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Vie des partis

Héritage et Modernité pointe le dérèglement institutionnel du régime autocratique d’Ali Bongo


Politique
  • Alexandre Barro Chambrier et les cadres du Rassemblement héritage et modernité © 2018 D.R./Info241
Publié le 17 mai 2018 à 05h08min

A l’occasion d’une conférence de presse organisée ce mercredi 16 à Libreville, Alexandre Barro Chambrier, Président du Rassemblement héritage et modernité a passé en revue la dernière décision de dissolution de l’Assemblée nationale et du gouvernement Issozet Ngonde II, qualifiée de « dérèglement institutionnel » prise par la présidente de la Cour constitutionnelle, Marie Madeleine Mborantsuo et ses juges constitutionnels inféodés au régime despotique d’Ali Bongo. Sans manquer de clarifier la position de son partie suite à l’entrée au gouvernement de son ancien secrétaire général du parti, Michel Menga tout en appelant au boycott national. Décryptage.

« Je voudrais tout d’abord vous adresser les chaleureuses salutations des militants du Rassemblement Héritage et Modernité au nom desquels je prends la parole ce jour. Je veux également vous exprimer toute notre gratitude pour avoir bien voulu couvrir la présente conférence de presse. Celle-ci est donnée ce jour à l’effet d’exprimer le point de vue de notre parti et d’apporter des éclaircissements sur les récents événements intervenus dans la vie politique de notre pays. », a déclaré Alexandre Barro Chambrier dont vous livrons l’intégralité de sa déclaration rendue publique en présence des cadres de son parti politique et des représentants des partis de l’opposition gabonaise.

LE DÉRÈGLEMENT INSTITUTIONNEL

Je voudrais à l’entame de cette conférence de presse évoquer la très préoccupante question du dérèglement institutionnel. En effet, constatant l’inertie patente du Gouvernement, de toute évidence incapable d’organiser les élections législatives à date convenue soit le 28 avril 2018, la Cour constitutionnelle a donc sanctionné la faillite des Gouvernements précédents. Dans une déclaration prononcée le lundi 30 avril 2018 à Libreville, la Cour constitutionnelle a annoncé la non prorogation du mandat de l’Assemblée nationale et donc, par conséquent, mis un terme aux activités de l’assemblée nationale et du gouvernement précédent. Comme chacun sait, désormais les prérogatives de l’Assemblée nationale sont transférées au Sénat. Dans les termes empruntés par la Cour constitutionnelle elle-même, le Chef de l’exécutif a été enjoint de nommer un nouveau Premier ministre aux fins de diriger un nouveau gouvernement désormais responsable que devant Monsieur Ali Bo,go.

De fait, et devant cette étonnante situation inédite dans l’histoire politique de notre pays, c’est sur le fondement de l’article 4 in fine de la Constitution, que le juge constitutionnel a rappelé ce qui suit : « la prérogative particulière dont (…) jouit la Cour constitutionnelle de maintenir en fonction, en cas de force majeure dûment constatée, les membres d’une institution dont le mandat a expiré, n’autorise pas la Haute Juridiction Constitutionnelle à se substituer au peuple souverain en laissant les membres de l’Institution concernée, demeurer en fonction sur des périodes qui pourraient s’assimiler à la durée normale d’un mandat  ».

Pour sa part, le Rassemblement Héritage et Modernité a pris acte de tout ce qui précède et s’étonne à maints égards, du contenu de cette décision de la Cour constitutionnelle qui fait peu de cas de la souveraineté nationale et de la démocratie. En effet, cette décision a une portée éminemment politique qui excède les prérogatives dévolues à la Cour Constitutionnelle. De surcroît cette décision sécrète un dérèglement des institutions. La cour devrait se limiter à fournir au gouvernement des avis au fond.

Par la suite, il incombait exclusivement au Président de la république, en application des dispositions prévues aux articles 15 et 19, de décider et prononcer la dissolution de l’Assemblée nationale et celle du Gouvernement ? Sur quel fondement juridique s’est-elle autorisée à compléter une disposition constitutionnelle en l’occurrence l’article 4 pour transférer les pouvoirs d’une chambre élue au suffrage universel direct à une autre élue au suffrage universel indirect ? En d’autres termes, était-elle en droit de transférer les pouvoirs des représentants du peuple aux représentants des collectivités locales, en substituant de fait un monocaméralisme au bicaméralisme constitué ?

En mettant en demeure le Président de la république de nommer un nouveau Gouvernement désormais responsable devant lui seul, la Cour n’a-t-elle pas substitué un régime présidentialiste à un régime semi-présidentiel ? Puis s’impose à tous, la question de l’existence ou non des contre-pouvoirs. Le président de la République étant pénalement, civilement et administrativement irresponsable, comment dès lors opérera-t-il la mission de contrôle sur un gouvernement responsable devant lui et lui seul.

