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L’invité de la rédaction

Jean Ping : « Le peuple gabonais doit poursuivre le combat jusqu’à la victoire finale »


L’invité d’Info241
  • Jean Ping s’exprimant sur le crise post-électorale lors de notre entetien © 2016 D.R./Info241
Publié le 25 novembre 2016 à 14h20min

Dans un entretien exclusif accordé récemment à Info241, Jean Ping qui revendique toujours sa victoire à la dernière élection présidentielle du 27 août dernier a réaffirmé à Paris, son assurance à incarner dans les faits le mandat de Président de la République élu du Gabon, confié librement et démocratiquement par le suffrage universel du peuple gabonais. L’ancien Président de la Commission de l’Union Africaine à bâtons rompus, nous livre son analyse de la crise post-électorale qui secoue le Gabon, en réaffirmant au peuple gabonais sa détermination à tourner la page d’Ali Bongo et du système Bongo-PDG au pouvoir présidentiel depuis 50 ans.

Le diplomate gabonais en stature présidentielle, qui séjourne en France après une mission aux Etats-Unis et qui s’apprête à regagner Libreville demain, éclaire la lanterne sur son nouveau mode de gouvernance. Sur le dialogue national voulu par le régime en place, Jean Ping affirme radicalement qu’il n’ira jamais au dialogue fomenté par Ali Bongo Ondimba et ses sbires. Et qu’il souhaite organiser un dialogue national inclusif ouvert à toutes les forces vives de la nation afin de faire reconnaître aux yeux du monde le souhait d’alternance démocratique largement exprimé par le peuple gabonais, au soir de l’élection présidentielle du 27 août dernier.

Vous êtes au cœur de la crise post-électorale qui secoue le Gabon depuis le 31 août qui a été marquée par ce que vous qualifiez de coup d’état militaro-constitutionnel, plus d’un mois après cette crise, quel diagnostic faites-vous de la situation ?

Jean Ping. Ecoutez, la crise est simple à comprendre et le monde entier sait ce qui se passe au Gabon. Nous avons eu des élections dans des conditions déséquilibrées, mais nous avons gagné cette élection d’une manière claire et nette. Et le monde entier sait que nous avons gagné cette élection présidentielle malgré les déséquilibres qu’ils avaient et Ali lui-même sait que nous avons gagné cette élection. Mais comme à l’accoutumée, ils ont pensé qu’ils pouvaient faire toujours la même chose, car depuis des décennies, l’opposition gagne toujours les élections et n’arrive pas à accéder au pouvoir. C’est toujours ce même système qui prévaut, c’est-à-dire coup d’état militaro-électoral, qui amène le pas à être figé depuis plus de 50 ans, c’est la même chose. Cette fois-ci, il y a eu quand même, une différence appréciable.

Nous avons eu des élections dans des conditions déséquilibrées, mais nous avons gagné cette élection d’une manière claire et nette. Et le monde entier sait que nous avons gagné cette élection présidentielle malgré les déséquilibres qu’ils avaient et Ali lui-même sait que nous avons gagné cette élection".

D’abord, parce que nous avons gagné nettement, très nettement nous avons gagné des élections présidentielles, si bien que le tripatouillage qui a été essayé par le régime a été beaucoup plus compliqué. Et absolument peu crédible, ils ont triché d’une manière grossière. Et le problème est tel que ceux qui ont gagné les élections, c’est-à-dire nous, représentés en ma personne doivent accéder au pouvoir présidentiel purement et simplement. Le problème est de savoir comment nous empêcher d’accéder au pouvoir pendant que c’est nous qui avons gagné les élections ? Voilà l’équation, elle est simple. Cette situation-là, nous amène à dire que 2016 ne sera pas 2009. Et que nous allons lutter pour que la reconnaissance de la victoire de l’opposition à l’élection présidentielle qui vient de se dérouler soit reconnue.

Nous n’avons pas de doutes que ça finira par l’être. Mais la voie est périlleuse, le régime d’Ali Bongo Ondimba utilise tous les moyens, ils ont les gros moyens pour nous contrarier. Voilà l’équation qui est nette. Et ce que la diaspora fait depuis plus de 9 semaines est quelque chose d’extraordinaire dans la lutte pour la reconnaissance de notre victoire. Vous voyez comme je le soulignais hier que la mobilisation de la diaspora en Europe, dans le monde et singulièrement en France elle est quand même exemplaire, car c’est du jamais vue.

