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Interview exclusive

Jean Boniface Assélé : « Les dirigeants qui sont là sont incompétents, à tous les niveaux »


Sports
  • Jean Boniface Assélé : « Les dirigeants qui sont là sont incompétents, à tous les niveaux » © 2017 D.R./Info241
Publié le 11 février 2017 à 14h35min

Dans une interview exclusive accordée à Info241, le président du club Union sportive O’Mbilanziami (OM), actuel 3e de Ligue 2 professionnelle et ancien ministre des Sports, revient sur le bilan de la CAN Total, Gabon 2017 et jette un regard sur la prochaine CAN U17, que le Gabon abrite dès fin mai.

Info241 : Monsieur le président, le Gabon vient d’abriter la CAN Total Gabon 2017. Quel bilan faites-vous de cette compétition ?

Jean Boniface Assélé : Bienvenue à mon siège qui a été saccagé, brûlé, j’ai attendu que les enquêtes aboutissent. Je suis désolé, écœuré, choqué, en tant que général d’armée, en qualité d’ancien commandant en chef des forces de police. Si les responsables de cette enquête ne peuvent rien, qu’ils démissionnent. Une enquête doit aboutir. Quand les enquêtes n’aboutissent pas dans un pays, c’est un signe d’insécurité pour ce pays. Vous venez-là me trouver aux cabarets des artistes où je reconstruits ce qui a été saccagé. Et ce sont les Céléristes qui ont pris la décision d’apporter soit un camion de sable, soit un assemblage de fer, soit des maçons bénévoles. On a voulu détruire ce siège parce que mon parti (CLR, Centre des libéraux réformateurs, ndlr), monte en valeur, monte en puissance.

Pouvez-vous nous étayer le bilan que vous faites de la CAN Total, Gabon 2017 ?

Jean Boniface Assélé : Je n’ai pas assisté à la CAN, j’ai été exclu. Mon stade a été exclu. J’ai pris mon argent pour développer des infrastructures sportives. Et des gens qui n’ont rien fait, qui n’ont jamais joué au football, même en catégorie des minimes, qui ne connaissent pas le poids d’un ballon, ils se permettent de pavaner avec des grandes voitures, avec des millions, pour détruire les fruits d’un chef d’Etat qui aime le football. Laissons aux footballeurs le soin de gérer le football, parce qu’ils l’ont aimé, parce qu’ils l’ont pratiqué. Il faut maintenant qu’ils servent du football. Je peux me targuer d’avoir construit des stades. Je sais que vous êtes venus pour la CAN.

Vous avez regardé les matches à la télévision, vous êtes aussi président d’un club de football, l’Union sportive O’Mbilanziami (OM), actuel 3ème du championnat de Ligue 2, n’avez-vous rien à dire sur cette compétition ?

Jean Boniface Assélé : Je commencerai par dire bravo au président Ali Bongo Ondimba qui aime le football. Et c’est dommage que les Gabonais ne comprennent pas qu’on a un Chef d’Etat qui aime le football. On devrait en profiter, mais pas exagérément. Car il faut que le président s’entoure des hommes de qualité, qui ont de la probité morale, des hommes qu’il affectionne aussi.

Est-ce vrai que le Gabon n’a eu que deux ans pour organiser cette 31ème édition de la Coupe d’Afrique des nations ?

Jean Boniface Assélé : Bravo au président Ali qui a une fois de plus suppléer la Libye parce que cette CAN n’était pas destinée au Gabon, mais à la Libye. Le petit pays qu’on appelle le Gabon a supplée la Libye, un grand pays. Il faudrait qu’à ce niveau, qu’on le comprenne. Bravo aux Gabonais qui ont joué au football parce que ce sont des grands joueurs qui n’ont pas été battus. Ils ont manqué un peu d’expérience. Mais ce n’est pas leur faute, c’est celle des dirigeants. Les dirigeants qui sont là sont incompétents, à tous les niveaux. Car la base d’une organisation, c’est d’abord les dirigeants.

Cette jeune équipe des Panthères joue très bien. Le Cameroun qui gagne la compétition a failli se faire battre par le Gabon, n’eut-été son gardien de but. Le Burkina Faso qui a produit un football spectacle aurait aussi pu se faire battre par le Gabon. Les Panthères ont été à la hauteur.

