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Discours à la nation

Jean Ping prévient : « en dehors de la restauration de la vérité des urnes, il n’y a point de salut »


Politique
  • Le président « élu » lors de son adresse aux gabonais © 2019 D.R./Info241
Publié le 30 mars 2019 à 21h46min

Comme annoncé hier, l’opposant gabonais Jean Ping a pris la parole ce samedi soir dans une adresse à la nation. Alors qu’on s’attendait à un discours décisif, le président « élu » s’est borné à dépeindre un tableau sombre de la gestion d’Ali Bongo et réitéré son « adhésion à la mise en œuvre de toutes les garanties nécessaires » à une passation pacifique du pouvoir. Non sans évoquer ses doutes sur « celui qui nous a été présenté comme étant Ali Bongo » et le projet de révision constitutionnelle qui serait sur les tablettes du régime « usurpateur » de Libreville.

Jean Ping était ce soir devant les Gabonais. Dans un message vidéo pré-enregistré, celui qui revendique toujours sa victoire volée avec « 65% des suffrages » à la présidentielle d’août 2016 est revenu sur la crise politico-sociale qui secoue le pays, le projet de révision constitutionnelle que prévoit le régime d’Ali Bongo et la crise économique dans laquelle baigne le Gabon.

Hold-up électoral et situation des prisonniers politiques

Pour le président élu, « Ce régime nous a montré ses pires facettes ». Il tient pour preuve «  la volonté délibérée de la Cour constitutionnelle de ne pas faire reprendre, conformément aux exigences de la loi, l’élection dans les 21 bureaux de vote qu’elle a annulée à dessein au 2ème arrondissement de Libreville » et « son refus systématique et volontaire de procéder à la confrontation des procès verbaux, bureau de vote par bureau de vote de la province du Haut-Ogooué ».

Le discours intégral de Jean Ping du 30 mars

Poursuivant sur cette lancée, Jean Ping ajoute qu’Ali Bongo « s’est rendu coupable du massacre des populations civiles non armées dont le seul tort a été de croire à la vertu du bulletin de vote et de célébrer la victoire de l’alternance et du changement ». Avant d’évoquer la question des prisonniers politiques détenus « dans des conditions inhumaines » à la prison centrale. Des prisonniers « dont le seul tort est de croire qu’il n’y a point de démocratie sans garantie des libertés fondamentales des citoyens ».

Un projet de révision constitutionnelle en préparation

Comme d’autres acteurs politiques avant lui, Jean Ping a indiqué qu’un projet de révision de la Constitution était sur la table du régime au pouvoir. Ce « projet absurde et hasardeux » vise « à transférer à une autre personnalité que celle que désigne la Constitution, en l’occurrence au Président de l’Assemblée Nationale au lieu du Président du Sénat, la charge d’assurer l’intérim, en cas de vacance de la Présidence de la République ». Une perspective qu’il qualifie d’ « énième déstabilisation des institutions de notre pays ».

Et Jean Ping de marteler : « A tous les niveaux, social, économique, politique et culturel, qu’il s’agisse de politique intérieure ou de politique extérieure, la situation de notre pays n’a cessé de se dégrader profondément ». Avant de lancer que « La création de richesse est inexistante, le chômage est désespérant et chacun voit que le climat social est un véritable chaudron ». Ce qui fait dire à l’opposant que « Notre vie au quotidien est compromise par la peur, l’incertitude du lendemain et l’insatisfaction de nos besoins, y compris les plus élémentaires ».

L’appel au rassemblement

Abordant la santé d’Ali Bongo, Jean Ping dit avoir jusque-là « observé la réserve qui s’impose lorsqu’il s’agit d’aborder certains sujets graves ». Pour lui, « cela saute aux yeux, que les facultés de celui qui nous a été présenté comme étant Ali Bongo semblent considérablement affectées ». Et de rappeler « que dans l’esprit du peuple gabonais, est que Monsieur Ali Bongo reste l’incarnation de l’usurpation du pouvoir et des malheurs du pays ».

Pour le président élu, « la priorité des priorités est de mettre fin à cette usurpation du pouvoir ». Jean Ping en profiter pour renouveler son « appel au Rassemblement du peuple gabonais autour des valeurs d’Union, de Travail et de Justice qui constituent la matrice de notre République ». Jean Ping rappelle également son « adhésion à la mise en œuvre de toutes les garanties nécessaires qui accompagneront la passation pacifique du pouvoir que le Gabon et la Communauté internationale attendent ».


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