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Bras de fer

Estelle Ondo promet tribunaux et dissidence à ses anciens amis de l’Union nationale


Politique
  • Estelle Ondo, le 17 décembre à Libreville © 2016 D.R./Info241
Publié le 19 décembre 2016 à 13h28min

Interrogée par nos confrères du quotidien pro-gouvernemental l’Union, l’ancienne 5e vice-présidente exclue de l’Union nationale (UN) en raison de son entrée au gouvernement d’Ali Bongo, Estelle Ondo, a difficilement digéré son exclusion du parti d’opposition. La désormais ministre d’Ali Bongo que son parti appelait pourtant à battre lors de la présidentielle controversée du 27 août dernier, promet de contre-attaquer sa sanction par voie juridique et n’exclue pas de créer une aile dissidente.

L’exclusion d’Estelle Ondo de l’Union nationale continue de faire pester la concernée, exclue du parti d’opposition pour avoir acceptée d’entrer au gouvernement gabonais contre la volonté et l’avis des instances dudit parti. Dans une interview accordée ce lundi à l’Union, la très récente ministre des Eaux et forêts n’entend pas en rester là sur son exclusion prononcée le 15 décembre par le Conseil de discipline (CD) de son ancien parti dirigé par Raphaël Bandega Lendoye.

"Moi, je n’ai demandé qu’à me défendre à travers mes avocats, qui ont trouvé des choses à redire sur la composition du CD. Parallèlement à cela, j’ai envoyé au président du parti une demande de récusation de certains membres du CD. Car je ne savais pas sur quelle base ils avaient été choisi", s’est-elle exprimée dans les colonnes du quotidien pro-gouvernemental gabonais ce matin.

La militante exclue dénonce le non respect de procédure. Elle dénonce le comportement "salafiste" de certains de ces "anciens amis" de l’UN dans cette procédure de discipline. Lors d’une première réunion du CD, Estelle Ondo et ses avocats auraient demandés "un certain nombre de documents" préalables pour "garantir les droits de défense". Une demande non satisfaite qui l’a conduite à bouder la seconde réunion du CD qui a prononcé son exclusion du parti.

Pour sa défense, le jeune ministre évoque des précédents dans le parti, proche selon elle de sa situation. "Je vous prendrais l’exemple de M. Kombé Lékamba - paix à son âme. Il s’était présenté aux dernières élections législatives alors que le parti les avait boycottées", s’est elle défendue. Et de s’insurger : "Plus près de nous, au sortir de la dernière Présidentielle, plusieurs de nos scrutateurs ont reconnu avoir reçu de l’argent de nos adversaires. A ce jour, ils n’ont fait l’objet d’aucune procédure disciplinaire".

Celle qui avait soutenu Jean Ping qui conteste toujours la victoire d’Ali Bongo a exprimé ainsi les raisons de sa volte-face et de son entrée au gouvernement de l’ennemi politique de son ex-parti : "Qu’est-ce qui est plus grave, se laisser acheter par nos adversaires ou prendre ses responsabilités en se disant que l’élection présidentielle est terminée et qu’il fallait aller vers l’apaisement le dialogue et donc accepter d’entrer au gouvernement".

Pour maintenir une certaine pression sur ses anciens camarades de l’UN, Estelle Ondo persiste et signe : "J’irai devant les tribunaux. Au besoin, je créerais pourquoi pas une aile dissidente". Voici qui est donc dit ! Rappelons que l’ancienne militante de l’UN avait fait campagne pour Jean Ping avant de faire son revirement politique perçue comme une trahison par ses pairs de l’opposition et de l’UN en particulier.


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