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Crise post-électorale

Contentieux électoral : le verdict de la Cour constitutionnelle attendu ce vendredi


Société
  • Une vue de l’audience publique d’hier © 2016 D.R./Info241
Publié le 23 septembre 2016 à 07h47min

Qui sera le prochain président du Gabon ? Quelle est la vérité des urnes ? Ces questions sont à l’origine de la saisine de la Cour constitutionnelle saisit par 3 candidats à la présidentielle gabonaise du 27 août dernier. Hier soir, une audience publique a été retransmise à la télévision publique restituant les rapports des juges sur ces différents recours introduits avant la délibération qui aura lieu ce jour.

Le Gabon retient son souffle. Hier soir, les Gabonais ont a pu assister à la retransmission sur les médias publics de l’audience publique de la haute cour, préliminaire à la mise en délibéré des deux des trois recours déposés par les candidats Jean Ping, Gérard Ella Nguema et Abel Mbombe Nzondo. Ce dernier cité, a finalement renoncé à sa saisine au cours de son instruction.

La soirée fut longue pour les Gabonais. L’audience publique a débuté à la moitié de 19h et s’est poursuivie jusqu’à minuit. Ce, pour rendre publiques les rapports des juges. Le plus attendu de tous était sans nul doute celui de Jean Ping qui revendique la victoire au président sortant. La lecture du rapport a pris une heure et demi et s’est soldée par les observations des avocats de Jean Ping et d’Ali Bongo. Les deux parties n’ont eu que 10 minutes pour rebondir sur les éléments rapportés par la Cour.

L’un des deux avocats de Jean Ping, Jean-Rémy Bantsantsa a relevé que la procédure d’instruction s’était déroulée dans une totale opacité avant de relever plusieurs imprécisions dans le rapport du juge doyen Hervé Moutsinga (81 ans). "L’instruction d’une affaire veut dire qu’on écoute tout le monde, on entend tout le monde, on procède à des confrontations", s’est insurgé l’avocat. Celui-ci a affirmé que tous les procès verbaux étaient disponibles dans leurs feuillets originaux qu’ils auraient bien voulu voir confronter à ceux de la Commission électorale, accusée d’avoir fabriqué de faux PV favorisant le candidat sortant.

Puis vint le tour des 6 avocats d’Ali Bongo dont la défense n’aura consisté qu’à une salves d’affirmations non établies, relevées par les avocats des requérants et les observations du ministère public. Maître Francis Nkéa qui a pris la parole au nom de ce collectif de conseils, a lui insisté sur la valeur de « puissance publique » que revêtait les documents de la CENAP. Avant de s’exclamer : "Il n’y a pas un droit pour le Haut-Ogooué et un autre droit électoral pour les autres provinces. Si nous utilisions les procès-verbaux de la CENAP pour les huit provinces que les deux parties ont acceptées, il est tout à fait normal que pour le Haut-Ogooué on utilise aussi les mêmes procès-verbaux !".

L’autre recours déposé par le candidat Gérard Ella Nguema visait l’annulation de l’élection des résultats de la province du Haut-Ogooué et de celle du Woleu-Ntem. Le candidat qui s’est auto-représenté sans avocat, a souhaité la récusation de deux membres de la Cour constitutionnelle : Marie-Madeleine Mbourantsuo et Afriquita Dolorès Agondjo. La Cour devrait statuer sur ces éléments ce vendredi.

C’est donc le jour le plus long qui débute aujourd’hui pour la nation gabonaise. Les juges de la Cour détiennent ainsi l’avenir du pays et de son prochain président. Va-t-elle enfin se borner à faire parler les vrais chiffres ou cautionner le hold-up électoral qui se dessine au regard des incohérences évidentes relevées par Jean Ping et plusieurs observateurs internationaux ? Réponse cet après-midi ou tout au plus dans la soirée.


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