Près d’un mois après le bombardement de votre QG par l’armée gabonaise, comment avez-vous vécu cette situation qui a endeuillé de nombreuses familles gabonaises ?

Jean Ping. Vous voyez la grossièreté et le caractère inhumain, terroriste du régime d’Ali Bongo. On vient bombarder nuitamment, tuer des personnes qui s’y trouvaient, au sein même du quartier général de l’opposant qui a gagné les élections. Comment peut-on imaginer une chose pareille ? Ce qui se passe au Moyen-Orient où le régime syrien bombarde son opposition et la communauté internationale juge ça scandaleux et inacceptable vient de se passer au Gabon. Le régime a bombardé le QG de celui a remporté les élections sans que nous en face nous ayons fait montre d’une violence extrême. Le régime d’Ali Bongo veut justifier cet acte par l’attaque perpétrée contre l’édifice qui abrite l’Assemblée Nationale. D’abord, il faut souligner que l’Assemblée Nationale est un édifice public, qui n’est pas la propriété privée de la famille Bongo Ondimba. Comment opposer à la destruction d’un édifice public, la destruction d’un domicile privé d’un opposant nuitamment avec es hélicoptères, des chars etc.

Ce qui se passe au Moyen-Orient où le régime syrien bombarde son opposition et la communauté internationale juge ça scandaleux et inacceptable vient de se passer au Gabon".

Vous voyez, c’est inadmissible et d’ailleurs, il y a une thèse qui circule qui dit que comme Hitler l’a fait en 1933 en faisant détruire le Reichstag (Ndlr : L’incendie du Reichstag, en allemand : Reichstagsbrand, est l’incendie criminel du palais du Reichstag, siège du parlement allemand à Berlin, dans la nuit du 27 au 28 février 1933. Immédiatement exploité par les nazis à des fins politiques, il est suivi par la proclamation de la Reichstagsbrandverordnungqui suspend sine die les libertés individuelles et par une campagne de répression dirigée contre les communistes allemands ), en accusant les juifs et les communistes pour mieux s’attaquer à eux, comme aussi Néron l’a fait Ali Bongo s’étant inspiré de ça pour faire détruire, tenter de faire incendier l’Assemblée Nationale pour se donner un prétexte d’attaquer mon QG. Ce qui est inacceptable et ce que nous déplorons, c’est le mutisme de la communauté internationale qui attaque facilement la Syrie et on ne dit rien, sinon pas grand-chose pour des faits similaires au Gabon.

Vous avez par ailleurs saisi la CPI pour qu’elle constate et sévisse au sujet de ce que vous qualifiez comme crimes contre l’humanité commis selon vous par le régime, pouvez-vous nous éclairer sur ses faits que vous décriez. Et où en est la procédure auprès de la CPI ?

Et je vous garantis que la CPI va prendre, par rapport au dossier que nous avons bien ficelé, des décisions qui s’imposent et ils verront comment les choses vont se passer".

Jean Ping . La procédure de la CPI avance très bien parce que nous sommes avec notre avocat sur le point d’aboutir. Et elle est facilitée parce que le régime d’Ali Bongo avec une série de confusions est allé jusqu’à lui-même appeler la CPI. Avec des avocats qui ne comprennent rien, ils ont pensé qu’on peut combattre le feu par le feu. Nous avons porté plainte à la CPI, eux-aussi portent à leur tour plainte à la CPI sauf qu’ils ne connaissent absolument rien la CPI, les avocats du régime ne connaissent absolument rien de la CPI. De toute les façons, la CPI est là maintenant, elle a été saisit par Ali Bongo et son régime, et par nous, et nous allons continuer la procédure. Et je vous garantis que la CPI va prendre, par rapport au dossier que nous avons bien ficelé, des décisions qui s’imposent et ils verront comment les choses vont se passer.

Plusieurs riverains du Gabon parlent d’une militarisation du pays empêchant toute contestation citoyenne. Quel est le contexte socio-politique dans lequel les gabonais vivent en ce moment ?

