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Examens supprimés au Gabon : pourquoi faut-il obligatoirement organiser le CEPE ?

Examens supprimés au Gabon : pourquoi faut-il obligatoirement organiser le CEPE ?
Examens supprimés au Gabon : pourquoi faut-il obligatoirement organiser le CEPE ? © 2020 D.R./Info241

Le gouvernement gabonais a annoncé le 30 juin la suppression de deux examens scolaires que sont le Certificat d’études primaires élémentaires (CEPE) et du Brevet d’études du premier cycle (BEPC) en raison de la crise de coronavirus. Une décision qui n’est du tout du goût de l’enseignant, Marcel Libama, qui dans cette tribune démontre pourquoi il faut obligatoirement organiser le CEPE cette année. Analyse.

Le CEPE est aujourd’hui à la fois un examen et un concours d’entrée en 6ème. Si on supprime cette année le concours, cela voudrait dire que le passage se fera sur la base des notes des Maîtres de CM2. On peut pas remplacer un système de passage injuste par un système plus injuste.

Pour la petite histoire, le concours d’entrée en 6ème a été maintenu en raison du nombre de places très limitées en 6ème, on ne peut pas faire passer tous ce qui ont la moyenne.

Nous avons grossomodo 50000 candidats pour moitié de places disponibles en 6ème dans tout le Gabon.

Chaque année les chefs d’établissements donnent au ministère le nombre de places disponibles. Le nombre d’admis en 6ème correspond au nombre de places.
Beaucoup d’élèves reprennent le CM2 tout simplement parce que les structures d’accueil sont largement insuffisantes.

Les structures d’accueil ne peuvent pas accueillir tous les élèves ayant obtenu la moyenne. Parfois, on est obligé d’envoyer dans le privé laïc certains admis que l’état n’arrive plus à payer aujourd’hui les frais décollage laissant les parents et les chef d’établissement dans les problèmes.

Faire reposer le passage sur la base unique des notes des maîtres c’est la catastrophe assurée lors de la proclamation.

De nombreux parents d’élèves vont bien pleurer. La sincérité des notes de beaucoup d’enseignants sera sujet à caution quand on sait que dans le privé, le pourcentage au CEPE est une arme puissante de marketing. Quand on sait aussi que le pourcentage est pour certains chefs d’établissements, un outil de promotion ou de maintien au poste, que beaucoup sont chef d’établissement dans leurs propres villages cest donc une course à tous les excès et vices.

Certains enseignants et chefs d’établissements pour le pourcentage vont gonfler les notes et, le ministère ne verra que du feu.

Dans ce pays on se connait bien , pour être sur qu’un élève ait une place en sixième, il faut gonfler sa moyenne car, avec un simple 10, c’est pas sûr d’avoir une place. Je suis convaincu que beaucoup de moyennes seront subjectives. Le concours a le mérite d’assurer l’égalité des chances chère au chef de l’état. Les victimes seront les enfants des Makaya.

Organiser le CEPE à Léconi ou à Mékambo ça ne coûte rien de plus.
Les élèves dans différents départements de notre pays vont à l’école à pied pas besoin de transport coûteux.

Franchement c’est les masques, le savon et les gels hydro-alcooliques que le gouvernement ne peut pas mettre dans les centres d’examen ?
On ne peut pas mettre le CEPE et le BEPC au même niveau. Le faire c’est méconnaître notre système éducatif.

Je sais que pour le ministre, la voie de la raison n’est pas toujours la plus facile à suivre au ministère de l’éducation.

Je vous averti du désordre et des injustices immenses que les mesures qui ne reposent pas sur la réalité vont causer.

Tant que nous n’aurons pas investi dans les structures d’accueil et la formation des maîtres le concours reste le moyen le moins mauvais de passage en sixième.

C’est maintenant qu’il faut agir pour éviter les larmes de crocodile à la proclamation. Vous n’aurez aucun moyen de contester les résultats techniques fabriqués par certains chefs d’établissements pour avoir beaucoup d’amis.

J’avertis sérieusement le ministre de l’éducation national s’il ose faire la sorcellerie sur nos enfants il va nous trouver sur son chemin.

Le ministre de l’éducation nationale c’est pas le ministère des eaux et forêts.
L’éducation est une question éminemment politique c’est pourquoi je dis à nos élus promptes à légiférer en faveur des homosexuels, que les hommes naïfs par leur position seront touchés par l’avenir de leurs enfants.

C’est quoi cette histoire que le Congo a coté fait le CEPE et nous a Boumango a la frontière on ne fait pas c’est pas le même coronavirus ?

Marcel Libama


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