Avec quelle efficacité, le président de la République exercera-t-il la mission de contrôle de l’action gouvernementale ou d’adoption des lois précitées ? Devrait-on comprendre que désormais le Président de la république se substitue au Parlement sur décision de la Cour constitutionnelle ? Mesdames et messieurs, voilà en peu de mots, les questions sans réponses que se pose le Rassemblement Héritage & Modernité. A la suite de tout ce qui précède, notre formation politique a enregistré le départ d’un de ses membres éminent.

LE DÉPART DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DU R H&M

En effet, Mesdames et messieurs, suite à la formation du dernier Gouvernement en date, la communauté nationale a appris la nomination de Monsieur Michel Menga M’Essone aux fonctions de Ministre d’État, ministre de l’Habitat. Cette nomination a surpris, étonné, créé un vif émoi dans l’opinion et jeté un trouble. Devant cette situation, le R.H&M appelle tout d’abord au ressaisissement et à la sérénité. Je voudrais d’emblée préciser qu’il n’y a pas lieu ici d’instruire un procès contre quiconque mais de fournir des éléments de clarifications sur les circonstances de son départ pour le gouvernement. Notre parti tient ensuite à rappeler que l’intéressé est un de nos membres fondateurs et par conséquent un adhérent de celui-ci, sa contribution à l’affirmation de notre engagement, a été particulièrement remarquée.

Dans l’exercice de sa fonction, l’intéressé, chacun s’en rappelle, a invariablement exprimé avec fermeté, les positions politiques adoptées par notre parti, à savoir en substance le rejet de la gouvernance et de la prétendue légitimité d’Ali Bongo, c’est dire le respect que notre famille politique a eu pour sa sagesse, sa clairvoyance, sa bravoure dans l’adversité. Fort de la confiance placée en lui par les militants de notre parti, je l’ai moi-même délégué, dans le cadre des travaux préparatoires à la mise en place du Centre Gabonais des Élections, pour engager et poursuivre les contacts avec le Ministère de l’intérieur. Dans le prolongement de ces contacts, l’intéressé a été approché à l’effet de faire son entrée au Gouvernement.

La consultation a été menée, dans le cadre d’un plan de débauchage, par monsieur Issozet Ngonde lui-même, afin de tenter de déstabiliser l’opposition. Monsieur Michel Menga M’essone, a eu l’honnêteté de nous en tenir informés. Aussi, à une très large majorité du Secrétariat Exécutif, tout en lui rappelant les positions politiques qui sont les nôtres et qui demeuraient inchangées, nous avons par mes soins tenté de l’en dissuader tout en soulignant qu’une telle participation ne saurait être qu’individuelle, notre parti s’étant toujours refusé de se prêter à de telles manœuvres politiciennes. De fait, la nomination de l’intéressé obéit à des mobiles qu’il lui appartient, à lui seul, d’exposer et d’expliciter.

Je veux redire ici afin qu’il soit bien clair dans l’esprit de tous, que la participation de l’intéressé au Gouvernement est une décision personnelle qui n’engage que l’intéressé et que du reste ce dernier assume. Le gouvernement est, nous dit-on, en charge d’organiser les élections, en quoi a-t-on besoin d’opposants pour cette tâche qui est dévolue au CGE ? Il s’agit ici d’un gouvernement issu d’une dissolution violant la constitution sans un quelconque programme de gouvernement préalable. En réalité, ceux qui sont dans ce gouvernement sont enfermés dans un piège qui se refermera inexorablement sur eux quand viendra l’heure des comptes. Afin que nul n’en ignore, le R.H&M a pris acte de la décision personnelle de l’intéressé et porté, dans un récent communiqué, à la connaissance de tous que notre parti, n’a pas été saisi d’une quelconque participation au Gouvernement, cette proposition, le cas échéant, aurait du reste, été rejetée sans aucune réserve.

Le R H&M demeure un membre actif de la CNR formée autour de son Excellence Jean PING, véritable vainqueur de l’élection présidentielle de 2016 dans notre pays. C’est donc à titre personnel, que Monsieur Michel Menga M’essone fait son entrée dans le nouveau Gouvernement. Sa décision personnelle n’engage pas le R.H&M qui n’en est nullement comptable, l’ensemble des militants de notre parti attend de l’intéressé qu’il tire lui-même toutes les conséquences de sa décision dont nous prenons acte. Car en effet, c’est le lieu d’évoquer les incompatibilités de l’article 132 de nos statuts, dont l’intéressé, premier responsable administratif du parti, était chargé d’en faire observer les termes.

