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Alternance démocratique

Kenya/Gabon : Cour suprême historique vs Cour constitutionnelle gabonaise anti-Républicaine


Analyse
  • Les 9 juges constitutionnels siégeant à la Cour constitutionelle du Gabon © 2017 D.R./Info241
Publié le 4 septembre 2017 à 20h15min

L’alternance démocratique et la crédibilité des institutions sont-elles une chimère en Afrique centrale, en l’occurrence au Gabon ? Il aura suffit de quelques mots définitivement ancrés dans l’histoire Continentale pour que Marie - Madeleine Mborantsuo ( l’impératrice de la Cour Constitutionnelle ), belle-mère d’Ali Bongo et ses huit nigauds soient ringardisés au possible, relayés au rang de « curiosité institutionnelle préhistorique ». Ce vendredi 1er septembre 2017, la Cour Suprême du Kenyan présidée par le juge sieur David Maraga a fait « un grand pas » pour la démocratie en Afrique en invalidant le très contesté scrutin présidentiel du 08 août 2017. Donc c’est possible !!!

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Par cet acte héroïque, les juges suprêmes kenyans ont décidé en leur âme et consciences et conformément en leur serment de protéger la Constitution et donc de défendre le peuple, car au Kenyan comme dans la plus part des Etats, la Constitution est la garante des droits fondamentaux et des libertés publiques des citoyens des pays concernés. Le peuple kenyan, a ainsi retrouvé sa voix, sa force grâce à l’impartialité et au courage de sa Cour suprême. Cette décision bien que ne concernant que la présidentielle au Kenya, doit servir de référence pour les juges constitutionnelles actuels en Afrique, tous plus ou moins vassaux des pouvoirs en place, mais aussi pour les constitutionnalistes et citoyens gabonais qui doivent dès à présent réfléchir au rôle et à l’encadrement de la Cour Constitutionnelle une fois la chute d’Ali avérée.

La décision historique de la Cour suprême kenyane par son ampleur et ses conséquences oblige en effet le peuple gabonais dans sa totalité à une certaine rétrospective sur le rôle incendiaire de la Cour constitutionnelle de Marie- Madeleine Mborantsouo dans les violations multiples de la Loi Fondamentale et surtout d’envisager le prisme des sanctions qui pourraient être infligées à tous ses membres. Le Cas du kenyan met aussi en relief la partialité de la commission électorale locale, ce qui n’est pas sans rappeler la Cenap (Commission nationale autonome et permanente), dirigée par le « tristement célèbre » René Aboghe et son "pion" Ghislain Oyouah, respectivement président et vice président de la dite commission.

Même si l’heure est à l’action pour le départ du « Boucher du bord de mer » , les gabonais ne doivent surtout pas oublier les architectes du régime dictatorial au Gabon dont font partie les membres de la Cenap et de la Cour Constitutionnelle. Leur avenir doit se dessiner dès aujourd’hui pour ne pas être surpris au moment de la chute du régime par un arsenal juridiques peut être insuffisant au regard des crimes et du nombre des personnes tombé au Gabon pour la démocratie.

Au delà des crimes économiques et financiers, fraudes électorales, violations des Droits de L’Homme de la Constitution et des engagements internationaux dont se rendent coupables les juges constitutionnels dans leur totalité et les autorités organisatrices des élections, il faut relever et mettre en exergue la systématisation, l’automatisation, l’organisation de ces crimes qui sont, mis ensemble, des éléments d’une extrême déloyauté envers la Nation Gabonaise. Ce rôle de pourfendeur de l’Etat de Droit et de pourvoyeur de munitions contre le peuple ne devrait il pas être envisagé sous l’angle de la Haute Trahison ; laquelle peut être définie comme des actes d’une extrême déloyauté envers la Nation ?

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Voici nommément ceux qui se sont rendus coupables de haute trahison une énième fois après avoir le dictateur Omar Bongo Ondimba (42 ans au pouvoir), ces juges constitutionnels ont tous cautionné le deuxième coup d’état électoral d’Ali Bongo :

1. Marie Madeleine Mborantsuo (Présidente, docteur en droit, magistrat de l’ordre financier, née le 18 avril 1955 à Franceville).
2. Hervé Moutsinga (Doyen, docteur en médecine, né le 12 décembre 1934 à Tchibanga).
3. Louise Angue (Vice-doyen, magistrat hors hiérarchie, née le 4 Janvier 1951 à Bitam).
4. Christian Baptiste Quentin (Membre, juriste né le 14 avril 1957 à Ndjolé).
5. Claudine Menvoula Me Nze (Membre, médecin gynécologue, née le 24 Nombre 1957).
6. François De Paul Adiwa-Antony (Membre, magistrat hors hiérarchie de l’ordre financier, né le 26 Octobre 1958 à Libreville).
7. Christian Bignoumba Fernandes (membre, juriste, né le 7 Février 1959 à Tchibanga).
8. Jacques Lebama (Membre, magistrat hors hiérarchie de l’Ordre Judiciaire, né le 23 Avril 1964 à Koula-Moutou).
9. Afriquita Dolorès Agondjo (Membre, juriste, née le 12 Janvier 1967 à Paris (France).

