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En grève depuis une semaine, les enseignants du centre Basile Ondimba durcissent le ton

En grève depuis une semaine, les enseignants du centre Basile Ondimba durcissent le ton
En grève depuis une semaine, les enseignants du centre Basile Ondimba durcissent le ton © 2021 D.R./Info241

Réunis au sein du syndicat national des enseignants et personnels de la formation professionnelle (SNEPFP), les enseignants formateurs du centre de formation professionnel et de perfectionnement Basile Ondimba ont décidé de tout arrêter à l’issue d’une assemblée générale extraordinaire tenue mercredi 20 janvier, à leur piquet de grève dans lesdits locaux. Ils entendent ainsi susciter une réaction de leur tutelle qu’ils disent regretter l’indifférence face à leurs revendications.

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Ils sont au piquet de grève au lieu dit « l’arbre à palabre » depuis une semaine. Après avoir respecté toutes les procédures administratives devant aboutir à une grève générale stricte, le SNEPFP est passé à la vitesse supérieure hier. En mettant fin au service minimum qu’ils ont observé et respecté depuis une semaine, pour barricader tout accès à l’intérieur du vaste complexe de formation situé dans la zone industrielle d’Oloumi (5è arrondissement de Libreville). Courroucés par le mutisme de leur hiérarchie qu’ils assimilent à un mépris total, ces personnels de la formation professionnelle ont dit n’avoir autre choix que de hausser le ton.

Une vue des lieux

Réunis mercredi en assemblée générale, ils ont décidé à l’unanimité de la fermeture complète du seul portillon qui donnait encore accès à leur lieu de travail. Ce qui aura pour conséquence que les cours de l’Institut supérieur des technologies (IST) avec lequel ce centre partage cet espace, vont connaitre des perturbations. De même que les employés de la direction de l’Agence nationale de la formation professionnelle elle-même.

À l’origine de tout cette radicalisation, les enseignants-formateurs ont déposé un cahier des charges à leur tutelle depuis plusieurs mois. Sans suite. Ledit cahier comportait comme points de revendications :
- le rafraîchissement du personnel administratif (nominations et mutations)
- le dispositif sanitaire
- le réaménagement du calendrier inter-stage 2019-2021
- le paiement des primes.

À ces quatre points, aucune satisfaction obtenue. Pas même un interlocuteur désigné par leur chef hiérarchique. Un comportement qui fait penser à du mépris de leur tutelle, d’après Edmond Hendet Ngadi, le président du SNEPFP : « Nous sommes effectivement entrain de penser aujourd’hui que notre ministre, madame Madeleine Berre, veut tuer la formation professionnelle au Gabon. Sinon, comment comprendre qu’elle soit l’unique ministre à ce jour à la tête de ce département qui a réussi à organiser un concours d’entrée à la cohorte en formation en cours, sans jamais parvenir à l’en sortir au terme des dix-huit mois que prévoit ladite formation ici ? »

Et d’ajouter : « La cuvée actuelle, du fait du coronavirus, n’a que 6 mois de formation à ce jour. Il lui reste donc encore un an. Ce qui nous entrainerait à 2022. Voyez-vous, on tendrait vers 4 ans de formation. Ce serait inédit ! Le Gabon retiendra. Mais au delà de ça, il faut dire que madame la ministre ne s’intéresse pas véritablement à la formation professionnelle. Mais plutôt à de nouveaux pans de celle-ci, tels que les centres de Nkok et d’Akanda, ou encore vers tous les projets qui parlent des financements de la BAD etc. Or, à y regarder de près, derrière les déclarations de bonnes intensions, rien de bien impressionnant n’est effectif sur le terrain. C’est d’autant plus déplorable quand on sait que le chef de l’Etat lui-même place la formation professionnelle de la jeunesse gabonaise au centre, sinon parmi les priorités de l’action de tous ses gouvernements successifs ».

Ce jeudi, alors que le SNEPFP a effectivement mis sa menace à exécution en bloquant le portillon qui donnait encore accès au complexe Basile Ondimba, le président du conseil d’administration de l’agence qui gère cette école, M. Akoulou, présenté d’ailleurs par les enseignants comme un PCA illégal parce que disent-ils, il serait à plus d’un an de la durée légale prévue par les statuts qui régissent le fonctionnement de leur école, l’aurait forcé. Ce qui a occasionné quelques affrontements entre lui et les grévistes.


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