C’est toujours le lieu de rappeler que pour le R H&M, la crise post-électorale prend sa source dans la forfaiture d’Ali Bongo, qui a perdu les élections et s’est maintenu au pouvoir par un coup d’État militaro-électoral. Le R H&M ne reconnaît aucune légitimité à Ali Bongo et ne saurait donc prêter quelque serment que ce soit opportunément ritualisé et qui, au vrai, supplice suprême, masque bien mal un authentique acte de reddition couronné par un aveu d’allégeance. Pour notre formation politique, notre engagement est clair ; faire pièce à une gouvernance désastreuse, loin de tout esprit de revanche personnel ou prétendument familial…nous rejetons le glissement insidieux des institutions vers une hyper présidentialisation du régime qui met en péril la démocratie et l’État de droit.

Nous dénonçons les choix économiques hasardeux, eux-mêmes rejetés par les organismes économiques et financiers internationaux. Nous dénonçons la déliquescence des infrastructures dans tout le pays, nous dénonçons le désastre social occasionné par une gouvernance incertaine, sertie d’effets d’annonces et de promesses démagogiques… Du côté de notre famille politique à savoir la Coalition pour la Nouvelle République, nous rejetons invariablement les appels lancés au boycott des élections législatives et plus généralement des échéances électorales à venir dans notre pays.

L’APPEL AU BOYCOTT

Mesdames et messieurs, l’occasion de la présente conférence de presse m’offre l’opportunité d’évoquer une question qui est débattue au sein de la CNR. Cette question concerne l’appel au boycott des élections législatives lancé par certains dans notre famille politique. Je veux dire à ceux des nôtres qui, au regard des expériences passées nourrissent de bien compréhensibles appréhensions, que tout bien considéré, l’appel au boycott des élections et à l’abstention n’est pas vertueux, l’expérience récente aux législatives de 1990, de mars 1991 (élections à deux tours) et décembre 2011 l’a largement démontré. Cette dernière élection a secrété une majorité monocolore et figée qui a légiféré jusqu’à son récent renvoi.

L’assemblée nationale étant par excellence le lieu, la tribune de l’expression des différentes sensibilités politiques, en décidant de ne pas représenter l’écrasante majorité des gabonais qui réclament sans cesse l’alternance dans l’espoir d’un changement radical de la gouvernance, qui appellent à la démocratie véritable, à l’État de droit, à la prospérité économique et à la justice sociale, l’opposition gabonaise disposerait désormais de quels autres espaces d’expression politique ? Avec le Rassemblement Héritage & Modernité, je pense qu’il n’est pas responsable que l’opposition opte pour une auto exclusion du jeu parlementaire, car elle ne le ferait qu’au détriment des intérêts du peuple gabonais, désormais privé de contre poids et de porte-voix au sein de l’Assemblée.

Il va de soi que si elle venait à reproduire cette erreur stratégique, l’opposition gabonaise perdrait aux yeux de tout le crédit dont elle jouit. Elle établirait durablement dans l’esprit de ceux qui la soutienne au Gabon et hors de notre pays, un doute sur sa réelle capacité à conquérir et exercer le pouvoir. Prôner le boycott revient tout simplement à consolider le pouvoir du régime que nous combattons, et qui n’en demande pas tant. Prôner le boycott, revient à priver l’immense majorité des gabonais qui, du fond du pays, attendent impatiemment l’occasion de ces législatives pour confirmer les résultats de l’élection présidentielle de 2016 et ensevelir le système PDG qui tient, tel un gang mafieux, le pays depuis près de cinquante ans.

Prôner le boycott c’est renoncer à participer à la vie politique, renoncer à exprimer nos opinions sur le processus de décisions qui impacteront notre vie, notre avenir, c’est renoncer à hiérarchiser les interventions publiques, c’est renoncer à améliorer le fonctionnement de notre démocratie par le choix de nos dirigeants, c’est renoncer à protéger nos libertés…c’est une reddition en rase campagne que la majorité de nos compatriotes assoiffés d’alternance et de démocratie rejette. A l’écoute de la demande politique invariablement exprimée par nos compatriotes sur toute l’étendue du territoire national, le Rassemblement Héritage & Modernité, approuve et assume pleinement sa décision de participer aux élections législatives et toutes celles à venir. La priorité pour nous, c’est de renforcer l’unité de notre parti.