Jean Ping. Les Gabonais vivent actuellement une situation dramatique. Les Gabonais sont arrêtés tous les jours, pour des motifs fallacieux. Ils sont emprisonnés et torturés au B2 (Ndlr : Services de la contre-ingérence et de la sécurité militaire). Vous connaissez les cas les plus récents, il a des militaires, des anciens militaires, mais il y a aussi des civils. Vous connaissez les noms des militaires qui ont été arrêtés, simplement parce qu’ils ont des liens de parenté avec moi, comme Remanda (Ndlr : Christian Remanda Ndinga, Capitaine de Frégate de la Marine Nationale Gabonaise et Directeur adjoint des Écoles des Forces Armées, qui a été libéré aujourd’hui après deux mois et deux jours de détention arbitraire.), il a été arrêté parce que c’est mon parent. Or, on ne choisit pas ses parents. Et bien d’autres encore ont été aussi arrêtés dans les mêmes conditions, et on peut bien le comparer à un délit de faciès, simplement parce que vous appartenez à tel groupe ethnique, on vous arrête. Vous avez des militaires à la retraite comme le colonel Makita, ayant officiellement pris sa retraite, qui milite dans un parti qui me soutient et en est le vice-président qui a été arrêté.

Les Gabonais vivent actuellement une situation dramatique. Les Gabonais sont arrêtés tous les jours, pour des motifs fallacieux. Ils sont emprisonnés et torturés au B2 ".

Or, il n’y a aucune raison d’arrêter un ancien militaire à la retraite simplement parce qu’il me soutient. Il y a des jeunes gens comme Wolf, qui est conseiller municipal à Libreville qui a été aussi arrêté parce qu’il a un groupe de jeunes adhérents des partis qui me soutiennent. C’est incroyable mais voilà la situation chaotique dans laquelle les gabonais vivent au quotidien. On arrête Madame Mbot, deux jours, trois jours ont la relâche parce que simplement elle a plaidé en faveur de Jean Rémy Yama, l’enseignant chercheur leader syndicaliste. Et qui a été d’ailleurs libéré parce que le syndicat enseignant s’est mis-en en grève. Et on l’a libéré et le jour de sa libération, on a arrêté Mme Lucie Mbot et on l’a enfermé au B2. C’est ça la vie quotidienne gabonaise, il y a des militaires partout. Toutes les places publiques sont occupées par des militaires armés jusqu’aux dents. Comment voyez-vous, un président qui prétend avoir gagné les élections, et qui ne maîtrise plus rien et qui dirige par la terreur, par les milices, par les mercenaires. Et ce, en torturant les civils gabonais.

En refusant l’issue du contentieux électoral qui a vu la CC confirmer l’élection d’Ali Bongo Ondimba, vous avez mis en place un Conseil de la Résistance tout en réaffirmant votre victoire, peut-on considérer cet acte comme le début officiel de votre mandat présidentiel ? Vous avez l’ambition de prêter au serment ?

Jean Ping. La lecture faites de l’extérieure du pays, élude une réalité pesante, le Gabon n’est pas un pays d’Etat de droit, où la liberté existe ou ce genre de choses peuvent se faire d’une façon normale. Au Gabon ce n’est pas le cas et donc nous n’avons pas voulu former un gouvernement sous mon leadership, car il est avéré que j’ai gagné les élections présidentielles en prêtant serment. D’abord, nous devions prêter serment devant quelle autorité ? Et nous avons donc évitez cela en faisant croire que ce n’était pas impossible. Le régime d’Ali Bongo et son gouvernement étaient armés jusqu’aux dents en pensant que nous allions faire cela. On ne l’a pas fait, ils étaient très surpris. Et nous avons fait croire que nous allions prêter serment et ils se sont réarmés de nouveau pour attendre la prestation de serment.

Nous avons créé ensemble la Coalition pour la Nouvelle République qui est en train de se structurer. Au sein de cette coalition, nous avons bien évidemment, le Conseil Gabonais de la Résistance".

