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Gabonews suspendu par la HAC pour avoir diffusé un discours « haineux » sur Sylvia Bongo

Gabonews suspendu par la HAC pour avoir diffusé un discours « haineux » sur Sylvia Bongo
Gabonews suspendu par la HAC pour avoir diffusé un discours « haineux » sur Sylvia Bongo © 2020 D.R./Info241

La Première dame du Gabon, Sylvia Bongo, sait compter sur la dextérité de la Haute autorité de la communication (HAC) pour la protéger contre ses détracteurs de plus en plus nombreux depuis que de rumeurs incessantes la présente comme la véritable maîtresse du pays, en lieu et place de son époux Ali Bongo. Dénonçant un discours de haine et anti « étrangers » dont fait partie visiblement l’épouse du président gabonais, la HAC a sanctionné ce samedi, le média en ligne Gabonews pour avoir relayé vendredi le discours « haineux » d’un opposant au régime de Libreville.

La HAC vient à nouveau de frapper ce samedi. Cette fois, c’est le média en ligne Gabonews qui vient d’écoper d’une suspension d’un mois pour avoir diffusé les propos de l’opposant Paul-Marie Gondjout, à charge contre Sylvia Bongo et « les gabonais d’adoption » qui auraient élu domicile au sommet de l’Etat. Pour la HAC qui dit s’être auto-saisit dans cette affaire très politique, les faits sont suffisamment graves pour qu’elle intervienne.

La déclaration à l’origine de la colère de la HAC

Considérant les propos de l’opposant diffusé par notre confrère comme « subversifs » mais aussi qu’ils « stigmatise une catégorie, les gabonais d’adoption, et constitue à bien des égards une incitation à la révolte, à la sédition et à la haine ». Selon le gendarmes des médias, le discours incriminé et diffusé le vendredi 13 mars bien que faisant « l’autopsie politique, économique et sociale de notre pays » et ergotait « sur les détournements massifs des derniers publics, la santé, l’éducation, le pouvoir d’achat, les routes etc » avait selon lui des relents xénophobes. Un angle de défense repris par la presse présidentielle ou assimilée.

Le communiqué de sanction de la HAC

Des propos qui n’ont visiblement pas plu au gendarme des médias qui a réagit moins de 24h après la diffusion de ce discours, ce bien même que nous étions un samedi. Plutôt que de sanctionner l’auteur des propos, la HAC a choisi de ne s’attaquer qu’au canal dont s’est servi l’opposant pour faire passer son message. Le nœud de la colère de la HAC étant « la stigmatisation des étrangers, des compatriotes naturalisés et plus particulièrement de madame l’épouse du chef de l’Etat ». Ce, pour s’être interrogé à haute voix sur la tournée avortée qu’entendait mener Sylvia Bongo à l’intérieur du pays.

Ce n’est pas la première fois que l’opposition gabonaise prend à partie l’épouse d’Ali Bongo. Le rival d’Ali Bongo, Jean Ping, l’avait clairement désigné comme la véritable régente du pays en lieu et place de son mari, effacé de la vie politique en raison de son AVC survenu en 2018. Cette sanction a tout de même été acceptée par le média en ligne incriminé qui a dit respecter cette décision, avant de donner rendez-vous à ses lecteurs dans un mois, soit le 14 avril 2020.


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