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Agenda caché

Brice Laccruche dans le Haut-Ogooué : une tournée et de nombreuses zones d’ombre !


Politique
  • Brice Laccruche dans le Haut-Ogooué : une tournée et de nombreuses zones d’ombre ! © 2019 D.R./Info241
Publié le 2 juillet 2019 à 16h58min

Le week-end écoulé, le tout puissant directeur de cabinet civil, politique et administratif d’Ali Bongo était dans le bastion de la famille Bongo. Se voulant rassembleur, celui que ses admirateurs appellent affectueusement BLA a malgré lui, laissé plusieurs indices qui trahissent ses ambitions boulimiques de pouvoir qu’il semble soit convoiter, soit préparer pour un gourou tapis dans l’ombre.

Il a fallut qu’il aille dans le Haut-Ogooué pour un week-end politique très tapageur la semaine dernière pour que Brice Fargeon Laccruche Alihanga dévoile un peu plus encore son appétence pour le pouvoir.

Ali Bongo absent depuis 9 mois...

Faut-il le rappeler que depuis octobre 2018, son patron direct, Ali Bongo qu’il s’est efforcé durant toute sa présence à Franceville à rendre présent dans la tête et l’esprit de ses parents, a disparu des radars ? Et ce ne sont pas les mille et un appels à lui adresser toutes les éloges qui changeront cette réalité. Les Altogovéens ne l’ont plus entendu ni vu depuis neuf mois !

Un instantané de cette tournée partisane

D’abord, c’est avec un peu de recul que plusieurs observateurs se rendront compte qu’en fait, les derniers remaniements intervenus au sein du parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir depuis 1967) ne visaient qu’un seul objectif en réalité : propulser Brice Laccruche Alihanga au poste très convoité de membre du bureau politique (MBP) pour qu’il soit désormais libre de violer la totale discrétion que lui impose le poste de directeur de cabinet du chef de l’État gabonais, du reste très contesté.

Un directeur cabinet peu discret

Il ne vous aura pas échappé qu’alors qu’il était sorti pour superviser quelques travaux d’aménagement dans la capitale, il y a quelques semaines, le DC du « distingué camarade président » que personne ne distingue plus nulle part depuis bientôt un an, avait été au cœur d’une vive polémique au Gabon. Il aura fallut rapidement lui tailler un autre rôle à sa mesure pour que pareil affront ne lui arrive plus. Et pas meilleur champ d’expérimentation de ce jeu que le Haut-Ogooué.

Ensuite, il faut se rendre à l’évidence qu’outrepassant ses prérogatives de DC, nul ne comprend en qualité de quoi il entraîne derrière lui une équipe de ministres du gouvernement dont il n’est pas le chef hiérarchique politiquement comme protocolairement parlant. Ironie du sort, tous ou presque sont issus de son association des jeunes volontaires (AJEV) mué également sur la sphère politique en Rassemblement pour la restauration des valeurs (RV, majorité).

Le PDG snobé

D’ailleurs, son président, pourtant député PDG de Bitam, Tony Ondo Mba sera l’homme le plus présenté durant la tournée comme le Jésus-Christ qui a solution définitive aux récurrents problèmes d’eau au Gabon. Autre élément curieux, le tout nouveau membre du bureau politique du PDG évite soigneusement de se vêtir aux couleurs du grand parti des masses comme tous les autres. C’est d’ailleurs la même attitude observée chez Tony Ondo Mba.

Les couleurs du parti boudées par le membre du bureau politique et sa suite

Plus tard, quand BLA qui n’est pas déjà très à l’aise comme orateur, va prendre la parole, il veut se poser clairement en grand rassembleur et seul et unique mandataire d’Ali Bongo auprès des siens, on note bien l’absence à ses côtés, de plusieurs figures de proue de la province qui auraient dû l’accompagner au « village ». Les cas d’Oyiba et d’Ali Akbar Onanga Y’obegue l’attestent. Dès cet instant, les plus alertes ont dû se rendre compte de sa difficulté à rester cohérent et convainquant durant ses allocutions. Préférant mettre en avant son pragmatisme devant le besoin.

Un agenda caché

On aura bien compris qu’il se passe quelque chose que l’on ne veuille nous dire pour le moment. Toujours est-il que BLA semble de plus en plus se positionner en potentiel challenger qui tisse sa toile et met en place une redoutable machine dotée d’un budget de guerre pour faire face. Le parachutage de ses principaux lieutenants issus eux aussi de BGFI, participe de cette volonté de faire main basse sur le pouvoir exécutif. 2023 s’approchant et la solution Ali Bongo ne paraissant plus du tout envisageable.

Cependant, au regard de l’étrange silence qu’observe l’opposition et le calme apparent d’une bonne frange d’hiérarques du PDG qui semble de plus en plus se faire aspirer ou plutôt se muer dans l’AJEV et le RV, peut-être bien que la tâche ne sera pas aussi facile que ça pour l’omniprésent DC. 2023 pourrait bien intervenir avant échéance. Si on s’en tient à toute cette agitation faite de tournées à l’intérieur du pays qui pourrait bien cacher un agenda caché.


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