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Crise post-électorale

Jean Ping regagne Libreville sous tensions policières et enthousiasme de ses partisans


Politique
  • Jean Ping rejoignant à la marche ses partisans interdits d’accès à l’aéroport de la capitale gabonaise © 2017 D.R./Info241
Publié le 26 juillet 2017 à 07h31min

Alors qu’Ali Bongo s’était offert un bain de foule « spontané » de retour de Cuba moyennant quelques milliers de francs à des associations soutenant sa politique, son rival Jean Ping n’a pas eu droit aux mêmes facilités. Une forte présence policière avait été postée par les autorités gabonaises avec pour mission de filtrer toute personne en « jaune » - la couleur des partisans de Jean Ping - tentant d’entrer dans le périmètre de l’aéroport Léon Mba de Libreville.

L’aéroport de Léon Mba de Libreville a refusé du monde hier. Ou devrait-on plutôt dire la police gabonaise ! En cause, le président « élu » Jean Ping regagnait Libreville hier après-midi après un séjour en Europe pour solliciter une médiation internationale en vue d’une passation de pouvoir apaisée entre lui et Ali Bongo.

Autant dire que le régime de Libreville était sur les dents pour empêcher plusieurs milliers de partisans de l’opposant d’offrir un accueil « présidentiel » à leur champion. La police gabonaise avait pris soin d’ériger des barrages filtrant pour empêcher l’accès à l’aéroport aux partisans de l’opposant. L’ordre étant de ne laisser passer aucune personne vêtue de jaune. Devant l’insistance de la foule, des échauffourées ont éclaté entre policiers et manifestants.

Une victime des échauffourées avec la police

Jean Ping qui ne s’est pas laissé démonter par cet important dispositif policier, a tenté de rejoindre à la marche ses partisans massés à un kilomètre de l’unique aéroport de la capitale. La tension policière ne semblait pas non plus ébranler la ferveur des militants venus l’accueillir malgré l’opposition policière.

La suite de cette manifestation haute en couleur jaune, s’est déroulée à son QG de campagne situé à quelques 3 kilomètres. QG qui avait déjà fait les frais d’une attaque armée la nuit du 31 août 2016 des forces de l’ordre. Là, l’opposant d’Ali Bongo qui revendique toujours sa victoire, a prononcé un long discours pour raffermir ses troupes indiquant que la chute du régime « dictatorial » était toute proche.

Jean Ping rentrait en effet d’une tournée européenne qui l’a conduite successivement à Paris, à Genève, à Bruxelles et à Berlin. Le président « élu » est allé prêcher dans ces chancelleries internationales, la nécessité d’une médiation internationale pour une passation pacifique et sans heurts du pouvoir entre Ali Bongo et lui.

Une opération diplomatique qui n’arrange guère les affaires du régime de Libreville plombé par une économie au ralenti et un climat social emprunt toujours de la crise post-électorale qui perdure depuis la présidentielle qui a vu la réélection controversée d’Ali Bongo malgré des fraudes relevées notamment dans la province du Haut-Ogooué.


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