Evidemment nous n’avions pas l’intention de prêter serment, devant quelle autorité ? Et c’est constamment ce jeu du chat et de la souris que nous avons entretenu. Mais nous avons une coalition qui m’a porté au pouvoir avec Guy Nzouba Ndama, leader du parti Héritage et Modernité, avec Casimir Oyé Mba et son parti l’Union Nationale avec bien entendu la coalition des partis politiques qui me soutiennent dénommée ‘’Galaxy Ping’’. Et nous avons créé ensemble la Coalition pour la Nouvelle République qui est en train de se structurer. Au sein de cette coalition, nous avons bien évidemment, le Conseil Gabonais de la Résistance, qui est partie intégrante étant un organe de cette coalition. Pour l’heure, nous sommes en train de mettre en place les structures de cette coalition avec des dirigeants et des organes. Je peux par exemple vous dire que le comité stratégique est dirigé par le président élu que je suis, et les vice-présidents qui sont les autres membres que je viens de mentionner précédemment et qui appartiennent à la coalition.

En ce moment, nous formons une série des comités qui réfléchissent sur des sujets majeurs comme le dialogue national que nous comptons organiser très prochainement. Ces différents comités planchent sur les divers problèmes qui se posent comme par exemple un organe en charge de la communication. Car nous avons une faiblesse à ce sujet étant donné la destruction par Ali Bongo et son régime de notre matériel technique et diverses interdictions injustifiées ici et là. Mais aussi, en structurant les réseaux sociaux pour le compte de notre communication. Toutes ces questions sont en cours d’examen. Tout ceci participe à un mode de gouvernance parallèle, car nous avons pensé que nous ne devons pas créer un gouvernement formel ça nous aurait posé beaucoup de problèmes. Mais les structures de la coalition ressembleraient à un gouvernement parallèle puisqu’il s’agit de la gouvernance de notre parti et donc de notre coalition.

Depuis l’annonce des résultats définitifs de la présidentielle, le camp Ali Bongo appelle à un dialogue national sous son égide. Quelle analyse faites-vous de cette main-tendue qui semble plaire à certains de vos anciens soutiens ?

Je crois qu’Ali Bongo est en entrain de distraire le peuple gabonais. Il préconise un dialogue pour lui permettre de durer au pouvoir".

Jean Ping. Je crois qu’Ali Bongo est en entrain de distraire le peuple gabonais. Il préconise un dialogue pour lui permettre de durer au pouvoir. Pendant que ce dialogue se tient, il va nous promettre mille et une choses, tandis que lui sera établi président et c’est lui qui guidera ce dialogue et il demeure. Et il voudrait perdurer par cette ruse, mais une chose est claire, nous n’accepterons jamais ce dialogue. Nous n’irons jamais à ce dialogue. Dans la deuxième question que vous avez posée, vous pointez certains de mes colistiers qui sont tentés par ce dialogue, mais moi je trouve que dans cette démarche que nous menons, il y a n’a qui abandonne en cour de route, pour mille et une raisons.

Nous n’irons jamais à ce dialogue organisé par Ali Bongo. Il y a n’a qui change de route. Il y a n’a qui trahissent, qui vont à la soupe. Tout ceci existe dans tout mouvement de notre genre".

Il y a n’a qui change de route. Il y a n’a qui trahissent, qui vont à la soupe. Tout ceci existe dans tout mouvement de notre genre. Donc de mon point de vue, il ne faut pas prêter une attention excessive à cela, il faut considérer tous ces faits comme des épiphénomènes qui se produisent lorsque vous avez décidé d’entreprendre une grande marche. Il ne faut s’en inquiéter et il ne faut pas non plus s’en préoccuper. Nous on avance, ceux qui tombent, tombent, ceux qui succombent à des tentations, succombent à des tentations. Nous allons poursuivre ce combat avec la même détermination.

Vous avez affirmé récemment vouloir organiser sous vos auspices un dialogue inclusif de réconciliation nationale quand comptez-vous l’organiser ? Et avec quels acteurs ?

Jean Ping. Ecoutez, il faut garder cela de deux manières, il y a d’abord le dialogue nous nous proposons dès notre accession au pouvoir qui est un dialogue fondateur de la Nouvelle République. Ceci prendre la forme d’une conférence nationale qui regroupera tout le monde : la nouvelle majorité présidentielle, la nouvelle opposition de l’époque et la société civile. Parce que les gens ne sont pas suffisamment entrés dans la modernité pour intégrer l’importance de la société civile qui est d’une importance capitale. Donc vous voyez, nous ferons un dialogue inclusif qui réunira tous les gabonais, je me répète à nouveau, nous de la nouvelle majorité au pouvoir et ceux de la nouvelle opposition bien entendu avec l’implication totale de la société civile.

