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Alternance Démocratique

Jamel Nkebassani : « Jamais la volonté du peuple gabonais n’a été prise en considération »

Jamel Nkebassani : « Jamais la volonté du peuple gabonais n’a été prise en considération »
Jamel Nkebassani : « Jamais la volonté du peuple gabonais n’a été prise en considération » © 2019 D.R./Info241

L’homme d’affaires gabonais, Jamel Nkebassani, coordonnateur du think tank dénommé Cercle de réflexion stratégique du Gabon qui organise à Paris, le 07 décembre prochain à la 1ère édition du forum « Le Gabon face aux défis d’avenir ». Dans ce cadre, Info241 du groupe Binto Média, partenaire de l’événement s’est entretenu avec le citoyen engagé qui s’est exprimé sur la situation de crise politique gabonaise. En passant en revue les objectifs de ce conclave parisien portant sur les enjeux politiques et économiques, sans omettre les sujets d’actualité.

Info241. Le grand public a découvert votre Think tank à travers l’initiative de ce forum que vous organisez ce 7 décembre à Paris. Présentez-vous davantage à nos lecteurs. Quels sont les objectifs de ce conclave parisien portant sur les enjeux sociaux politiques et économiques gabonais ?

Jamel Nkebassani (JN) : Depuis son avènement à l’indépendance, le Gabon ressemble a une caricature grandeur nature d’un régime dictatorial. L’actuel Président Ali Bongo, poursuit un règne sans partage depuis son lit d’hôpital, après avoir succomber à un AVC, il y a déjà plus d’un an. Il se verrait perpétrer la dévolution monarchique du pouvoir initié par son père, Omar Bongo, mort au pouvoir après 42 ans passés sur le trône.

De la conférence nationale souveraine, et l’instauration du multipartisme, à ce jour, jamais la volonté du peuple gabonais n’a été prise en considération. Le cycle infernal, élection truquée, contestation populaire, répression sanglante, ne s’est que trop répété, lors des scrutins présidentiels de 1993 à 2016. Une situation qui interpelle quiconque s’intéresse de près ou de loin à l’avenir de notre patrimoine commun.

Pourquoi l’organisez-vous à Paris et pas à Libreville, Port-Gentil ou Mouila par exemple ?

J.N : Les violences post-électorales de la dernière échéance électorale, ont fait plus d’une centaine de morts. Le bombardement du QG de Jean Ping, marque le franchissement d’une ligne rouge dans l’escalade de violence, qui a atteint un niveau inouï dans notre pays.

Le Gabon est devenu une prison à ciel ouvert, la liberté de parole n’existe plus et certains de nos intervenants ne peuvent plus retourner dans notre pays librement.

Sommes-nous toujours tributaire de l’héritage des « accords de Paris » et de la tutelle coloniale qui ont accouché d’une souris eu égard la situation politique chaotique actuelle ?

J.N : Cette question sera débattue par nos panélistes et nous rédigerons une synthèse des contributions. À titre personnel je considère que nos problèmes sont gabonais et que nous devons regarder vers l’avant pour faire face aux défis d’avenir.

Que comptez-vous faire des résultats de cette réflexion sur les défis du Gabon face à son avenir ?

J.N : Le résultat des travaux sera publié sur notre site internet. Nous enverrons une note stratégique aux principales institutions du Gabon et à nos principaux partenaires. L’objectif sera ensuite de faire un plaidoyer auprès de toutes les parties prenantes pour faire avancer les choses et construire le Gabon de nos rêves.

Vous décernerez des distinctions à des Hommes et des Femmes pour leurs actions. Quels sont les critères de sélection ?

J.N : Nous avons procédé par un vote interne pour définir les thématiques que nous souhaitons promouvoir et donc récompenser. En ce sens l’engagement citoyen, le courage et le leadership nous semblaient être des évidences pour faire face aux défis futurs. Ensuite pour chaque trophée chacun des membres du comité CRSG a proposé une personnalité et nous avons retenu celui qui obtenait le plus de voix. C’est l’occasion pour moi de préciser que nous sommes un think thank ouvert à tous, y compris aux militants panafricanistes car le Gabon est un cas emblématique sur le continent.

Vous avez été un acteur majeur lors de l’élection présidentielle de 2016 entachée d’irrégularités selon plusieurs organismes internationaux. 3 ans plus tard, quelle analyse faites-vous de cette situation de crise politique avec son lot de violations des libertés publiques et des droits de l’homme ?

J.N : La nuit du 31 août 2016, notre pays a basculé dans l’obscurité et la violence. Depuis les arrestations arbitraires se multiplient. La décision inique de Cour constitutionnelle validant des résultats aussi ridicules que fallacieux a définitivement
décrédibiliser toutes les institutions du pays. C’est donc le Peuple Gabonais qui a été et qui est toujours un acteur majeur et déterminant.

3 ans plus tard on peut se demander où nous allons, ceux qui ont été désavoués par les Gabonais dans les urnes le 27 août 2016 utilisent la force pour se maintenir au pouvoir au prix de violations massives des droits humains. Ils ne soucient plus de l’avenir du pays mais uniquement de leur pouvoir et comme la légitimité ne s’acquiert pas par la force nous sommes dans l’impasse.

Plusieurs hauts responsables font actuellement les frais de l’opération scorpion ? Croyez-vous en l’opération mains-propres des autorités gabonaises ?

J.N : Comme dans tout système mafieux lorsque le chef est brutalement empêché, alors s’amorce une nuit des longs coûteux. Malheureusement la justice ne se donne même plus la peine de dissimuler sa partialité. Le diable se cache dans les détails ! Je tiens simplement à vous remercier pour l’intérêt porté à l’événement que nous organisons.

Propos recueillis : Rostano MOMBO


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