Le Gabon a-t-il eu raison d’organiser cette compétition ?

Jean Boniface Assélé : Sur le plan africain, le Gabon a bien fait de suppléer la Libye. C’est comme un homme marié qui fait un enfant quelque part. Et la femme vient jeter cet enfant devant la porte de la maison du père de l’enfant. L’homme prend l’enfant et en fait le sien pour éviter l’humiliation, c’est ce que le Gabon a fait pour ne pas humilier l’Afrique. Le Gabon ne s’était pas véritablement préparé au désistement de la Libye. Mais l’Afrique doit saluer le geste du président Ali. C’est vraiment important.

Avez-vous compris le rejet de certains Gabonais par rapport la tenue de cette CAN au Gabon ?

Jean Boniface Assélé : Le président Ali Bongo Ondima, a été insulté de tous les noms d’oiseaux. Mais finalement la CAN s’est passée sans encombre, sans incident majeur. Et le football fut merveilleux. Il y a eu de la population dans les stades durant les matches. Même après l’élimination de notre équipe, les Gabonais sont allés au stade. Ils sont fair-play, ce sont de véritables compatriotes. Je remercie ce peuple gabonais.

Que pensez-vous des infrastructures sociales et de développement construites ?

Jean Boniface Assélé : Dites cela à nos compatriotes. C’est vous qui avez la parole. Expliquez cela dans vos émissions. Tous nos compatriotes ne comprennent pas cela. On va leur dire simplement, ne suivez pas les oiseaux de mauvaise augure. Nous au CLR (Centre des libéraux réformateurs), nous sommes des bâtisseurs. Nous voulons voter des gens qui bâtissent. Ali est un bâtisseur. Ntenchengue, à Port-Gentil était presque inaccessible. Les gens ont voté Ping parce que Ping est de l’Ogooué-Maritime. C’est mon beau-frère, vous comprenez, mais ce n’est pas Ping qui a fait qu’on désenclave Port-Gentil.

Revenons dans le cadre du football s’il vous plaît. Le Gabon n’a-t-il pas perdu beaucoup d’argent avec cette CAN Total ?

Jean Boniface Assélé : Les actes ne comptent plus ? Les gens qui bâtissent ne comptent plus ? Si c’est ce qui marche maintenant, le pays est mort. Parce que nous autres, nous allons dire, nous ne construisons plus.

La 12ème édition de la CAN U17, prévue au Gabon du 21 mai au 4 juin 2017, après la mise à l’écart de Madagascar, est-elle la bienvenue après les réactions de rejet de la CAN Total Gabon 2017 ?

Jean Boniface Assélé : Cela fait partie des retombées bénéfiques de la bonne organisation de la CAN Total, Gabon 2017. Ce sont les Gabonais qui sont allés voler l’argent dans les caisses de l’Etat qui font perdre beaucoup d’argent au Gabon. Je suis d’accord qu’on accepte d’organiser cette CAN U17. Un pays ne peut pas aller en prison parce qu’il a des dettes. Quand un pays riche comme le Gabon dispose du manganèse, de l’uranium, du pétrole etc, il sera toujours courtisé. Si les Français ne veulent plus de nous, on appelle les Chinois, si les Chinois ne veulent plus de nous on appelle les Américains, etc. Si on doit organiser tant de compétitions possibles, on doit le faire pour notre jeunesse.

Quel est votre mot de fin ?

Jean Boniface Assélé : Je pardonne la réticence des Gabonais au départ. Les Gabonais ont compris, ils sont allés nombreux dans les stades durant la compétition. Ils ont été extraordinaires. Devant la télévision, je rougissais de bonheur. Par contre, je pensais aux Gabonais qui rougissaient de colère. Moi je dis chapeau au président Ali Bongo Ondimba, qu’il continue dans cette voie. Ali est très courageux. Que le président écoute des anciens. Qu’il oublie cette phrase célèbre, "on ne fait pas du neuf avec du vieux". Il a fait du tort même à moi. Un jeune ne peut pas construire le Gabon sans moi. En tant qu’ancien enseignant, je dis aux enseignants d’avoir la passion de leur métier, d’aimer le métier. Le reste viendra. S’ils ont la passion d’être fier d’avoir enseigné quelqu’un qui est devenu ministre, le reste viendra.


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