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France à fric gabonaise

Éclairage sur la présence des Françafricains qui soutiennent Ali Bongo au Gabon


Analyse
  • Ali Bongo et son soutien françafricain de l’époque Nicolas Sarkozy © 2017 D.R./Info241
Publié le 12 juillet 2017 à 08h08min

Depuis la sortie du hors-série de ’’Complément d’enquête’’, diffusé jeudi dernier sur les antennes de France Télévisions, la réponse du ’’néo panafricain’’, président controversé et de ses fanatiques est qu’il s’agit d’une ’’opération à charge’’ diligentée par les tenanciers de la Françafrique contre la souveraineté nationale gabonaise. Chamberland Moukouama, journaliste polémiste a pris soin de poser sa plume dans un post intitulé ’’ L’insoutenable légèreté de la réflexion’’ afin de démontrer à l’opinion gabonaise qu’il n’y a pas plus françafricain qu’Ali Bongo et son régime PDG qui doivent leur longévité dictatoriale (au pouvoir depuis 1968 au Gabon) étant les produits de cette même Françafrique.

Ali Bongo est devenu un grand panafricaniste, le nouveau souverainiste, celui qui a osé dire non à la France au Gabon pour les fanatiques hommes de médias notamment de la télévision du palais du bord de mer ’’Téléafrica’’. On entend et lit ainsi toutes les balivernes dans les forums des complotistes africains. Mais qu’est-ce qui a réellement changé depuis les deux dernières élections présidentielles au Gabon en 2009 et 2016 ? Ces deux rendez-vous électoraux de grande envergure aussi littéralement "volées" en faisant couler le sang des citoyens gabonais épris de justice et de démocratie, par deux coups d’état militaro-électoral, par le même enfant gâté de la Françafrique, Ali Bongo Ondimba.

Le vrai changement tient peut-être au fait que le locataire de l’Élysée à l’époque (un certain Nicolas Sarkozy) s’était empressé de reconnaître Ali Bongo comme ’’président élu’’...anéantissant de fait toutes les velléités de contestation du vrai vainqueur dans les urnes, André Mba Obame ; dans ce même climat de massacre des populations civiles, suivi d’une campagne médiatique onéreuse auprès des différentes chaînes de radio et de télévision françaises et africaines. Aujourd’hui tel n’est plus le cas. Nous vous livrons dans les lignes qui suivent l’intégralité de l’analyse du journaliste gabonais, Chamberland Moukouama.

’’ L’insoutenable légèreté de la réflexion’’

Purée de manioc ! Ces jeunes gabonais qui rivalisent de déclarations de soutien à Ali Bongo s’entendent ils parler ? Plus grave, ce sont les"analyses" et les "émissions de débats" de nos sémillants journalistes. Je peux encore leur concéder le droit de soutenir qui ils veulent...Mais de grâce mettez-y du (bon) contenu. Le monde nous regarde...C’est le siècle d’Internet.

N’y a-t-il finalement aucun esprit éclairé dans cette écurie des émergents pour trouver des éléments de langage afin de rendre leurs discours intelligibles au sujet de cette sulfureuse Françafrique qu’elle se trouve soudainement à abhorrer ?
Pour manifester leurs mécontentements à la suite du documentaire sur le clan Bongo diffusé sur France2, tous azimuts ils parlent de la domination française au Gabon et des réseaux de la Françafrique dont Ali Bongo serait un farouche opposant au nom de la diversité économique et du bien-être des gabonais.

Un vertige...Tout simplement assommant.

Dites-leur qu’il y a encore à la présidence gabonaise des hommes et des femmes d’origine française nommés par Ali Bongo pour le conseiller. Ont-ils entendu parler d’Eric Chesnel ? Il est loin d’être un myené d’Ombooué ou un benga du cap esterias.
Dites-leur que Mr Édouard Valentin, est à la tête d’un empire qui protège les intérêts de ces mêmes réseaux français, notamment dans les assurances et bien d’autres. N’a-t-il pas chapeauté la campagne d’un certain Jacques Chirac au Gabon ? Je confonds de Valentin certainement.

Oui dites à ces jeunes qui défendent Ali Bongo et qui disent qu’ils s’opposent aux réseaux mafieux de la Françafrique, que le PMUG et les autres entreprises corses dont sont actionnaires les membres de sa famille et qui font du bon chiffre d’affaire au Gabon, font partie de ces réseaux là. Nos jeunes enthousiastes ont-ils la mémoire si courte ou feignent-ils d’ignorer que M.Christian Kerangal désigné par Ali Bongo him self, est celui-là même qui a géré les centaines des milliards des 2 éditions de la CAN de football est loin d’être un fang de Makokou mais un de ces influents français à la tête de l’une des plus importantes mastodontes de la nébuleuse delta synergie dont fait partie le clan Bongo. Last but not least...Bien sûr que chacun d’entre vous peut compléter ce tableau non exhaustif.

Si vous voulez on peut bien parler des coopérants militaires, du camp De Gaulle ou des occupants de ce bâtiment aux services hautement sensibles qui jouxte l’entrée des ambassadeurs du palais présidentiel gabonais : le Silam ça s’appelle, le centre d’écoutes. Savez-vous seulement combien des gabonais y travaillent ? Huummm ! Bien sûr que vous êtes nombreux à imprimer vos journaux et autres supports de propagande à l’effigie de votre champion à multipress. C’est qui Multipress ?

La constitution et tous les codes de procédures que nos Hommes de loi récitent vaillamment par cœur ne sont-ils pas une pâle copie de cette France là ? Dites à ceux qui ont fait le choix de défendre Ali Bongo après la diffusion sur France 2 de ce documentaire à charge, de bien réfléchir à ce qu’ils disent car tout ce qui a été dit jusqu’à présent est d’un savant amalgame à susciter la bonne rigolade.

Et ce soir ou demain vous serez nombreux à hurler, crier de joie en suivant un match de football sur Canal+, la chaîne de Vincent Bolloré. N’en rajoutez pas sur la couche...On se moque bien de vous. De quoi parlent-ils, s’étonnent les amis du Gabon. Vous êtes libre de défendre Ali Bongo et c’est votre droit. Mais mettez-y de l’épaisseur. Pourquoi n’organisez-vous pas une bonne fois pour toute une grande émission sur Gabon télévisions au cours de laquelle les gabonais auront la possibilité d’intervenir en direct. J’ai écrit.
Chamberland Moukouama


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