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Dès lors la question doit se poser. Des réflexions doivent être portées notamment, s’agissant de l’imprescriptibilité de la Haute Trahison au regard de la longévité des présidents et membres des institutions concernées( Marie-Madeleine Mborantsuo, Louis Angue, Hervé Moutsinga, vingt six ans d’ancienneté, Lambert Noël Matha, au moins vingt ans d’office en qualité de secrétaire général du ministère de l’intérieur ...) car dans peu de temps, les Gabonais auront à juger des crimes de Marie- Madeleine et compagnie, et vue la quantité de sang que ces individus ont sur les mains.

Le statut de simple vassal du suzerain sanguinaire d’Ali Bongo Ondimba, ne saurait suffire ni même correspondre aux membres de la Cour constitutionnelle, de la Cnap, aux ministres de l’intérieur concernés dont Jean François Ndougou , Guy Bertrand Mapangou, Pacôme Moubelet Moubeya et leur secrétaire général commun le cynique Lambert Noël Matha. Que du beau monde ! Enfin, les juges Kenyans ont ordonné l’organisation d’un nouveau scrutin présidentiel dans soixante jours suivant la décision. Cela peut - être heureux pour le Kenyan puisque les observateurs internationaux notamment avaient salué la bonne tenue du scrutin.

Le cas du Gabon est en cela différent. L’ensemble des missions d’observations et leurs observateurs, issus de la communauté internationale, intervenus au Gabon ont fustigé dans leur intégralité l’opacité, le manque de sincérité du scrutin Gabonais. Amenant ainsi, les parlementaires européens dans la résolution B8/0120/2017 du 02 février 2017 portant sur la crise de l’état de droit en République démocratique du Congo et au Gabon (2017/2510(RSP)), à dénoncer l’illégitimité d’Ali Bongo Ondimba à la tête du Gabon. Les procès verbaux attestés au Gabon ont tous rapporté la large avance de suffrage du président élu de la République gabonaise, Jean Ping sur Ali Bongo malgré les tripatouillages dans le Haut -Ogooué et l’Estuaire - 60.000 voix d’avance -

Ainsi, l’organisation d’un nouveau scrutin au Gabon ne se justifie pas tel qu’il peut se justifier au Kenyan. En effet si la loi organique de la Cour constitutionnelle gabonaise commande dans ses articles 82 à 84, la tenue d’un nouveau scrutin dans les bureaux de vote concernés par la fraude, il est un élément nouveau et primordial à prendre en compte qui est la mise en cause directe d’Ali Bongo Ondimba devant les justices françaises et internationales pour crime contre l’humanité.

Qui oserait donc réorganiser les élections dans l’Estuaire ou dans le Haut-Ogooué, où certains membres de l’opposition ont déclaré à visage découvert, après le dépouillement avoir été corrompus en faveur du « Faussaire de la République », avec un candidat dont l’intégrité morale est mise en cause et les crimes de sang avérés ? Qui osera faire avaler cette pilule amère et indigeste aux Gabonais ? Pourquoi au nom des ambitions personnelles des « usés et désabusés de la politique » les gabonais devraient renier leurs bulletins du 27 Août 2016 qui a signé leur engagement dans la lutte contre la tyrannie et pour la démocratie ?

Car juridiquement, démocratiquement et légitimement cela ne se justifie absolument pas. Qui oserait appeler à une transition sans le président élu Jean Ping au motif que la CC a triché ; et alors que la large avance de Jean Ping est confirmée dans les rapports internationaux ? A tous ces « juristologues, sociologues, dialoguistes, et ninistes » en tout genre, la souveraineté ne se négocie pas ! Le peuple Gabonais s’est exprimé dans les urnes à travers le suffrage universel souverain et a de facto choisi dans sa majorité Jean Ping, point barre ! Et c’est un fait indéniable qui sera marqué dans les annales historiques de la République gabonaise.

Avec Collectif Gabon Démocratie


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