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Polémique Olam

« Le rapport de Mays Mouissi commandité par Olam Gabon est d’une indécence morale »


Société
  • « Le rapport de Mays Mouissi commandité par Olam Gabon est d’une indécence morale » © 2018 D.R./Info241
Publié le 5 juin 2018 à 11h31min

Les réactions controversées ne désemplissent pas suite au rapport lié à l’impact économique d’Olam en terre gabonaise. En effet, réagissant à la polémique Olam et à la restitution du rapport Mays Mouissi Consulting/Marc Ona Essangui sur les « Impacts des activités du Groupe Olam sur l’économie de la République gabonaise entre 2010 - 2017 », Daniel Mengara, président du mouvement politique gabonais Bongo Doit Partir (BDP Modwoam) estime que ce rapport pose un problème moral qui doit interpeller tous les Gabonais. Décryptage.

Pour l’opposant radical, Daniel Mengara, professor à Montclair State University (Etats-Unis), « le Gabon ne changera pas sans l’engagement moral ferme de tous les Gabonais et Gabonaises qui souhaitent la fin du bongoïsme mafieux qui meurtrit le Gabon depuis plus de 50 ans. Il manque une cohérence morale dans la démarche d’analyse économique de Mays Mouissi Consulting et Brainforest de Marc Ona au sujet des impacts des activités d’Olam au Gabon ».

L’intégralité de l’analyse de Mengara

Mengara rappelle l’exigence morale d’une collaboration dite professionnelle et commerciale avec le régime d’Ali Bongo qu’il qualifie d’une dictature tyrannique. Tout en soulignant qu’au Gabon, plusieurs rapports de qualité ont été réalisés par les organismes internationaux réputés tel que le FMI, la Banque mondiale, le PNUD... mais n’ont jamais servis dans la réorganisation des projets de développement gouvernemental depuis plus de 50 ans au Gabon.

Le Dr Mengara scrute de fond en comble ce rapport en relevant les contre-sens, notamment l’absence notoire d’une implication concrète de Marc Ona ni de Brainforest. Aucune mention de sa collaboration sur la page de garde et au sein de l’intégralité du rapport. Aucune donnée environnementale, si ce n’est une exposition publique pour tenter de crédibiliser cette opération de communication politique et de marketing publique orchestrée par Olam et de le gouvernement d’Issoze-Ngondet III.

Dr Mengara souligne l’incongruité monopoliste d’Olam dans les secteurs clés de l’économie gabonaise indiquée dans ce rapport analytique, ’’Impacts des activités du groupe Olam sur l’économie de la République gabonaise entre 2010-2017’’, qualifié « de transparent, d’indépendant et exclusivement économique » par le jeune analyste économique gabonais, Mays Mouissa Kinga.

L’universitaire qui milite pour la fin du système Bongo-PDG, relève le manque de pertinence morale d’un tel rapport commandité et payé par Olam car ne publiant pas de bilan financier annuel. Pour le chercheur gabonais, ce rapport semble avoir un but d’enrichissement personnel et donc véritablement orienté pour crédibiliser l’implntation éléphantesque d’Olam, depuis 10 ans avec une mainmise vorace du marché forestier et agricole, très critiquée par plusieurs analystes économiques gabonais.

Daniel Mengara pointe les contre-sens, la moralité de ce rapport de Mays Mouissi Consulting et de Brainforest du prix Goldman, Marc Ona Essangui, leader de la société civile environnementale en terre gabonaise. Il relève notamment une mainmise totale d’Olam sur les pans de l’économie gabonaise. En y voyant selon son analyse la pratique de spoliation du vivier financier gabonais par la famille Bongo dans l’actionnariat de cette pieuvre business dont les activités économiques sont d’une curieuse diversification économique.

Ce n’est pas tout, l’universitaire gabonais dénonce les mélanges des genres de Marc Ona et de Mays Mouissi. Le premier fût engagé auprès des leaders de l’opposition lors de la dernière élection présidentielle de 2016 notamment quant il s’est agit de la candidature unique autour de Jean Ping. Le second était il ya encore quelques mois sur les plateaux télévisés français pour décrier la compilation des résultats finaux controversés de l’élection présidentielle de 2016.

Souvent l’opposition gabonaise s’est appuyée sur ces analyses pour fustiger « le coup d’état militaro-électoral » d’Ali Bongo au sortir de son élection très controversée dont les rapports d’observation de l’Union européenne et de la Francophonie ont dénoncé des « irrégularités évidentes ».


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