Nous devons parfaire notre organisation avec les autres alliés de la coalition pour la Nouvelle République pour la conquête du pouvoir. C’est pourquoi notre parti maintiendra ses contacts et poursuivra son dialogue avec le peuple gabonais dans le pays profond, ainsi qu’avec les partis alliés de la Coalition pour la Nouvelle République formée autour de Jean PING, le Président Élu des gabonais, partis alliés que nous invitons à la vigilance et à l’unité. La récente tournée triomphale dans la province dans l’Ogooué-Ivindo, dont je salue le patriotisme, nous donne la preuve s’il en est besoin, de la pertinence de notre engagement... Oui comme nous l’ont dit nos compatriotes, « c’est le moment de confirmer »… Et nous allons le faire avec toutes les nombreuses coordinations territoriales, et de véritables essaims de militants que nous avons mises en place et celles à venir, ainsi qu’avec les forces alliées au sein de la CNR et toutes celles de l’opposition véritable…qui doivent vectoriser la recomposition et le renouvellement du paysage politique de notre pays.

RECOMPOSITION ET RENOUVELLEMENT DE LA CLASSE POLITIQUE

Car en effet, le mécontentement et les frustrations généralisés dans le pays qui nourrissent l’aspiration au changement de gouvernance, doivent secréter la recomposition du champ de forces politiques et le renouvellement des responsables politiques en notre faveur ; plus de jeunes, plus de femmes, doivent prendre une part, plus active que jamais, dans la vie politique de notre pays et ainsi peser réellement sur le processus décisionnel qui garantit l’intérêt général. A ce titre, dans les temps incertains que notre pays traverse, le rôle des femmes est plus que déterminant.

LE RÔLE DES FEMMES

Dans notre pays en effet, les femmes doivent constamment garder en mémoire que c’est ce régime qui tue leurs enfants avant, pendant et après les élections quand ceux-ci ne demandent que le respect de leur vote. C’est ce régime qui tue leurs enfants, car il est incapable de construire les écoles, de garantir et diffuser l’enseignement de qualité pour tous, gage de mobilité et d’ascension sociale, et de créer les conditions de leur plein épanouissement, quand ces pauvres enfants ne sont pas livrés aux affres des crimes rituels dont les commanditaires, proches du pouvoir, sont suspectés de tous. C’est ce régime qui organise les « porcheries » qu’Ali BONGO lui-même, dans un saisissant aveu d’échec personnel, a reconnu, déploré et dénoncé, assimilant ainsi nos enfants à des porcs...

C’est ce régime qui annonce triomphalement la gratuité des frais d’accouchement et qui, étranglé par sa démagogie, y renonce toute honte bue… C’est ce régime qui offre de dérisoires allocations familiales qui, tout bien pesé, n’aident aucune famille, dans un système de protection sociale à bout de souffle et déliquescent, c’est ce régime qui fait de leurs époux, chefs de famille retraités, des « mal traités » aux pensions dérisoires toujours attendues dans une constante incertitudes. C’est ce régime, qui du haut des tribunes internationales, vante à cor et à cris les vertus du développement durable, et fait illusion en défendant dans un cynisme sans égal, les thématiques savantes sur la protection de l’environnement et qui, sur son propre sol, abandonne ses populations à la pollution, à la croissance itérative des ordures ménagères dans des agglomérations chaotiques, devenues des décharges à ciel ouvert.

C’est ce régime incapable de relever les défis des développements urbains qui trempe ses squats résidentiels dans les déluges des inondations. C’est ce régime qui fait aux femmes, aux jeunes, aux hommes et aux sages de ce pays tant, tant et tant de mal…que faut-il dire d’autre ? Que faut-il dénoncer tant les sujets de la désastreuse gouvernance d’Ali BONGO et de son régime ne manquent pas ? LA DELIQUESCENCE DES INFRASTRUCTURES Doit-on taire l’état déliquescent des infrastructures de notre pays, quel jour de pluie ne nous annonce-t-on pas le piteux état de nos routes ? Quelle province, quelle localité échappe à cette réalité ?

Avant hier l’effondrement du pont de Kango, hier la dégradation du tronçon Ntoum-Kango, Ntoum-Cocobeach, aujourd’hui le consternant cratère de Four-place, l’enfer du tronçon Lastourville-la Lopé pour ne citer que cela… Les gabonais se demandent quand ce pays, leur pays, sera-t-il enfin dirigé par des responsables dignes de ce nom et parfaitement respectables ? Les gabonais s’en remettent à Dieu, l’implorant sans cesse de leur venir en aide.

Le R H&M demande à la communauté nationale et internationale, à tous les partis alliés, membres de la Coalition pour la nouvelle République (CNR) et les partis de l’opposition véritable ainsi qu’à ses militants de se tenir mobilisés la lutte se poursuit. Je vous remercie


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