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Confidences

Brice Laccruche avoue les errements, la gabegie régnant au premier septennat d’Ali Bongo


Politique
  • Brice Laccruche, le directeur de cabinet présidentiel d’Ali Bongo © 2018 D.R./Info241
Publié le 18 juin 2018 à 13h46min

Le nouveau directeur de cabinet d’Ali Bongo - depuis le 25 août 2017 - n’est pas particulièrement tendre avec son patron et son premier septennat à la tête du Gabon. Dans une interview accordée à l’hebdomadaire Jeune Afrique, Brice Laccruche dézingue sans gang le bilan de ses prédécesseurs autour d’Ali Bongo. Il reconnait la gabegie et la corruption qui gangrènent le pays depuis plus de 40 ans. Mais aussi les nombreuses erreurs de casting et autres errements de la politique d’Ali Bongo. Des révélations qui confirment tout le bien que l’on pouvait penser du régime Bongo, aux commandes de l’émirat pétrolier de père en fils depuis 1967.

Brice Laccruche Alihanga n’a décidément pas la langue dans sa poche concernant les anciens collaborateurs choisis pourtant comme lui, par Ali Bongo, pour mettre en musique sa « vision » politique entre 2009 et 2016 née du décès de son père à la tête du parti au pouvoir et du pays. Laccruche souligne entre autres les nombreux errements et manquements à l’origine des échecs de la politique rondement menée contre vent et marrée par Ali Bongo depuis 2009.

Un premier septennat aux résultats mitigés

« Il serait présomptueux d’affirmer que le premier mandat a été un succès sur toute la ligne. Il y a eu des avancées importantes, facilitées par la hausse des prix du pétrole. Mais il y a eu aussi des erreurs dans le choix des hommes et le contrôle de leur travail. C’est un peu l’histoire de la cigale et de la fourmi. Quand le prix du baril était très élevé, certains se sont crus tout permis. Il y a eu de nombreux errements » a reconnu l’actuel directeur de cabinet de la présidence gabonaise.

Avant d’ajouter qu’Ali Bongo n’avait que récemment pris conscience de ces errements qu’après donc 8 ans de pouvoir. « Les ayant constatés, le président a engagé un certain nombre de changements qui vont dans le sens d’une plus grande rigueur dans la gestion des deniers publics ». Pour le nouvel homme fort du palais du Bord de mer, le problème n’est pas la vision d’Ali Bongo mais les hommes auxquels il confierait des responsabilités.

Une « vision » sans homme pour la porter

« Le problème, encore une fois, n’est pas la stratégie – qui est bonne et qui, j’en suis convaincu, va faire du Gabon l’une des locomotives de l’Afrique francophone à l’horizon 2023- 2030 –, c’est surtout le choix des hommes chargés de la mettre en œuvre », a juré Brice Laccruche avant d’indiquer que le temps de l’impunité jusque-là institutionnalisée par le régime Bongo était révolu. Une lutte contre l’impunité qui semble devenir une panacée à la bonne santé des finances publiques notamment à travers l’opération Mamba, pilotée depuis la présidence de la République.

« Vous avez entendu parler de l’opération Mamba, qui concerne notamment l’un des gros dossiers du premier mandat : l’affaire Santullo. Ces affaires-là ressemblent à une pelote de laine : plus on tire de fil, plus il en vient. Mais toute la lumière sera faite. Ensuite, il sera temps de réfléchir au moyen d’en finir avec la gabegie et la corruption » a promis le directeur de cabinet d’Ali Bongo.

Gabegie et corruption règnent dans le pays depuis 40 ans

Conscient tout de même que la fin de la gabegie et de la corruption institutionnalisées dans le pays depuis des décennies ne pourrait se faire en un jour, Brice Laccruche prévient : « Cela ne se fera pas en six mois, parce que c’est un problème qui dure depuis quarante ans. Mais je suis persuadé qu’avec le temps, avec l’exemple de coupables équitablement sanctionnés, les comportements vont changer. Ils ont d’ailleurs déjà commencé de le faire avec l’arrivée de managers venus de la diaspora ou qui n’étaient pas aux affaires pendant le premier mandat ».

« De son côté, le chef de l’État n’a pas hésité à remanier en profondeur son gouvernement, ainsi que la haute administration. Il veut une rupture rationnelle, avec un style beaucoup plus directif que par le passé. Je dois vous l’avouer, je n’ai aucun problème avec ça. Cela me plaît, même. À sa manière, le Gabon vient lui aussi d’entrer dans le nouveau monde » a-t-il renchérit.

Un sursaut promis encore pour plus tard

Promettant ainsi le changement des mœurs et des pratiques des hommes incarnant l’administration Bongo aux commandes du pays depuis 1967, Laccruche s’est voulu tout de même optimiste : « Le président a entrepris d’en finir avec tout cela. Il veut une relation directe avec la population, sans roitelet ni intermédiaire. Vous avez sûrement remarqué depuis six mois l’accélération du renouvellement de notre administration. Il n’est pas sain que telle ou telle personnalité puisse rester en poste pendant quinze ou vingt ans ».

Pourtant c’est jusqu’à ce jour, le parti démocratique gabonais (PDG) et ses cadres dont Brice Laccruche semble se dédouaner, qui font la pluie et surtout le mauvais de temps de l’économie nationale et de son avenir au grand dam des populations. Avec des résultats d’une politique dite « émergence » qui continue de mal porter son nom.


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