Nous ferons un dialogue inclusif qui réunira tous les gabonais, je me répète à nouveau, nous de la nouvelle majorité au pouvoir et ceux de la nouvelle opposition bien entendu avec l’implication totale de la société civile".

Ce dialogue nous permettra de mettre tout à plat, d’entreprendre une réconciliation. Et de prendre toutes les dispositions qui s’imposent pour faire rentrer le Gabon dans la modernité. Et nous avons un deuxième dialogue nous voulons faire très vite, et tous nos experts sont en train de plancher sur la forme que nous voulons donner à ce dialogue, pour contrer celui d’Ali Bongo. Et nous sommes en train de réfléchir sur l’offre qui va être faite pour ce dialogue qui doit intervenir très rapidement.

L’état gabonais a éprouvé la difficulté à payer les salaires de près de 19.000 fonctionnaires ce mois et plusieurs partenaires internationaux ont mis un frein à plusieurs contrats avec le Gabon, quel est selon vous l’état actuel de l’économie gabonaise ?

Jean Ping. L’économie gabonaise est parterre, elle est absolument parterre. Ali Bongo et son régime n’arrivent plus à payer les fonctionnaires, ils ne savent pas comment les payer. Ils ne savent pas comment régler leurs dettes auprès de certaines entreprises, ils ne savent pas comment honorer les engagements pris. Et donc l’économie gabonaise est parterre, absolument parterre. Le régime d’Ali Bongo est allé emprunter de l’argent chez les forestiers, il a demandé aux sociétés pétrolières de les aider. Ils sont obligés d’aller tirer des ressources des crédits de la Banque Centrale, ils accentuent l’arnaque des entreprises nationales et étrangères par des redressements fiscaux, à travers une collecte des impôts faites brutalement et injustement.

L’économie gabonaise est parterre, elle est absolument parterre. Ali Bongo et son régime n’arrivent plus à payer les fonctionnaires, ils ne savent pas comment les payer. Ils ne savent pas comment régler leurs dettes auprès de certaines entreprises, ils ne savent pas comment honorer les engagements pris".

Le pouvoir n’a plus donc les moyens de sa politique car l’économie gabonaise va à volons. Cela veut dire que les mesures prises depuis le 06 octobre dernier, lorsque nous avons décrété un deuil national, pour honorer nos morts qui a été un très grand succès, l’économie n’a pas démarré. Les activités n’ont pas vraiment démarrées. L’enseignement que vous le savez, il y a la grève et donc la rentrée scolaire est calamiteuse, elle ne se fait pas. Et les résultats des décisions prises par nos soins pour l’ingouvernabilité du pays sont là. Il n’y a pas d’argent dans les caisses publics de l’Etat.

De par le monde, la diaspora gabonaise est particulièrement active pour défendre votre victoire et le respect de la vérité des urnes. Comment pensez-vous capitaliser ce soutien indéfectible qui s’est fait spontanément et qui ne faiblit par depuis 9 semaines ? Quelle lecture faites-vous de cette résistance qui tant à s’organiser autour de votre leadership ?

La diaspora porte ici et ailleurs, le combat du peuple gabonais contrarié à l’intérieur par la militarisation du pouvoir, par l’interdiction de manifester et tout ce que vous savez. Ici, vous êtes l’écho du peuple gabonais, suivi du monde entier. Et ce que la diaspora gabonaise fait dans son ensemble est vraiment admirable".

Jean Ping. Vous savez, j’ai eu l’occasion de le dire lorsque je me suis adressé un jour après mon arrivée à Paris, à l’ensemble de la diaspora à la place des parvis des droits de l’homme, au Trocadéro moment une nouvelle marche s’organisait, c’est proprement admirable ce que la diaspora fait ici car c’est du jamais vu. C’est exceptionnel d’abord pour le Gabon, car historiquement c’est la première fois que les Gabonais s’organisent avec une telle vigueur, de cette manière en période électorale. Et ce, avec un franc succès et c’est une première fois.

Et la diaspora porte ici et ailleurs, le combat du peuple gabonais contrarié à l’intérieur par la militarisation du pouvoir, par l’interdiction de manifester et tout ce que vous savez. Ici, vous êtes l’écho du peuple gabonais, suivi du monde entier. Et ce que la diaspora gabonaise fait dans son ensemble est vraiment admirable. Tous les Gabonais de l’intérieur suivent toutes vos manifestations et actions en admiration et encouragent à continuer le combat. Il faut tenir encore bon, parce que je sais que la victoire est proche.

