Affaire présidentielle

Grondé par le fils d’Ali Bongo, le ministre gabonais de l’Economie tente de calmer le jeu

Grondé par le fils d’Ali Bongo, le ministre gabonais de l’Economie tente de calmer le jeu
Le jeune fils d’Ali Bongo (gauche) et le ministre de l’Economie © 2020 D.R./Info241

Après avoir obtenu la démission du recteur de la principale université du pays, le fils prodige du président gabonais Noureddin Valentin, bombardé en décembre coordinateur des Affaires présidentielles, vient de nouveau de faire parler de lui. Le « dauphin » officieux d’Ali Bongo a littéralement tiré les oreilles du ministre de l’Economie Jean Marie Ogandaga dans sa gestion de la grève au sein des régies financières. Au point où le ministre concerné a dû faire son mea-culpa dans un communiqué parvenu vendredi à la rédaction d’Info241.

Jean Marie Ogandaga serait-il un ministre en sursis ? Il y a lieu de le croire au regard de la nature du courrier de réprimandes que lui a adressé le fils d’Ali Bongo le 27 août dernier et qui a fuité cette semaine. Un courrier qui n’est pas sans rappeler celui que le désormais chargé des Affaires présidentielles au palais présidentiel, avait adressé au recteur de l’Université Omar Bongo de Libreville en février dernier, avant d’obtenir sa démission.

Un rappel à l’ordre

Dans son courrier adressé au ministre de l’Economie, Noureddin Bongo Valentin prend le parti de la Confédération des syndicats des régies financières (Cosyref) dans le bras de fer qui l’oppose depuis des mois à l’inertie de Jean Marie Ogandaga dans cette crise sociale. Et particulièrement son refus d’associer ladite confédération syndicale aux négociations sur la prime spécifique réclamée par les agents des régies financières. Ce contre quoi, Noureddin Valentin rappelle au ministre la volonté de son père dans ce dossier.

Le courrier du fils d’Ali Bongo au ministre de l’Economie

« Dans le souci de ramener l’accalmie au sein des régies financières et administrations assimilées vous revient-il d’organiser les négociations avec vos partenaires sociaux afin de trouver des solutions définitives sur cette problématique de prime spécifique », recommande sans détour le coordinateur des Affaires présidentielles au ministre de l’Economie. Avant de lui dicter sa conduite : « De concert avec votre collègue chargé du Budget, vous devriez proposer une grille de primes selon des critères préalablement définis comme la catégorie professionnelle ».

Et pour s’assurer que Jean Marie Ogandaga s’exécute, Noureddin Valentin va jusqu’à réclamer de celui-ci un compte rendu qui devra être « présenté » directement à Ali Bongo, court-circuitant au passage la Première ministre Rose Christiane Ossouka Raponda. Une sommation officielle du palais présidentiel qui a eu le chic de faire réagir le ministre de l’Economie qui s’est fendu d’un communiqué d’explication vendredi, pour tenter de dédouaner dans cette affaire devenue présidentielle.

Un désaveu en demi-teinte

« Le ministère de l’Economie et de la Relance informe l’opinion publique qu’aucune interruption [du dialogue social] n’est intervenue au cours des derniers mois », s’est défendu pour sa part le ministère dans son communiqué-réponse. Et pour preuve, les services de Jean Marie Ogandaga se disent ouverts « au dialogue social et informe de la poursuite de rencontres dans un cadre d’échanges interministériels ».

Le contre communiqué de Jean Marie Ogandaga

Rebondissant sur l’immiscion de la présidence gabonaise et du fils d’Ali Bongo dans son bras de fer avec les agents des régies financières, le ministère de l’Economie préfère tirer le drap de son coté. « En se référant à la tutelle pour le suivi de ce dossier, la présidence de la République marque son attachement au strict respect des procédures administratives et au bon fonctionnement de l’administration », conclut le communiqué ministériel. Espérons pour lui que de dauphin présidentiel de la famille Bongo ait vu les choses sous cet angle.


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