervé Opiangha en procureur de la délinquance financière en charge de la corruption et de l’enrichissement illicite au Gabon !

Dans un entretien accordé récemment au quotidien pro-gouvernemental l’Union : Hervé Opiangha annonçait déjà les couleurs en ces termes : ’’ En toute modestie, je vous dirais que l’impunité est vraiment la pandémie qui bloque notre décollage vers le développement. Et pour cause : ce pays a tant donné à tous ses fils et filles. Qu’avons-nous en retour donné à notre beau Gabon ? Toutes ces personnes qui composent l’opposition ou la majorité n’ont pas hérité d’un père ou d’une mère. Elles se sont servies de l’Etat gabonais. Alors, je pense que c’est à elles aussi de comprendre qu’aujourd’hui, c’est peut-être compliqué. L’impunité telle qu’elle est pratiquée chez nous favorise l’anarchie, le désordre et le non-respect des institutions. C’est pourquoi je pense que si on règle ce problème d’impunité, on aura réglé 50% des problèmes du Gabon, voire plus. Parce que, enfin, on travaillera pour la Nation.’’

Interrogé sur les détournements des fonds publics alloués pour la construction des logements, mis en lumière par le trublion Bruno Ben Moubamba, à peine nommé vice-premier ministre en charge de l’Habitat et du Logement, le sulfureux conseiller justicier d’Ali Bongo, Hervé Opiangha n’était pas allé de main morte en affirmant ce qui suit : ’’Ecoutez, je puis vous dire qu’il y a des ministres de la République, sortants comme actuels, qui, selon moi, ont un double agenda, rongeant de l’intérieur tel le ver dans le fruit. Beaucoup d’argent a été dégagé pour la construction des logements sociaux. Cette manne ne peut pas avoir été décaissée sans que les principaux responsables rendent des comptes. Magloire Ngambia et ses collaborateurs de l’époque ne peuvent pas circuler librement dans la ville sans être inquiétés. Ils doivent répondre de leurs actes.’’

Tout en martelant : ’’ Avec lui, beaucoup d’autres ministres. Autre exemple, au sujet du problème d’adduction d’eau pour ravitailler Libreville, Ntoum et autres localités, plus de 110 milliards de francs ont été décaissés du temps des Désiré Guédon et Etienne Ngoubou. S’ils ont échoué, c’est à eux, ainsi qu’aux autres ministres financiers de l’époque de rendre des comptes. Tout comme les différents directeurs généraux du Budget, les Trésoriers payeurs généraux sont parmi les personnalités qui se sont enrichies ostensiblement pendant que les Gabonais continuent de croupir dans la misère. Le Parlement doit enquêter pour tirer toutes ces situations au clair.’’

Alors que le gouvernement a été techniquement aménagé dans la soirée du‭ ‬9‭ ‬janvier‭ ‬2016‭ ‬sur proposition du Premier ministre,‭ ‬l’ex-ministre du Pétrole et des hydrocarbures,‭ ‬Etienne Dieudonné Ngoubou‭ (‬photo‭)‬,‭ ‬fraîchement relevé de ses fonctions par décret présidentiel,‭ ‬est interpellé‭ ‬par les forces de sécurité‭ ‬dans la matinée du‭ ‬10‭ ‬janvier et conduit dans les locaux de la direction générale de la recherche pour enquêtes.

La veille,‭ ‬le‭ ‬9‭ ‬janvier,‭ ‬Magloire Ngambia,‭ ‬conseiller politique et cheville ouvrière d’Ali Bongo Ondimba et‭ ‬ex-ministre de la Promotion des investissements,‭ ‬des Transports,‭ ‬des‭ ‬Travaux publics,‭ ‬de l’Habitat,‭ ‬du‭ ‬Tourisme et‭ ‬de l’Aménagement du territoire‭ ‬entre‭ ‬2012‭ ‬et‭ ‬2015,‭ ‬a passé une journée dans les locaux de la direction générale de la recherche. Avant d’être écroué à la prison centrale avec un mandat de dépôt de la justice gabonaise.

Lutte contre l’enrichissement illicite et fin de l’impunité au sommet de l’Etat ou chasses sorcières des désirés de Maixent Accrombessi ?

Si rien ne filtre encore des‭ ‬enquêtes diligentées contre ces deux hauts responsables,‭ ‬nombre d’indices montrent que le‭ ‬temps de la reddition des comptes est arrivé et que le‭ ‬moment de rendre gorge approche.‭ ‬Car,‭ ‬selon les propos du chef de l’Etat aux corps constitués,‭ « ‬l’assainissement,‭ ‬au-delà du gouvernement,‭ ‬requiert l’investissement de tous ceux qui,‭ ‬dans notre pays,‭ ‬sont investis par la charge de faire respecter l’application des lois et punir ceux qui se plaisent à s’y soustraire‭ »‬.

‎« ‏La reddition des comptes est une nécessité absolue de l’action publique‭ » ‬à laquelle le chef de l’Etat entend y veiller.‭ ‬Emmanuel Issoze Ngondet,‭ ‬le chef du gouvernement contesté et usurpateur du pouvoir présidentiel, confié à Jean Ping par le suffrage universel au soir du 27 août dernier, prétend entendre « ‬avec fermeté,‭ ‬combattre la corruption et traduire devant les juridictions compétentes les coupables‭ »‬. Ce régime faussaire dans le fond et dans la forme peut-t-il prétendre d’exemplarité lorsque le sommet de l’Etat est gangrené par des accusations graves quant à la crédibilité et l’intégrité d’une réélection qui a fait couler le sang du peuple gabonais ?

Souvent critiqué ces derniers temps pour son élection contestée, son enrichissement illicite, mais aussi pour son laxisme à l’endroit de certains responsables soupçonnés de voracité pécuniaire avec le patrimoine et les deniers publics de l’Etat,‭ ‬Ali Bongo Ondimba tente de redorer son image à jamais affaiblie. En s’adonnant avec ses nouveaux hommes à une chasse aux sorcières de ses anciens colistiers.‭ Surtout qu’ils se sont enrichis en étroite complicité avec lui-même et son ancien directeur de cabinet, le sulfureux homme d’affaires béninois Maixent Accrombessi, l’homme clé du dispositif politique d’Ali Bongo lors de son dernier septennat partant de 2009 à 2016, sans qu’ils soient un laps de temps inquiétés par la justice gabonaise.

‬Aussi selon les sources du palais du Bord de mer souhaite-t-il donner du relief au fameux ’’Document de stratégie nationale de lutte contre la corruption et le blanchiment des capitaux‭ (‬SNLCCBC‭)‬’’ dont s’est doté le pays.‭ ‬Celui-ci vise à‭ « ‬réduire significativement le phénomène de la corruption et du blanchiment des capitaux au Gabon et son impact sur le développement‭ »‬. Pour quels effets réels ? Lorsqu’on sait l’enrichissement illicite notoire de la famille présidentielle Bongo Ondimba et de tous leurs complices du système PDG au pouvoir depuis 1968. Ces derniers se sont enrichis grassement en ayant pour génie les détournements des fonds publics avec pour secret, la loyauté à la servitude éternelle à la famille présidentielle. ‭


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