Vous êtes en visite en France depuis quelques semaines et vous avez récemment séjourné aux Etats-Unis, quels sont les objectifs de cette sortie du territoire gabonais ? Qu’entendez-vous de la communauté internationale dont les mesures tardent toujours pour l e cas du Congo Brazzaville, au Burundi ?

Jean Ping. Justement suite à des prises de position de certains membres de la Communauté internationale qui ne sont pas parfaitement audibles et du fait que les mesures tardent, j’ai jugé utile de faire un tour pour visiter les capitales de nos partenaires. En France c’est très important, la France est un partenaire séculaire et privilégié, et donc c’est tout à fait normal que je vienne ici pour sensibiliser les divers acteurs de la vie politique française pour que notre victoire devienne effective. Je me suis rendu à l’Union Européenne (UE) qui a joué un rôle très important dans l’observation des élections présidentielles du 27 août dernier et le rapport de la Mission d’observation de l’UE doit sortir très prochainement il était de bon aloi de voir ces différents acteurs.

Au niveau de la France, je crois que Monsieur Mélenchon a été très claire dans ses différentes interventions et sorties publiques d’où je lui ai remis une lettre de remerciements au nom du peuple gabonais. Car il a eu le courage de dire les choses clairement à l’endroit des autorités politiques françaises et européennes".

Aussi bien au niveau de la Commission de l’UE qu’au niveau du Parlement européen à Strasbourg notamment. Ma mission est d’abord de les remercier pour le travail effectué. Remercier tous les partenaires qui nous ont aidés. Au niveau français, je crois que Monsieur Mélenchon a été très claire dans ses différentes interventions et sorties publiques d’où je lui ai remis une lettre de remerciements au nom du peuple gabonais. Car il a eu le courage de dire les choses clairement à l’endroit des autorités politiques françaises et européennes, si nous ne sommes pas capables de résoudre une équation à un seul inconnu, c’est-à-dire Ali Bongo, ce n’est pas les problèmes au Moyen-Orient, qui a plusieurs inconnus. Il va falloir être conséquent et clair, en remerciant toutes ces personnalités françaises, internationales, comme Bo Ibrahim par exemple qui a aussi exprimé le désaveu du régime d’Ali Bongo sans prendre des gants. Et donc il faut les encourager à soutenir la lutte du peuple gabonais pour sa libération. Nous avons un front intérieur et un autre extérieur, et nous pensons qu’il important de le dire et de le faire.

Nous arrivons au terme de cet entretien exclusif, on ne peut plus exhaustif sur la crise post-électorale gabonaise que vous avez bien voulu accorder à la Rédaction d’Info241.com, quel est le message que vous souhaitez délivrer in fine au peuple resté confiné au Gabon et à la diaspora gabonaise du monde entier ?

Il faut encourager l’ensemble du peuple gabonais à persévérer jusqu’à la victoire finale à l’intérieur comme à l’extérieur du pays".

Jean Ping  : D’abord remercier le peuple gabonais et l’ensemble de sa diaspora d’avoir voté pour nous. Il faut le dire parce que nous n’avons jamais vu une victoire aussi claire et aussi nette que celle-ci. Et cette victoire revient d’abord au peuple gabonais de l’intérieur et de l’extérieur pays. Deuxièmement, il faut encourager l’ensemble du peuple gabonais à persévérer jusqu’à la victoire finale à l’intérieur comme à l’extérieur. Vous savez qu’Ali a traité son opposition de chiens qui aboient et que la caravane passe, plusieurs artistes, dans la diaspora et ailleurs ont répliqué en disant qu’il ne s’agit plus de chiens, mais des panthères dont il a affaire. Et les panthères ne vont pas se contenter de laisser passer la caravane, elles vont stopper la caravane et la renverser. C’est cela le message fort que je souhaite adresser au peuple gabonais dans son ensemble, l’ensemble du peuple gabonais doit poursuivre ce combat jusqu’à la victoire finale, de la libération pour le respect de la souveraineté nationale.

Propos recueillis par Rostano Éloge Mombo Nziengui.


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