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Crise post-électorale

L’ambassade du Gabon en France dit avoir déjoué hier une « prise d’otage » de son personnel


International
  • Un des manifestants appréhendés violemment par les agents de sécurité de l’ambassade gabonaise © 2018 D.R./Info241
Publié le 1er septembre 2018 à 14h11min

La crise post-électorale née de la réélection controversée d’Ali Bongo en août 2016 continue de faire couler d’encre et de salive. Dans un communiqué parvenu à la rédaction d’Info241, l’ambassade du Gabon en France affirme avoir déjoué une « tentative de prise en otage du personnel en service » dans ses locaux situés dans le 16e arrondissement de Paris. Des manifestants anti-Bongo auraient tenté vendredi après-midi de s’y introduire pour commémorer le 2e anniversaire de l’attaque du QG de campagne de l’opposant Jean Ping et des martyrs de cette opération d’Etat qui aura endeuillé nombre de familles gabonaises.

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Les commémorations de la journée des martyrs du 31 août 2016 n’a pas épargné la chancellerie gabonaise situé à Paris. Un groupe de manifestants anti-Ali Bongo aurait tenté de s’y introduire avant qu’un d’entre eux se fasse « prendre » par le service d’ordre de l’ambassade gabonaise. La police française arrivée sur les lieux a usé de gaz lacrymogène et de « violence » pour disperser les manifestants.

Un manifestant cloué au sol par la police française

Selon un communiqué de l’ambassade, il s’agirait d’une « tentative de prise en otage du personnel en service » à la chancellerie gabonaise par des « compatriotes se réclamant de l’opposition ». Elle indique que « ce vendredi 31 août 2018, autour de 14h30, deux compatriotes se réclamant de l’opposition, éléments précurseurs d’un groupe de vingt-deux manifestants, se sont introduits dans la cour de l’Ambassade Haute Représentation du Gabon en France, en escaladant la barrière à l’aide d’une échelle ».

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Sur plusieurs vidéos de l’altercation, on voit en effet les agents de sécurité de l’ambassade violenter un des manifestants à l’aide de gaz lacrymogène et d’un extincteur, peu approprié pourtant pour ce type d’intervention. Le communiqué de l’ambassade affirme avoir « pris en situation de flagrance monsieur Ghislain Armel Mbaloula-Bassala » qui après le raid des agents de sécurité aurait été « mis à la disposition » de la police française qui a procédé à plusieurs d’interpellations.

Le film de l’incident filmé par les manifestants

Un incident qui interpelle de nouveau sur la crise post-électorale gabonaise et la division qu’elle a induite chez les Gabonais toujours aussi marqués au fer sur la réélection controversée d’Ali Bongo. Les Gabonais de la diaspora particulièrement en pôle position de cette contestation continuent de marcher pacifiquement à Paris et dans plusieurs villes françaises et européennes depuis l’annonce des résultats de la présidentielle d’août 2016, pour dénoncer cette réélection d’Ali Bongo et les morts présumés de l’attaque du QG de campagne de Jean Ping à Libreville.

Attaque qui n’a été suivie d’aucune enquête officielle n’a été toujours diligentée ni par la Cour pénale internationale ni des tribunaux gabonais pour faire la lumière sur les personnes assassinées. De part le monde, les militants de l’opposition fidèles à Jean Ping commémorent depuis cette date, les martyrs de « l’oppression de la dictature de la famille Bongo et du système PDG » aux commandes du pays depuis 1965.


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